Ghlamallah reconnaît la responsabilité des prêches à l’origine de la décennie noire

«La faute à l’imam»

Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs a confirmé, hier depuis Mascara, le peu de scrupules que certains imams observent dans la conduite des affaires de la mosquée, notamment à l’occasion des prêches du vendredi .

Il a toutefois souligné que celui-ci, souverain dans la conception du discours religieux, n’est soumis à aucune orientation ministérielle quant au choix des thèmes à traiter et à la manière de les développer.

La dernière décennie a été fatale pour l’Algérie. Personne ne peut soutenir le contraire. Les responsabilités sont partagées. Les imams, quant à eux, ont failli à leur mission. Ils ne sont point irréprochables.

La confirmation vient de la bouche même du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Bouabdellah Ghlamallah, qui a imputé une partie de la responsabilité de la situation vécue durant la dernière décennie aux imams. Ces derniers ont, selon lui, laissé un vide vite exploité par des criminels pour porter atteinte à la patrie. Cet état de fait n’est pas sans causer du préjudice : « les secousses qui ébranlent la mosquée ont eu des répercussions sur tout le pays», a-t-il dit.

Et d’ajouter : « Quand notre patrie a été spoliée durant la période coloniale, nous avions perdu avec elle notre religion. C’est pourquoi nous devons réparer les torts par notre attachement aux valeurs de l’islam et de la nation que propagent les mosquées qui oeuvrent aujourd’hui à la réconciliation » Comment ?

« En appelant les imams à uniformiser leurs prêches pour faire face aux fléaux sociaux et aux dangers qui menacent la religion et le pays. Les thèmes des prêches religieux doivent traiter les préoccupations de l’heure et à redynamiser le rôle des mosquées dans la préservation de l’unité nationale », a-t-il suggéré.

Le ministre, qui a effectué une visite de travail à la wilaya de Mascara, s’est ainsi attardé sur le rôle de la mosquée dans l’attachement à l’unité nationale, tout en mettant l’accent sur le rôle de l’imam dans l’enracinement du patriotisme et de l’islam notamment chez les jeunes, qui,à ses dires, doivent être informés de leur histoire et des valeurs de leur religion afin de se mobiliser pour la défense de la patrie et des constantes de la nation en cas de menace sur son unité, sa religion et son économie.

Toute- fois, il n’a pas omis de dire que la mosquée « ne peut à elle seule assumer le rôle de la sensibilisation et de l’orientation dans un pays aussi vaste que l’Algérie, faute d’implication plus large : société civile, établissements scolaires, centres culturels pour ne citer que ceuxlà ».

Cependant un constat : dans l’Algérie des années 60/70 la mosquée non encore politisée ne servait pas, tout comme l’école d’ailleurs, de fabrique de terroristes en mission de remplacer par le fer et le feu l’Etat moderne né de Novembre par l’Etat théocratique. C’était l’époque où les notions de viol, d’inceste et de harraga étaient presque inconnues de l’Algérien.

Comme si, à la manière du principe de la statique, au surplus d’endoctrinement religieux à coups de prêches dans les mosquées et de « tarbia islamia » dans les écoles, répond automatiquement une déperdition scolaire livrant par milliers les moins de 16 ans prêts à servir dans les maquis et la rue, les uns comme combattants de Dieu et les autres en tant que mariginaux ou bandits dangereux.

Il convient de souligner à titre de rappel que Bouabdellah Ghlamallah a estimé, lors de son passage samedi au Forum de l’Entv, que la qualité des prêches « connaît un certain progrès et du renouveau à la faveur du nouveau sang insufflé au secteur par le recrutement des diplômés des universités et des instituts spécialisés», indiquant que le secteur s’est renforcé par 800 nouveaux fonctionnaires en 2007.

Il a précisé, également que son département «ne s’immisce point dans les prêches du vendredi, libre à l’imam en tant que personne cultivée et consciente de ses responsabilités d’orientation religieuse de retenir les thèmes. L’environnement où il évolue», a enfin tenu à clarifier le ministre des Affaires religieuses.

A noter enfin, que dans l’objectif de contrer “les fatwas (avis religieux autorisés) importées” et considérées comme contrevenant aux préceptes islamiques, le ministère des Affaires religieuses a procédé à organiser plusieurs sessions de formation au profit des imams et de “mourchidates” (guides).

Pour le département du Ghlamallah, il n’y a pas l’ombre d’un doute sur l’identité des imams mis en cause : « les fatwas incriminées seraient émises par des “pseudo-imams” n’ayant aucune formation et non agréés, s’exprimant notamment à travers des chaînes satellitaires captées en Algérie », soutient-on du côté du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs.

Amokrane Hamiche

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    • hamer dit:

      C'est la seule façon de bloquer la montée des Salafistes Wahabistes qui se sont accaparé des mosquées en A...

    • hamer dit:

      L'Algérie s'en sortira haut la tête, cette crise ne la concerna pas uniquement , même la France la subit et de...

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