28e anniversaire de la création de l’Union maghrébine

Alger-Rabat : le dialogue de sourds

Il est un fait indiscutable : parmi les pierres d’achoppement que rencontre l’Union du Maghreb arabe (UMA), il y a comme un sérieux problème de conception du projet de construction maghrébine, qui se manifeste dans la communication des dirigeants des cinq États-parties.

Pour preuve de cette difficulté, les derniers échanges épistolaires de ce jeudi entre le roi du Maroc, Mohammed VI, et le président de la République algérienne, Abdelaziz Bouteflika, à l’occasion du 28e anniversaire de la création de l’organisation pan-maghrébine. D’emblée, les deux chefs d’États se sont fait l’écho des “aspirations” de leurs peuples respectifs à l’édification d’un “socle maghrébin” dont ils renouvellent de cette manière les espérances.

À cet égard, le roi Mohammed VI a évoqué en “cette chère occasion” “les liens de fraternité ; des liens fondés sur des dénominateurs historiques communs et l’unité du destin, de la langue et de la religion”, pendant que le président Bouteflika réaffirme “la détermination et la disposition de l'Algérie, peuple et dirigeants, à œuvrer de concert avec l'ensemble des peuples et dirigeants maghrébins frères”.

Mais au-delà des formules protocolaires guindées et de la langue de bois, il semblerait que chacun parle et pense d’abord pour lui-même, adoptant dans son discours, sa propre logique. Aussi, il n’est pas étonnant de constater ensuite que les avis divergent au sujet de cette “construction maghrébine” qui tarde à venir. Si les deux dirigeants soulignent leur “attachement commun à l’option maghrébine”, il n’en résulte pas moins quelques différences d’approche.

Si pour le roi du Maroc qui s’adressait en particulier au président Bouteflika, il est nécessaire d’arrimer cet “ensemble économique régional” exclusivement à l’Union africaine que son pays vient de réintégrer à la suite d’une bataille diplomatique-éclair, le chef de l’État algérien continue, lui, à plaider en faveur de “l'unité de la nation arabe” au sein de laquelle l'UMA est appelée, selon lui, à consolider sa place au même titre d’ailleurs qu’au sein de l'Union africaine. Cela dit, on ne peut pas affirmer que les avis divergent sur la question mais on peut le soupçonner à juste raison. Dans son message de félicitations adressé au président Bouteflika, le roi du Maroc a exposé ses arguments en faveur de ce choix stratégique.

Précis pour ne pas dire pragmatique, le souverain chérifien a réitéré, ainsi, sa “ferme conviction quant à la nécessité de dépasser le marasme politique actuel et de réactiver les institutions de notre Union maghrébine”. Il a, en outre, appelé solennellement à la nécessité de “renforcer” les structures de cette institution afin qu’elle soit “une source de force pour ses cinq pays, et puisse jouer un rôle efficace pour relever les défis régionaux et internationaux”.

Mohammed VI a également appelé à “renforcer l’action commune” au service des aspirations des peuples maghrébins “en libérant leurs énergies pour la réalisation du développement et la création de richesses dans un environnement de stabilité, de sécurité et de paix”.

Le président Bouteflika qui s’adressait, lui, sur un ton bref et laconique, aux quatre autres dirigeants maghrébins, en même temps, a présenté, pour sa part, ses “vives félicitations” et ses vœux à leurs peuples respectifs pour “davantage de progrès et de prospérité”.

Le chef de l’État algérien a tout de même reconnu sur ce registre que “l'UMA est appelée, aujourd’hui, à consentir davantage d'efforts en vue de réaliser les objectifs du traité de Marrakech, traité fondateur de l'Union”. Enfin, il semble que pour bien se comprendre, les dirigeants maghrébins devraient commencer, d’abord, par s’écouter. C’est, là, le minimum requis !

Mohamed-Chérif Lachichi

Commentaires [1]

  1. abdoul7460  - 19/02/2017 à 11:29

    quarante ans de surplace, et ça continue.
    A cause d'un égo surdimmensonné de nos nationnés nous laissons filer notre espoir de nous inscrire dans le Monde du XXIème siècle.
    Pourquoi ne pas régler la question du Sahara occidental le principal obstacle à cette construction.
    C'est de notre pays que devra venir le renouveau car c'est lui qui a organiser le blocage. La mort de Hassan II et l'avènement d'un nouveau roi a été une occasion manquée.
    La question du sahara occidental doit etre reconsidérée, en 2016 la question identitaire ne se traduit plus comme dans les années 60, l'IRA, les basques et bien d'autres organisations indépendantistes ont changer de cursus et accepter de s'inscrire dans l'espace qu'il combattait et de développer leur spécifité dans cet espace.
    Ce que ces peuples ont fait, les sahraouis peuvent le faire et moi je suis persuader que les freins qui existent proviennent d'une bureaucratie polisario entretenue par notre pays et qu refuse de lacher leur pitoyables privilèges et laisser croupir leur peuple pris en otage dans les camps.
    Notre pays s'honorerait à encourager le retour de ces damnés de la terre dans leur pays dans les meilleures conditions et c'est à cette tache que devrait s'ingénier notre diplomatie au lieu de ressasser toujours les memes litanies en boucle

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