Bouteflika - ministre espagnol des AE : ce que nous cache M. Lamamra

Ainsi donc, à entendre Ramtane Lamamra, "une audience avec le président de la République n’a jamais été incluse dans le programme de la visite" du ministre espagnol des Affaires étrangères, ce qui démentirait l'information donnée par certains confrères faisant état de l'annulation de ladite audience à la dernière minute. M. Lamamra entend ainsi mettre fin aux rumeurs d'une aggravation de l'état de santé du président algérien.

Ce faisant notre ministre ainsi que l'ambassade d'Espagne à Alger qui a décidé de se joindre à cette partie de poker menteur, prend le risque de proférer une contre-vérité manifeste.

C'est bien la première fois, en effet, que Bouteflika ne recoit pas un ministre des Affaires étrangères d'un pays incontournable en visite à Alger. La fonction de chef de la diplomatie est trop importante pour qu'un ministre des AE d'un pays-clé de la région se déplace pour de simples "échanges entre les deux délégations", comme veut nous le faire croire M. Lamamra. Cela est d'autant plus vrai que M. Alfonso Dastis devait transmettre une invitation du chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika aux rois Felipe et Letizia pour effectuer une visite officielle en Algérie, selon l'agence Europa Press, relayée par la presse espagnole.

Comment le président algérien pouvait-il faire cette invitation sans recevoir le ministe espagnol ? Dans les coutumes diplomatiques, cela est interprété comme un manquement aux bons procédés valables en tous lieux et en tout temps. Pour des missions de moindre importance, les ministres des pays fortement liés à Alger ont été reçus à la présidence.

Parfois même sans mission : durant ces trois dernières années, au pic de sa maladie, le président algérien a reçu systématiquement les ministres des Affaires étrangères de ces pays incontournables qui s'étaient retrouvés à Alger dans un autre cadre que bilatéral, comme le Turc Ahmet Davutoglu ou l'Iranien Mohammad Javad Zarif qui participaient à Alger à la 17 éme conférence ministérielle du mouvement des non-alignés.

L'Espagne, à laquelle nous lie un Traité d'amitié, de coopération et de bon voisinage, depui octobre 2002, fait partie de ce bloc de nations diplomatiquement très importants et dont les ministres et autres officiels se voient automatiquement accorder une audience à la présidence de la République. Ainsi et pour ne citer que les 3 dernières années Abdelaziz Bouteflika a reçu une bonne dizaine d'officiels espagnols parmi lesquels on citera le président du Sénat espagnol M. Pio Garcia-Escudero Marquez. L'Espagne est l'un des rares pays avec lequel est instituée une réunion de Haut Niveau qui se tient régulièrement à Alger ou Madrid.

Jamais ministre des Affaires étrangères espagnol n'est reparti d'Alger sans avoir été reçu par le président de la République.

Les prédécesseurs de M.Alfonso Dastis, José Manuel Garcia-Margallo y Marfil et, avant lui, M. José Manuel Garcia Margallo, ont rencontré le président à chaque fois qu'il sont venus à Alger.

Comme par hasard c'est avec Monsieur Alfonso Dastis que la coutume a été brisée !

M. Lamamra devrait définitivement faire sienne cette reflexion de Charles-Maurice de Talleyrand : "Un diplomate est un homme qui sait se taire en plusieurs langues".

L.M.

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    • fetta dit:

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    • abdoul7460 dit:

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