Dressant un tableau critique sur l'école algérienne: La Ligue des droits de l’Homme pour «un plan stratégique radical»

Avec un budget colossal dépassant les 700 milliards de dinars, un taux de scolarisation dépassant les 90% qui devraient placer le secteur à un rang supérieur en matière de qualité d'enseignement, 400 000 élèves sont pourtant recalés annuellement et dont seuls 250 000 vont en formation professionnelle.

Autant d'éléments auxquels s'ajouteront la violence en milieu scolaire et le phénomène des cours particuliers que soulève la Ligue algérienne des droits de l'Homme à l'occasion de la célébration, hier, de la Journée nationale du savoir.

A ce titre, considérant cette Journée nationale du savoir comme étant «une halte pour constater, évaluer les problèmes et les carences dans lesquelles se débat l’école algérienne», la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme décortique la situation en évoquant les raisons de l’échec du système éducatif, et ce, malgré un taux de scolarisation dépassant les 90%, et une dépense publique de 700 milliards de dinars, ce qu’elle qualifie en dépit de tout d’«un des points positifs de l’enseignement en Algérie».

A ce sujet, la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme dans son constat de «crise aiguë du secteur de l’Education nationale depuis plusieurs années durant lesquelles toutes les tentatives de réformes, incapables d’aboutir à une sortie de tunnel, ont échoué en raison des politiques successives improvisées», s’interrogera, dans un communiqué parvenu à notre rédaction, sur les raisons d’une telle situation, mais aussi «sur l’intérêt des initiatives de réformes qui ont manqué le niveau requis d’une véritable réforme loin des discours sans consistance et vains».

En outre, estimant que «l’échec scolaire est l’un des plus importants dysfonctionnement du secteur», l’instance, qui dit reprendre les chiffres officiels sur la déperdition scolaire, évoquera «les 400 000 élèves recalés, chaque année, du système éducatif dont seulement 250 000 d’entre eux, voire moins, vont en formation professionnelle».

De plus, tout en soulignant les proportions en hausse de cette déperdition qu’elle qualifiera d’«hémorragie» particulièrement dans les zones rurales en raison de l’éloignement des écoles et du taux de pauvreté, la LADDH, outre le problème de surcharge des classes où le nombre d’apprenants atteint et dépasse même les 48 élèves, affirme avoir recensé dans bon nombre de régions à travers le pays des salles de classe, notamment du primaire, inappropriées, en sus de l’absence des réseaux de raccordement à l’eau et à l’électricité, de chauffage, de sanitaires et de médecine scolaire. «Ce sont là autant de situations venant accentuer l’échec du système éducatif du pays», déplore la LADDH qui alerte au passage sur «l’évolution effroyable» du «phénomène des enfants abandonnés qui dépassent les 11 000 cas», selon l’instance.

«Les cours particuliers, ce cancer qui ronge la société algérienne» 

Par ailleurs, la Ligue pointera du doigt également «le phénomène des cours particuliers où les leçons sont largement mieux expliquées qu’en cours formel», et qu’elle qualifiera de «cancer rongeant la société algérienne». Un fléau qui, dira-t-elle, «sévit en raison de la déficience et de la faiblesse des enseignants dans les écoles publiques, faisant que certains encouragent leurs élèves à prendre des cours en dehors de l’enceinte des établissements scolaires».

Ainsi,  «face au coût onéreux des cours particuliers, un grand nombre d’élèves ne pouvant y accéder, finissent par obtenir des résultats insuffisants», constate encore la Ligue. A cet effet, l’instance affirme avoir trouvé dans plusieurs régions du pays «un entassement de plus de 100 élèves dans un garage dénué de toute commodité et conditions d’études, géré par un enseignant exigeant une contrepartie financière à laquelle les familles ne peuvent répondre, obligeant ainsi leurs enfants à arrêter leur scolarité». «Certains élèves le font de leur propre gré pour rejoindre le monde du travail en raison des conditions familiales», ajoute la même source.

Pour toutes ces raisons, la LADDH, interpellant la ministre de l’Education nationale, insiste sur l’impératif de prendre les mesures adéquates garantissant l’équité des chances entre les élèves, à tous les niveaux de la scolarisation. Lesquelles mesures seront prises à travers, estime-t-elle, la promulgation d’une loi interdisant les cours particuliers, au même titre que l’interdiction de la fraude lors des examens et concours professionnels officiels.

Au demeurant, pour la LADDH, «la responsabilité de cet échec incombe en grande partie à la tutelle qui exclut les concernés immédiats tant dans l’élaboration que la mise en application des réformes, imposant ainsi ces dernières au peuple qui au final les rejettera». Aussi, appellera-t-elle la première responsable du secteur à regrouper toutes les volontés nationales en vue de mettre en place un plan stratégique radical pour la réforme de l’enseignement, ainsi que la révision du système éducatif dans son ensemble en portant les correctifs nécessaires sur les objectifs, les moyens, les programmes ainsi que les ressources humaines et les infrastructures de base à hauteur des attentes de l’enfant du XXIe siècle. Lynda Naili.

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    • habibazemoura dit:

      Merci pour m avoir laisser acceder a vos quotidiens mon journal prefere c est el acil...

    • reinformatrice dit:

      Bonjour Mes Amis Journalistes L’ASTRONOME ET MÉTÉOROLOGUE A FAIT PUBLIER EN DATE DU 19 FÉVRIER 2018 , DES NOU...

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