Vers un visa européen sous condition de retour assuré : Schengen, nouveau tour de vis

Des changements majeurs dans l’octroi des visas Schengen sont à prévoir. De nouvelles mesures pourraient être prises prochainement par la Commission européenne en vue de lutter contre les séjours illégaux et attirer plus de touristes hors  l’espace Schengen.

Compte tenu de sa proximité avec les pays de la zone Schengen, l’Algérie fait partie de ceux qui seront directement concernés par la future politique d’octroi de visa.

La Commission européenne a émis, hier, une proposition pour réformer la politique commune de visas de l’Union pour assortir l’octroi de visas de conditions d’amélioration de la coopération en matière de retour et de réadmission de migrants irréguliers.

L’Exécutif européen a proposé, ainsi, d’établir un nouveau mécanisme destiné à « déclencher l’application de conditions plus strictes pour le traitement des visas lorsqu’un pays partenaire ne coopère pas suffisamment aux fins de la réadmission des migrants en situation irrégulière, y compris des voyageurs qui sont entrés légalement sur le territoire en ayant obtenu un visa mais qui ont dépassé la durée de validité de celui-ci ». La proposition de la Commission prévoit une « évaluation régulière » de la coopération des pays tiers en matière de retour.

Une disposition qui concernera directement l’Algérie, qui n’a pas la même vision sur la question avec les pays de l’espace Schengen. À titre d’exemple, l’Algérie a rejeté à plusieurs reprises les demandes des autorités suisses d’embarquer de force des Algériens en situation irrégulière sur le territoire suisse dans les avions d’Air Algérie.

La position des autorités algériennes est motivée par le refus des autorités suisses de coopérer avec les autorités algériennes en matière de lutte contre le terrorisme durant les années 1990 et 2000. Toutes les décisions d’expulsion d’Algériens du territoire suisse ne sont pas appliquées. Le cas d’Algériens vivant en Allemagne dont des décisions d’expulsion ont été prononcées par la justice est aussi un autre fardeau qui pèse sur l’Algérie. Les deux pays, l’Algérie et l’Allemagne, ne sont toujours pas parvenus à un accord qui permettra de faire revenir ces Algériens vers leur pays d’origine.

En outre, les autorités espagnoles affichent leur mécontentement quant aux mesures prises par l’Algérie pour lutter contre l’immigration clandestine.

Pour les Espagnols, l’Algérie n’a pas pris suffisamment de mesures pour freiner les départs de harraga vers ses côtes. Elle ne facilite pas non plus, aux yeux des Espagnols, les opérations de renvoi d’Algériens en situation irrégulière sur le sol espagnol.

Il y a lieu de noter également sur le sujet, que les Algériens représentent la portion la plus importante des personnes placées dans les centres de rétention administrative en France en 2016. Ce qui signifie qu’ils sont les premiers concernés par les expulsions.

Ainsi, l’Algérie est exposée à des restrictions qui peuvent toucher le délai de traitement des demandes de visas, la validité de ces derniers, le montant des droits de visa et autres. Ces mesures, précise la même source, ne toucheront pas le corps diplomatique.

Par ailleurs, la Commission a présenté également des pistes pour moderniser et alléger les règles communes de l’UE en matière de visas et simplifier les procédures de délivrance afin de booster le secteur du tourisme et des voyages dans l’UE, représentant environ 10 % du PIB de l’UE.

Les propositions de la Commission portent, essentiellement, sur le raccourcissement du délai imparti pour l’adoption d’une décision sur la demande de visa, passant de 15 à 10 jours. Conformément aux nouvelles règles présentées par la Commission, les voyageurs auront la possibilité de déposer leur demande jusqu’à 6 mois avant le déplacement qu’ils ont programmé, au lieu de 3 mois actuellement, et de remplir et signer leur demande par voie électronique. Les propositions de la Commission prévoient également l’octroi de visas à entrées multiples assortis d’une plus longue durée de validité, mais aussi des visas à entrée unique directement aux frontières terrestres et maritimes extérieures.

« Ces visas valables pour un séjour d’une durée maximale de 7 jours, uniquement dans l’Etat membre de délivrance, visent à faciliter les voyages touristiques de courte durée », a-t-elle expliqué. L’Exécutif européen prévoit, en outre, d’appliquer une hausse des droits de visa de 60 à 80 euros. Ces droits n’ont pas été majorés depuis 2006.

La Commission compte, par ailleurs, lancer avant la fin de l’année 2018, une étude de faisabilité et entamera un débat avec le Parlement européen et les Etats membres sur la manière dont la procédure de demande de visa pourrait être entièrement numérisée. 

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    • habibazemoura dit:

      Merci pour m avoir laisser acceder a vos quotidiens mon journal prefere c est el acil...

    • reinformatrice dit:

      Bonjour Mes Amis Journalistes L’ASTRONOME ET MÉTÉOROLOGUE A FAIT PUBLIER EN DATE DU 19 FÉVRIER 2018 , DES NOU...

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