La corruption a miné le système éducatif à tous les niveaux …!

Tel est le triste constat que viennent de faire les récents débats suscités par la Conférence internationale sur "l’honnêteté intellectuelle" tenue le 10 novembre dernier à l’université Mohamed Boudiaf de M’sila, par le Colloque international sur "Université et éthique professionnelle" organisé les 22 et 23 novembre par le CRASC à Oran ainsi que par la publication, par le quotidien El Watan du 11 novembre, des résultats de l'enquête courageuse sur les "Professeurs faussaires "qu'a menée le journaliste Mohamed Staïfi.

Tous ces débats et enquête – dont nous empruntons ici certaines citations –  méritent des félicitations pour ceux qui les ont initiés, ceux qui y ont participé et ceux, dans la presse, qui en ont fait connaître la teneur. Merci pour "la sonnette d’alarme" qu'ils viennent de tirer, en ce glorieux novembre, "sur [ce] grave danger qui mine non seulement la recherche scientifique et l’enseignement à tous les niveaux, mais aussi le devenir de tout le pays". ils constituent une dénonciation documentée de la manière dont "le plagiat et la triche, …perçus comme de [simples] déviances, remettent en cause le fonctionnement de l’enseignement universitaire et des pratiques évaluatives".

Ils sont une illustration indiscutable du grave niveau de déliquescence éthique et scientifique qui caractérise aujourd'hui le cœur même du noyau du processus de production et de transmission de la connaissance que constitue le corps professoral universitaire. 

Les révélations qu'ils portent ouvertement ou en filigrane renseignent clairement (1) sur l'étendue dramatique de ce "déplorable phénomène" qui a constitué "une voie dorée pour nombre de membres de la nomenclature administrative universitaire — voire ministérielle — … pour légitimer l’imposture de leur promotion", (2) sur la tendance de l'institution de l'Etat en charge des Universités et de la Recherche scientifique à éviter de "faire des vagues" à ce sujet par manque de "réelle volonté politique de lutter contre ce fléau" qu'elle ne reconnaît pas en tant que tel, (3) sur la crainte que ressentent les enseignants honnêtes qui ont vu de près le développement impuni de ce phénomène car "gare à celui qui ose compromettre les plus puissants".

Autrement dit et en dehors de la complicité consciente ou inconsciente de l'Institution concernée, toutes ces révélations contribuent à mesurer le niveau atteint par la crise dégénérative qui  mine notre Etat depuis des décennies. Crise qui n'a cessé de s'approfondir au fur et à mesure que le pouvoir est allé renforçant son alliance avec les islamo conservateurs, les religieux intégristes et les forces de l’argent sale et au fur et à mesure de sa négation forcenée par les "politiciens biaiseurs" qui encombrent et avilissent notre classe politique déjà discréditée, au risque de voir cette crise emmener irréversiblement toute la Nation vers le chaos.

Comment un tel niveau de "triche" a-t-il pu autant se répandre dans un corps social supposé porteur de valeurs sûres et garant de la formation des élites à venir?

Il est certes vrai que "les politiques instaurées par des régimes fondés sur le clientélisme, le régionalisme, le népotisme et la corruption de préférence aux élites en sont les principales raisons", que l'impunité qui règne du fait de ces politiques, la perte de confiance dans les Institutions qui en  découle ainsi que la justification de la triche par les conservateurs et les intégristes religieux sous des formes faussement mais d'apparence religieuse et morale ont grandement contribué à instaurer un climat "d'absence de crainte du déshonneur", d'indifférence par rapport à "l’image qu’on [puisse] refléter dans la société" et, au final, aux "graves résultats" aujourd'hui décriés. Mais tout cela n'explique pas d'autres phénomènes.

En effet, comment expliquer le fait que de nombreux universitaires intègres aient pu observer un silence quasi religieux devant ce phénomène depuis son apparition, en dépit du risque de discrédit qu'il a toujours fait peser sur leur dignité, sur leur éthique et sur la rigueur scientifique dont ils continuent de faire preuve et qui permet à nos Universités de se maintenir relativement encore à flot?

Est-ce que les universitaires "vraiment savants et bien intentionnés qui ont malencontreusement publié par ignorance dans" une des revues dénoncées par l'enquête de M. Staïfi vont réagir et dénoncer ceux qui les ont piégés maintenant qu'ils savent qu'ils l'ont été au détriment de leur intégrité intellectuelle?

Même si chacun des professeurs honnêtes,  pris individuellement, se sent isolé dans un système qui a su créer la méfiance et l'inimitié entre lui et ses pairs, craint de dénoncer ouvertement ce phénomène, comment expliquer  l'attitude – qui frise l'indifférence devant ce phénomène – de ceux d'entre eux qui, organisés sous forme syndicale et ne se préoccupant que de … "revendications socioprofessionnelles", agissent comme si la lutte contre ce phénomène n'en serait pas une? Autant de questions qui méritent approfondissement pour mieux expliquer et redresser la situation qui prévaut dans nos universités et, surtout, éviter autant que faire se peut qu'elles ne soient un jour blacklistées, au détriment de leur composante professorale intègre, des étudiants et du pays! 

Nous, au MDS-Oran, partageons les dires de ce débatteur selon lesquels "le savoir ne peut éclore et se développer dans un environnement institutionnel en déliquescence" et "gangrené". Nous partageons sa perception quand il déclare que "la situation de l’université publique ne peut être améliorée durablement que si l’Etat est reconstruit, transformé en Etat de droit, faisant régner la bonne gouvernance dans tous les domaines". Cependant, cette vision resterait incomplète si elle reste en l'état, sans préconisation des moyens de lutte pour asseoir ce changement tant souhaité. Pour notre part, nous sommes convaincus  que:

− La création des conditions éthiques et scientifiques qu'impose la mise de nos élites au diapason des défis économiques, sociaux et culturels de ce nouveau siècle méritent une mobilisation sérieuse et multiforme des étudiants, des enseignants et des fonctionnaires universitaires ainsi que des citoyens "pour la science, contre les tricheurs et contre la bigoterie" qui leur sert souvent de couverture. 

− Cette mobilisation ne peut être enfermée que dans une logique étroite, d'appareils ou syndicale et corporative. Bien au contraire, elle serait vouée à un essoufflement rapide si elle ne s'inscrivait pas d'emblée – comme nous le développions dans notre déclaration du 3/11 passé – dans une dynamique plus large, celle du mouvement citoyen autonome en construction visant, en appui sur le Front national patriotique et républicain dont il se dotera,  à "se poser en force politique incontournable … pour mettre … le pouvoir politique au diapason des exigences … d’une Algérie progressiste, prospère, juste et capable d’une contribution active à la dynamique humaniste et de progrès de l’humanité dans les conditions de ce nouveau siècle".

Conjuguons nos luttes multiformes contre la triche, contre l'impunité qui la couve et contre la matrice idéologique de l'islam politique qui la justifie  auprès de pans entiers de notre société!

Refusons le statu quo régressif et construisons, avec les forces saines de la société,  l'alternative démocratique et moderne à la crise qui bloque toute possibilité d'émancipation du pays!

Le MDS-Oran

Contact presse :

Mouvement Démocratique et Social – Oran

Email: [email protected]

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  • Commentaires

    • abdoul7460 dit:

      Vous balancez ce genre d'infos et rien ne semble remuer dans la sphère politique. Il n'y a rien à espérer de...

    • abdoul7460 dit:

      La question qui se pose maintenant est de savoir quand se produira le chaos. Ce qui s'est passé en 1988 n'était que...

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