Documentaire sur les essais nucléaires à Reggane

La «pollution» radioactive ne sera plus nocive d’ici…240 milles ans !

«Reggane mon amour», c’est le thème d’un cycle cinématographique que l’Agence Algérienne pour le Rayonnement Culturel a proposé, du 23 au 25 février à l’Office Riad el Feth( OREF) de faire découvrir au public. Trois documentaires ont été à l’affiche : «Vent de sable» de Larbi Benchiha, «Gerboise bleue» de Djamal Ouahab et «Combien je vous aime» de Azzedine Meddour.

Le film «Vent de sable» a ouvert le cycle cinématographique «Reggane mon amour», en présence de cinéastes, de la ministre de la culture Khalida Toumi et du secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargé de la communication Azzedine Mihoubi.

La première séquence du documentaire, tournée à Reggane, donne un aperçu des dégâts des essais nucléaires qui se sont poursuivis jusqu’en 1966. Le réalisateur, accompagné d’un expert, zoom avec un petit appareil, détecteur des effets radioactifs. L’appareil, à peine posé sur les sols, émet un son strident. «Du plutonium !», s’exclame l’expert. «Il faut 240 mille ans pour que les radiations ne soient plus nocives», affirme-t-il.

La caméra de Larbi Benchiha parcourt le désert où, il y a presque cinquante ans, la poussière radioactive habitait les lieux et emplissait les poumons d’Algériens et même de Français. Elle survole les «trous» où sont décimés jusqu’à présent les équipements lourds et matériaux contaminés et que les vents de sables peuvent mettre à découvert.

La caméra pénètre aussi les laboratoires secrets «confortablement» installés dans les sous-sols de Reggane. Des Tunnels «fantômes» qui abritaient jadis des appareils et équipements les plus perfectionnés. De tout cela, il ne reste plus rien ! La France a tout emporté avec elle, sauf les déchets nucléaires.

«Elle a emporté aussi les plans des terrains. Il y a ici des constructions en béton et on ne sait pas ce qu’il y a à l’intérieur. On aimerait avoir les plans pour savoir où sont cachés les déchets nucléaires et pourvoir agir en conséquences», dit-on du côté algérien.

Les oasis situées aux environs de Reggane, souffrent dans leurs flores et leurs faunes des effets nucléaires. Sans parler de la population qui souffre de maladies «inconnues» et des malformations qui prennent de plus en plus d’ampleur.

«20 ans après les essais nucléaires, le personnel hospitalier de la région ont remarqué l’émergence de malformations des nouveaux-nés ! Phénomène qui n’existait pas avant cette période là. Il y a aussi beaucoup de décès suite à des maladies qu’on ne connaît pas», confie l’un des habitants et ancien ouvrier à la base nucléaire de Reggane.

Les militaires français qui ont assisté aux essais se considèrent, pour leur part, comme des «cobayes» que la France aurait exploités. «Les essais nucléaires étaient des explosions «politiques». De Gaule voulait prouver au monde entier que la France était capable de faire quelque chose.

La fin de la guerre d’Algérie approchait, les opérations se sont fait à la hâte, sans prendre des précautions ou de mesures de protection», explique-t-on. «Lors de ces essais, on ignorait tout du danger que l’on courait. Un danger invisible. Avant, j’étais fière de participer à cette grande opération de la France. Aujourd’hui, je suis déçu !», confie l’un des militaires français.

Farida Belkhiri.

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