«Le constructeur sera connu dans trois mois»

Une usine de montage automobile en Algérie

Après la décision du gouvernement algérien d'annuler définitivement le projet d'une usine de montage de véhicules de tourisme (Fatia), prévu à Bouchegouf, dans la wilaya de Tiaret, en partenariat avec le constructeur italien Fiat et suite à la décision du constructeur français Renault d'implanter une usine de montage au Maroc, préférant ce pays au nôtre malgré les conditions avantageuses proposées par Alger, le projet de lancement d'une usine de montage n'est pas pour autant abandonné par le gouvernement algérien.

S'exprimant en marge d'une séance plénière du Conseil de la nation consacrée aux questions orales, le ministre de l'Industrie et de la Promotion des investissements, Abdelhamid Temmar, a révélé que son département poursuivait toujours ses négociations avec de grandes entreprises européennes et asiatiques en vue de la création d'une entreprise spécialisée dans la construction automobile en Algérie.

Et d'enchaîner que le partenaire étranger et le taux de participation de la partie algérienne seront connus dans les deux à trois mois à venir. Selon lui, les négociations en cours portent sur les postes d'emploi qui seront créés grâce à ce projet et le lieu de son implantation.

Le ministre n'a pas écarté l'éventualité d'une participation étrangère individuelle en matière de montage automobile en Algérie. Selon la formule adoptée dans le cas où ce projet venait à se concrétiser, 40% des composants du véhicule seraient, à moyen terme, de fabrication nationale, dira-t-il, tout en affirmant que l'Algérie possède un tissu industriel important en matière de sous-traitance industrielle relative à la construction automobile.

Répondant à une question d'un sénateur sur les perspectives de développement de l'industrie automobile en Algérie, le représentant du gouvernement a souligné que son département avait entrepris des contacts avec deux sociétés internationales pour le développement de la fabrication des accessoires automobiles en Algérie en partenariat avec des sociétés algériennes de soustraitance, ou la fabrication de pièces détachées en collaboration avec de grandes entreprises internationales.

Ces produits seront destinés au marché algérien de l'automobile ou à l'exportation, a précisé la même voix, non sans rappeler que le retard enregistré par l'Algérie dans le domaine de l'industrie automobile, par rapport aux autres pays en développement, est dû à « la situation difficile qu'a connue l'économie nationale dans les années 1990 ».

Notons dans ce sillage que le chef de la mission économique près de l'ambassade de France à Alger, Marc Bouteiller a estimé - pour justifier la décision de Renault de choisir le Maroc pour l'installation de son usine de fabrication automobile au détriment de l'Algérie - que les conditions ne sont pas encore réunies en Algérie pour la mise en place d'un tel projet, car l'Algérie manque de soustraitants dans le domaine de la pièce de rechange et le secteur du tourisme y est nettement moins développé.

Evoquant les atouts de l'Algérie en la matière, le ministre a cité la présence d'un tissu industriel composé de centaines de sociétés de sous-traitance industrielle qui traitent essentiellement avec des sociétés nationales spécialisées dans la construction de véhicules industriels. Et ce n'est pas tout,Temmar a évoqué, également, une base industrielle nécessaire à la création d'une industrie automobile.

Il s'agit, notamment, a-t-il dit, de la sidérurgie, le plastique, l'industrie du verre ainsi que divers produits pétroliers. Le ministre a souligné, dans ce contexte, que le marché algérien des véhicules est prometteur, eu égard au volume du parc automobile national qui enregistre une augmentation d'année en année. Preuve en est : le nombre de véhicules a dépassé, fin 2007, 2 000 000 de véhicules de tourisme, 57 000 véhicules utilitaires et 54 000 camions.

Quant à la valeur des importations de l'Algérie en véhicules, celle-ci a atteint 3 milliards de dollars l'année dernière, dont 90% ont été importés par des concessionnaires étrangers. Pour toutes ces raisons, l'Algérie est considérée, affirme le ministre de l'Industrie et de la Promotion des Investissements, comme le deuxième plus grand marché au monde au niveau continental après l'Afrique du Sud.

Amokrane Hamiche

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    • hamer dit:

      C'est la seule façon de bloquer la montée des Salafistes Wahabistes qui se sont accaparé des mosquées en A...

    • hamer dit:

      L'Algérie s'en sortira haut la tête, cette crise ne la concerna pas uniquement , même la France la subit et de...

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