Halilhodzic : «En France, on préfère les entraîneurs dociles. Des moutons !»

Dans une interview accordée au site internet de la revue Jeune Afrique, le sélectionneur national affirme que l’Equipe nationale algérienne n’est plus cet ogre du continent qui faisait peur à ses adversaires.

Avec son franc-parler, Halilhodzic n’hésite pas à donner son avis sur l’affaire des quotas qui a ébranlé le monde du sport en France. «Raouraoua est un rassembleur et un réaliste. Il ne m’a pas demandé de qualifier l’équipe à la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations 2012, car la situation comptable était alors très compliquée.

Il m’a parlé de la CAN 2013 et du Mondial 2014. Trois ans, c’est une durée raisonnable pour travailler. Avant d’accepter, j’ai consulté des amis, regardé quelques matchs de l’Algérie en DVD. Le président Raouraoua est lucide, il sait comme moi qu’il y a une bonne dizaine d’équipes qui sont supérieures à l’Algérie en Afrique, et autant qui sont de son niveau. Il ne faut pas se mentir, l’Algérie ne fait plus partie des meilleures. Cette décision n’a pas été facile à prendre.»

«Je ne supporte pas qu’on me traite de militaire»

A propos de la réputation d’entraîneur dur et très sévère au caractère militaire que certains médias lui ont collé, Vahid Halilhodzic a été on ne peut plus clair : «Je déteste qu’on me traite de militaire. Pourquoi ? Parce que je viens de l’Est de l’Europe ? Mais c’est nul de penser de la sorte. Je n’aime pas beaucoup tout ce qui est militaire. La guerre, je l’ai connue dans mon pays, en Bosnie-Herzégovine, et qu’on me traite de militaire, c’est… une provocation ! Seulement, en France, on préfère les entraîneurs dociles. Des moutons !»

 «Le débat sur les quotas en France, c’est du racisme pur et dur»

Vahid Halilhodzic a renouvelé son intérêt pour les binationaux franco-algériens. Il avoue qu’il possédait une liste de trois à quatre joueurs susceptibles de renforcer la sélection algérienne, mais lorsqu’il a été interrogé à propos des quotas, Vahid répond : «Ah, le débat sur les quotas en France ! Mais ce n’est pas une maladresse, c’est du racisme pur et dur.

La binationalité, aujourd’hui, c’est presque une règle de société. Alors oui, si je peux convaincre certains joueurs qui possèdent la double nationalité franco-algérienne de jouer pour les Fennecs, je ne vais pas me priver. J’ai une liste de trois ou quatre joueurs.»

«Avec moi, le règlement intérieur doit être appliqué»

L’entraîneur des Verts a de nouveau rappelé qu’avec lui, les écarts de discipline ne seront plus tolérés. «Pour la sélection algérienne, il y avait un règlement intérieur, mais il n’était pas appliqué. Moi, je veux qu’il le soit, rien de plus. Pour mon premier rassemblement à Marcoussis [France] avec l’Algérie, en août, Ryad Boudebouz [Sochaux] n’est pas venu faire constater sa blessure.

Et trois jours plus tard, il jouait avec son club. Je ne l’ai donc pas sélectionné en Tanzanie [1-1, le 3 septembre] et contre la Centrafrique. Quand j’entraînais la Côte d’Ivoire, un joueur avait prétexté une panne de réveil pour expliquer son absence. Eh bien, il a dormi six mois, la durée de la période pendant laquelle je ne l’ai pas appelé en sélection.»

Nedjmou S.

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    • hamer dit:

      Il faudrait commencer par faire la part des choses avant de remuer le couteau dans la plaie, qui est la victime et qui est le bourreau? Le ...

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