Révision de la constitution

Le verrou tamazight

L’inscription de la langue tamazight en tant que langue officielle reviendra au-devant de la scène dans les prochaines semaines, dès qu’on commencera à débattre de l’avant-projet de Constitution.

Le cap sur la Constitution, dont M.Belkhadem a fait son cheval de bataille, est maintenant clairement tracé. Dans ses grandes lignes, on sait que le nouveau texte fondamental va mettre sur le tapis l'histoire du troisième mandat, ce qui n'est pas une nouveauté, puisque tout le monde le savait déjà. On y ajoute quelques spécificités maison ; un septennat présidentiel, un régime présidentiel taillé sur mesure, et peut-être aussi un poste de vice-président dont on ne sait pas sous quelle forme il sera concocté: selon trois cas de figure, soit le vice-président pourra être élu dans le même ticket présidentiel. Soit il sera nommé par le président. Soit il fera partie d'un lot de deux, voire trois vice-présidents.
Il y a néanmoins un point qui n'a pas été évoqué dans les différentes confidences distillées par M.Belkhadem. Il s'agit de l'inscription de la langue tamazight en tant que langue officielle. Car qu'on le veuille ou non, cette question reviendra au-devant de la scène dans les prochaines semaines, dès qu'on commencera à débattre de l'avant-projet de Constitution.
Car qu'est-ce qu'une loi fondamentale d'un pays, qui dénie l'identité culturelle d'une partie du peuple ? Tout le monde a obtenu satisfaction dans ce pays: l'islam est religion d'Etat. La langue arabe est langue nationale et officielle. Mais tamazight continue de poser problème et d'être considérée comme la cinquième roue du carrosse. Et pourtant dans les attendus se rapportant aux constantes nationales, on n'oublie jamais de citer le triptyque: islam, arabité et tamazight. Si ce dernier élément est omis dans la Constitution, on voit bien que ce pays marche sur des béquilles.
Du reste, une bonne partie de la classe politique ne manquera pas de monter au créneau pour signaler la défaillance: du FFS au RCD, en passant par le PT, le MDS ou l'UDR, tous seront d'accord pour non seulement appeler au boycott du référendum sur la révision constitutionnelle, mais aussi pour exiger son inscription dans l'avant-projet de texte. En attendant, les archs font le dos rond. Après la grande tempête des manifestations monstres du début des années 2000, qui ont suivi le Printemps noir, un dialogue a commencé entre le chef du gouvernement et les délégués des archs. Aujourd'hui, après le départ d'Ahmed Ouyahia, on a tout lieu de croire que Belkhadem va hériter du dossier. Il n' en fait pas l'une de ses priorités. Et pourtant si ! A côté de l'augmentation des salaires et de la relance de la machine économique, nul ne pourra passer sous silence la nécessité d'inscrire tamazight parmi les points à figurer dans la nouvelle Constitution, dont tout le monde sait que c'est une revendication millénaire de notre peuple.
C'est une question qu'on peut enterrer pour un temps, mais qui ne manque jamais l'occasion de resurgir. Comme le Phénix, elle a le chic pour renaître de ses cendres. Il est préférable dans ses conditions, de prendre le dossier à bras-le-corps, et de le régler une bonne fois pour toutes.
Un grand pas en avant a été fait, en consacrant tamazight comme langue nationale. Ce n'était néanmoins qu'une demi-mesure, tant les attentes de la population berbérophone du pays sont énormes! Disons-le nettement.
Des clans qui ont leur entrée dans les allées du pouvoir reprochent la politisation de tamazight, c'est-à-dire son utilisation à des fins électoralistes. Comment aurait-il pu en être autrement, vu la sensibilité d'une telle question, qui concerne l'identité même de l'Algérien.
C'est le contraire qui nous aurait étonné. Maintenant, si ces mêmes milieux souhaitent arracher cette question à la politisation, ils n'ont qu'à régler la question une bonne fois pour toutes. Ils verront alors, que loin d' appauvrir la culture et l'identité algériennes, tamazight officialisée sera un enrichissement extraordinaire pour toute l'Algérie. Au même titre que l'Algérien revendique fort son appartenance à l'ère civilisationnelle arabe, il défend également ardemment son amazighité. Les deux volets sont complémentaires, puisqu'ils font partie des constantes nationales, aux côtés de l'islam. Pour une fois, on pourra dire CQFD. A l'époque où l'on parle beaucoup de réconciliation et d'apaisement, tamazight ne peut être occultée.

Ahmed Ben Alam

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