Régulation des importations: Le cafouillage persiste

Un manque de communication est enregistré dans l’attribution des licences d’importation. Le ministère du Commerce vient d’annoncer  l’élargissement de la liste des produits soumis aux licences d’importation.

À la surprise générale, l’information ne fait nullement mention des autres produits faisant partie de la liste des 20 biens que les contingents quantitatifs devaient délivrer en avril dernier, notamment le citron, l’ail, le concentré de tomate, pour éviter une perturbation de l’approvisionnement pendant le mois de Ramadhan, ainsi que les matériaux de construction : ciment et rond à béton. Les produits concernés aujourd’hui sont les articles électroménagers, les téléphones portables et les cosmétiques.

Ce sont beaucoup plus des effets d’annonce, soutient un spécialiste du commerce. “Le ministère du Commerce a ouvert les contingents pour ces 20 produits. Les importateurs intéressés ont déposé leurs dossiers. Pour la céramique faisant partie de cette liste de 20 produits, les importateurs ont déposé depuis un mois leurs dossiers. Ils attendent depuis tout ce temps leurs quotas d’importation.”

Le gouvernement Sellal était en train de gagner du temps pour réduire la facture d’importation. Le gouvernement Tebboune suit-il la même démarche ? Affirmativement, laisse entendre le spécialiste.

Donc, on n’a pas encore délivré les licences pour 19 produits. La seule à avoir été attribuée  est celle des viandes fraîches après les contingents de la banane ouverts auparavant. L’annonce de l’ouverture de contigents pour trois autres produits est un autre effet d’annonce, suppose l’expert.

Conséquence relevée par un importateur, les conditions du marché ne sont plus les mêmes. Il nous cite le cas de la pomme. Ce fruit fait

partie de la liste des 20 produits soumis à licence d’importation. Le retard dans l’attribution de la licence fait que son importation n’est plus opportune aujourd’hui. D’abord, la pomme n’est pas disponible, voire rarement disponible en Europe. Il faut l’importer d’Amérique latine. Cette rareté fait que le produit est actuellement cher sur les marchés internationaux. Celui qui s’y aventure ne peut que la commercialiser à des prix prohibitifs en Algérie. La profusion des fruits en juin et les autres mois de l’été n’arrange pas les choses.

On peut s’interroger sur la pertinence du dernier  choix lorsque l’on sait que la production de produits électroménagers couvre la demande en qualité et en quantité. Il fallait surtaxer simplement les articles électroménagers importés pour protéger la production nationale. Ce qui est moins le cas pour les cosmétiques. L’établissement des licences d’importation pour ce produit, si la mesure est bien appliquée, pourrait entraîner l’éviction des importateurs qui introduisent des produits contrefaits pouvant porter atteinte à la santé de population.

Faut-il supprimer les licences d’importation ?

L’annonce des nouveaux contingents vient en contradiction avec les déclarations du Premier ministre, Abdelmadjd Tebboune, lorsqu’il assurait les fonctions de ministre du Commerce par intérim. Il avait déclaré que le gouvernement Sellal envisageait d’interdire l’importation de produits dont la production nationale satisfait à 100% les besoins du marché.

Sur ce point, on relève un manque de communication. Pourquoi envisager une telle mesure et mettre du temps pour l’appliquer ? Les engagements internationaux de l’Algérie empêchent-ils une telle solution ? Mais en période de crise, un pays peut, en bien argumentant, passer outre. Un flou entoure donc cette politique de rationalisation du commerce extérieur.

Qu’en est-il des autres produits faisant partie de la liste des 20 articles ? On peut citer le véhicule. L’Algérie n’importe plus de voitures depuis fin 2016. Cette situation est à l’origine de la crise actuelle dans le secteur de l’automobile : licenciement de milliers de travailleurs, fermeture de showrooms, hausse des prix des véhicules, contribuant à rétrécir la demande. On annonce, cependant, la délivrance des licences d’importation pour le véhicule pour juin prochain. Cela veut dire que les véhicules neufs ne pourront être commercialisés qu’à partir de septembre. Entre les commandes, les autorisations, il faut compter au moins trois mois d’attente.

Cette situation pénalise notamment les jeunes investisseurs et les entreprises petites, moyennes ou grandes qui, dans le cadre de leurs projets d’investissement ou d’extension de leurs installations, ont besoin de véhicules utilitaires.

Pis encore, le flou total entoure la promulgation du nouveau cahier des charges concernant le véhicule et le sort des dossiers d’investissement dans le montage de véhicules particuliers. Dix dossiers avaient été déposés fin 2016 sans aucune suite jusqu’à présent. Or, l’attribution de  quotas de véhicules, soit 25 000 prévus pour 2017, est liée, suivant les textes en vigueur, à l’existence d’un projet de montage de véhicules ou de pièces de rechange.

Ces hésitations, ce cafouillage invitent à se demander s’il ne faut pas carrément supprimer les licences d’importation.

Dans les autres pays développés, on utilise les normes pour réduire certaines importations. En Algérie, une telle mesure empêchera l’introduction en Algérie de produits contrefaits ou non conformes, dangereux pour la sécurité ou la santé de la population, qui représentent une partie non négligeable de nos importations.

K. Remouche

Commentaires [0]

Aucun commentaire pour le moment

Identifiez-vous pour laisser un commentaire

Vous aimerez aussi

Presse-dz est le portail de la presse algérienne et de l'information en Algérie, avec une sélection des meilleures articles de la presse algérienne ainsi que les meilleures caricatures...

Caricatures

  • Commentaires

    • algerien75 dit:

      Bonjour, Fervent fan de l'Emission heddaf TV, je trouve scandaleux les interventions d'Ali Bencheikh à qui j'avais ...

    • ami dit:

      J'ai de l'estime pour le journal Liberté (pour son histoire surtout). Cependant, cet article n'est pas du journalisme....

    Back to Top