M. Hamimid réactive le fichier national du logement

L’Etat veut introduire plus d’équité dans la distribution

Le ministre de l’Habitat a reconnu que le programme de réalisation des logements avance bien et l’année en cours devra connaître la réception des programmes en chantiers - 500.000 unités – en plus des 200.000 qui seront lancés cette année. Selon lui, ce " programme n’a connu aucun problème de financement " et ce suite aux instructions du chef de l’Etat qui a appelé "à accélérer les crédits de paiements", a souligné M. Hamimid. Cette moisson est d’autant plus "encourageante que l’acte de bâtir observe depuis peu les instructions présidentielles pour le développement d’un habitat intégré" et selon des normes strictes suivies par les services techniques.

L’année 2006 a connu "le lancement de grands projets dans le domaine   du logement et des équipements publics" ,  a fait savoir le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme M. Nadir Hamimid lors d’une rencontre d’évaluation tenue hier en son siège. Selon M. Hamimid, ce  progrès est dû  à la  "mobilisation de toutes les instances et des moyens de réalisations".
Le ministre s’est montré satisfait quant à  la réalisation de l’important programme du président de la République à savoir, le un million 34  mille logements et les  19.4031 qui lui ont été ajoutés dans le cadre de la tranche complémentaire. Ce programme se décompose en 61% urbain et 39 % rural avec une part de 22,9 % pour le social locatif, 23 %  pour le participatif  et 38,4 % pour le rural. Le reste est destiné au parc de logements d’astreinte.
Ce programme aura mobilisé 100 milliards  DA en 2005,  soit le double par rapport à  2002 avec 50,7 milliards, dira le ministre qui souligne l’effort " exceptionnel de l’Etat" en matière de logements mais aussi en infrastructures de santé d’enseignement…
Cette année, l’effort sera encore plus visible  puisque  l’enveloppe  financière a augmenté de 3 %  pour être portée à 131 milliards DA.
Mais au-delà des chiffres, c’est la distribution équitable qui pose problème comme en témoignent les tensions suscitées à chaque opération de relogement. A cet effet, M. Hamimid a réitéré l’engagement de l’Etat d’introduire équité et transparence dans la distribution du logement social. Il déclarera avec fermeté qu’ "aucun dépassement ne sera toléré" puisqu’un fichier national du logement institué depuis quatre ans est mis à contribution. Ce dernier "rejette quotidiennement des dizaines de demandes ne remplissant pas les critères  ou ayant déjà bénéficié de  logement social, d’aide de l’Etat, de terrain". Un travail qui est déjà accompli au niveau des commissions de daïras qui constituent "le premier filtre",  précise le ministre.  Mais ce dispositif exclut les bénéficiaires de logement EPLF (qui est de nature commercial).
Le ministère de l’Habitat qui a été instruit dernièrement par le président de la République pour  accélérer la distribution des 20.000 logements en instance, soulève cependant un problème "d’assainissement des listes au niveau des commissions de daïra".
Pour le ministre, il y a "un phénomène de concentration des bidonvilles autour des logements en instance de distribution". La solution consiste en un programme de recensement qui dressera une cartographie de cette population. "Il  devra démarrer incessamment avec un descriptif sur l’origine sociale des ménages. Il permet de mettre un frein à la convoitise sur le logement social.

Un programme quadriennal pour la mise à niveau du vieux bâti des vieilles cités
Cette situation est, d’ailleurs, derrière l’opacité des chiffres sur le nombre réel de demandes de logements, reconnaît le ministre qui fonde l’espoir que le "prochain Recensement général de la population et de l’habitat qui sera lancé en 2008 apportera beaucoup d’indicateurs".
Par ailleurs, un programme sur quatre années sera mis en œuvre par le ministère de l’Habitat concernant le rattrapage des vieilles cités en matière de commodités (aires de jeux, espaces verts...) ainsi qu’une opération de confortement du vieux bâti, cités OPGI, Ksour. Concernant les questions d’urbanisme, les Plans d’aménagement et d’urbanisme directeur (PDAU) ainsi que les Plans d’occupation des sols, sont dépassés. Ils ne "sont valides que sur une période de 15 à 20 ans et seront donc réexaminés",  selon un cadre du ministère . Ce sont ces outils qui déterminent la constructibilité d’un espace donné  et donc la délivrance d’un permis de construire. Et à propos justement de ces aspects réglementaires, le ministre a tenu à défendre fermement l’opération "démolition des constructions illicites."
Depuis la loi d’août 2004, les agents du ministère sont "habilités à agir directement" et sans attendre la procédure judiciaire. Elle vise les constructions édifiées sans titre. Et même ceux qui n’ont pas respecté les prescriptions du permis de construire devront "se mettre en conformité". Le ministre a énuméré les instruments nécessaires pour remplir cette condition de légalité à savoir, un permis de lotir, un certificat d’urbanisme (délivré par l’APC) et un permis de construire suite à un plan délivré par un architecte ou un bureau  d’études agréé.
Pour ce qui est des travaux, il  faut signaler que le pays accuse "un déficit en moyens de réalisation et en main-d’œuvre qualifiée", a reconnu le ministre qui cite l’appel aux entreprises étrangères de Chine, de Turquie, de Tunisie, du Liban et d’Egypte pour combler ce manque. Cela a permis d’introduire de la concurrence car le coût de réalisation se trouve grevé dans certaines grandes régions comme Alger au titre du  "renchérissement de l’assiette foncière". Ce qui a obligé l’Etat à relever le seuil du coût du logement éligible à l’aide publique de 2 à 2,5 millions DA.
Pour accélérer la réalisation des programmes, le ministre de l’Habitat veut  sévir contre les retards et défaillances, le département de M. Hmimid s’inspire de la démarche de M. Ghoul pour les travaux publics et ce en décidant de "pénaliser les entreprises qui ne jouent pas le jeu" en les "inscrivant sur la liste rouge" ou carrément en décidant le retrait de l’agrément "à titre momentané et à titre définitif".
Une nouvelle mesure décidée récemment,  selon M. Hamimid, la faculté de recourir  "aux appels d’offres groupés" pour un paquet de projets, ce qui peut attirer les entreprises étrangères dans le cadre d’un plan de charges pluriannuel.
Par ailleurs, et concernant l’opération cession de biens de l’Etat, la ministre a estimé qu’il est "encore prématuré de tirer un bilan quelques mois après son lancement. Mais, il semble bien qu’elle suscite peu d’engouement malgré "une baisse de 40 % du prix du m2" décidée par le gouvernement.

Kaddour D.

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