Automobile : Le montage pour faire face à la limitation des importations

Pour l’année 2016, les concessionnaires automobiles ne pourront importer plus de 152.000 véhicules. Chacun d’entre eux aura le droit d’introduire en Algérie un quota en fonction de ce que représentait en pourcentage la part qu’il avait l’habitude d’importer par rapport aux importations globales annuelles des véhicules.

En effet, la limitation des importations de véhicules a donné un coup d’accélérateur aux efforts des concessionnaires pour l’ouverture d’usine de montage, s’accordent à dire des représentants de concessionnaires automobiles rencontrés au 19eme Salon international de l’automobile d’Alger.

Même si l’obligation de lancement d’activités industrielles ou semi-industrielles à l’horizon 2017 a été consacrée dans la Loi de finances 2014, très peu d’empressement a été constaté dans ce sens chez les concessionnaires automobiles. Mais, dès l’annonce de la mise en place d’une politique de contingents de véhicules à importer à partir de l’année 2016, les choses ont changé, assurent des responsables rencontrés au salon ouvert jeudi au Palais des expositions.

"Le fait d’imposer des quotas a fait craindre aux concessionnaires automobiles de voir leurs entrées se réduire. L’activité industrielle est désormais perçue comme une solution de rechange pour gagner davantage d’argent. Des concessionnaires qui se préparaient sans empressement à l’activité industrielle ont augmenté leur cadence dernièrement", a relevé un responsable d’un constructeur asiatique. "Pour un concessionnaire, passer à une activité industrielle ou semi-industrielle en seulement trois ans est un peu difficile.

Mais il faut voir le côté positif: si les autorités n’avaient pas bousculé les concessionnaires automobiles, ils ne seraient jamais allés vers le montage", affirme le responsable Marketing chez une autre marque asiatique. Le chargé de communication d’un constructeur coréen estime lui aussi que la nouvelle politique adoptée par le gouvernement a eu "un effet important sur la perception que se font les concessionnaires du marché de l’automobile", mais considère que les délais impartis sont quelque peu réduits.

"Nous aurions aimé que les choses se fassent moins vite pour permettre aux professionnels de passer sereinement à l’activité industrielle", a-t-il ajouté. Pour sa part, le directeur chargé des moyens géné- raux auprès du concessionnaire d’une marque chinoise estime que les professionnels ont besoin d’un peu plus de temps pour se préparer, annon- çant, au passage, l’ouverture "dans quelques mois" d’une usine de montage à Relizane.

Des professionnels du secteur rencontrés au salon (17-26 mars) ont été unanimes pour dire que dans les années à venir, "la véritable bataille dans le secteur de l’automobile, se livrera entre les usines de montage". En 2015, la facture des importations algériennes de véhicules s’est chiffrée à 3,14 milliards de dollars en 2015, contre 5,7 milliards de dollars en 2014, soit une baisse de près de 45%. Le nombre de véhicules importés a également connu une importante baisse en s’établissant à 265.523 unités en 2015 contre 417.913 unités en 2014 (-36,5%). à rappeler qu’un cahier des charges régissant les activités liées à l’industrie automobile est en cours de finalisation par le ministère de l’Industrie et des Mines.

LE SALON INTERNATIONAL DE L’AUTOMOBILE S’ÉTALERA JUSQU’AU 26 MARS COURANT

Organisé par la Société algérienne des foires et exportations (Safex) et l’Association des concessionnaires automobiles (AC2A), cet événement s’étalera jusqu’au 26 mars courant. Le 19e Salon international de l’automobile d’Alger s’est ouvert avant-hier, au Palais des expositions (Pins maritimes), avec la participation de 34 exposants dont quinze (15) concessionnaires. Une superficie de 20.000 m2 a été réservée à cette manifestation qui réunit des représentants de marques automobiles, des banques et des compagnies d’assurances, ainsi que la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et la Gendarmerie nationale dont la présence est axée autour de la sécurité routière.

La particularité de cette édition est qu’elle coïncide avec l’instauration des licences d’importation des véhicules dans le but de mettre fin à l’emballement des importations et assainir le marché de l’automobile qui s’était caractérisé par de profonds dysfonctionnements et des pratiques illégales durant les années précédentes.

Le contingent global des importations des véhicules a été fixé à 152.000 unités en 2016, rappelle-ton. A ce propos, plusieurs concessionnaires approch és par l’APS lors de ce salon se sont dits impatients de connaître les quotas attribués à chacun d’eux. "Nous aimerions que les choses se fassent rapidement pour que nous puissions travailler dans de bonnes conditions", souligne le concessionnaire d’une marque asiatique.

Bon nombre d’entre eux considèrent comme positives les facilités assurées par l’Etat pour leur permettre l’ouverture d’usines de montage, particuliè- rement pour la question du foncier. "Nous avons l’impression que des efforts sont déployés pour permettre aux concessionnaires de réaliser des unités de montage dans de bonnes conditions", avance un concessionnaire. à rappeler qu’un cahier des charges régissant les activités liées à l’industrie automobile est en cours de finalisation par le ministère de l’Industrie et des Mines.

Les principales conditions à remplir par les constructeurs portent, entre autres, sur l’obligation de procéder au montage en Algérie et de fabriquer localement un taux de pièces de rechange qui devrait, à terme, atteindre 40% d’intégration des véhicules ainsi assemblés localement, a indiqué récemment ce ministère.

Le constructeur étranger devrait aussi s’engager à prendre des participations dans la société mixte à constituer à hauteur de 49% au maximum, contre une part majoritaire de 51% de ses partenaires algériens qui serait détenue par les associés publics et/ou privés algériens. L’organisation et la réglementation de l’activité de l’industrie automobile serviront non seulement les intérêts des entreprises étrangères partenaires mais aussi l’intérêt de l’Algérie qui ambitionne de relancer l’industrie mécanique, avait tenu à préciser le ministère de l’Industrie.

En 2015, la facture des importations algériennes de véhicules s’est chiffrée à 3,14 milliards de dollars en 2015, contre 5,7 milliards de dollars en 2014, soit une baisse de près de 45%. Le nombre des véhicules importés a également connu une importante baisse en s’établissant à 265.523 unités en 2015 contre 417.913 unités en 2014 (-36,5%).

H. B.

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