Les élections locales en ont balisé le terrain

Place à la présidentielle !

L'Algérie a passé avec succès les premières élections à l'ère des réformes politiques initiées par le chef de l'Etat. Les législatives du 10 mai et les locales du 29 novembre se sont déroulées dans un climat globalement serein, en dépit des remous ressentis ça et là, faisant en somme une réussite pour le pays dans une conjoncture régionale et internationale cruciales.

Ceci dit, si ces deux rendez-vous se sont bien déroulés, place maintenant à la prochaine présidentielle de 2014 ouverte à tous les pronostics. D'abord par le suspens autour de la présentation de Abdelaziz Bouteflika ou non pour un quatrième mandat et puis l'identité des prochains candidats à la magistrature suprême qui reste pour le moins indécise.

Si Ahmed Ouyahia et Abdelaziz Belkhadem ont montré des signes avant-coureurs palpables, d'autres prétendants se bousculent en effet au portillon. Les islamistes ne sont pas en reste de cette ambition et le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Bouguerra Soltani et celui du Front de la justice et du développement, Abdallah Djaballah en sont les plus indiqués pour représenter cette mouvance.

Néanmoins, le premier indiqué, évincé de la scène politique après sa décision de se départir de l'Alliance présidentielle qu'il avait contractée avec le FLN et le RND, et laminé après ses piètres résultats même au sein de l'Alliance de l'Algérie verte (AAV), a de faibles chances de chapeauter la mouvance islamiste dans la prochaine présidentielle.

Abdallah Djaballah, en revanche, semble être le mieux indiqué pour ce faire, en ce sens qu'il incarne, un tant soit peu, les ambitions de cette mouvance en Algérie restée en marge des développements induits par les révolutions arabes.

En se démarquant de prendre part aux dernières élections locales, Abdallah Djaballah a démontré que la mouvance islamiste en Algérie ne s'identifie plus parmi les formations politiques ayant participé à l'échéance. Autrement dit, Djaballah fédérerait beaucoup plus cette mouvance alors que Soltani aurait montré ses limites sur la scène.

Par ailleurs, d'autres prétendants à la présidentielle de 2014 pourraient se manifester à la lumière des résultats des élections législatives et locales. C'est le cas de l'actuel ministre des Travaux publics, Amar Ghoul, qui avait cartonné à la tête de l'AAV dans la capitale lors des législatives du 10 mai dernier mais aussi d'un certain Amara Benyounès, secrétaire général du Mouvement populaire algérien (MPA) lors des récentes locales, qui fait preuve d'une ascension extraordinaire sur la scène politique.

Ces potentiels candidats à la prochaine présidentielle vont certainement défrayer la chronique en cette nouvelle année 2013 qui s'annonce décisive à ce sujet, si le président Bouteflika ne venait pas à briguer bien entendu un quatrième mandat, à la lumière des amendements qu'on s'apprête à insuffler à la loi fondamentale du pays. Sauf surprise, Bouteflika ne postulerait pas à la présidentielle de 2014 tel qu'il avait laissé entendre lors de son fameux discours de Sétif, mais le suspense demeure entier.

A présent, l'Algérie s'apprête à organiser un autre rendez-vous d'une extrême importance après avoir passé avec succès les tests des législatives et des locales. Le mystère reste cependant entier, sachant que l'Algérie évolue dans un contexte régional des plus délicats, d'où le dilemme d'opter pour la continuité d'une politique jusque-là réussie, ou s'engager dans une autre dimension pour le moins indécise.        

M. Ait Chabane

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    • hamer dit:

      Il faudrait commencer par faire la part des choses avant de remuer le couteau dans la plaie, qui est la victime et qui est le bourreau? Le ...

    • hamer dit:

      Arrêtez de polémiquer, il n'y a pas de quoi en faire tout un drame, la conjoncture actuelle est bien difficile, mais pas ...

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