L’Algérie achète 300 000 tonnes d’orge
En raison de la sécheresse qui frappe les zones de parcours et les menaces qui pèsent sur le cheptel, l’Algérie s’est adressée au marché européen des céréales pour l’achat de 300 000 tonnes d’orge fourragère.
17 Mai 2008, La Nouvelle République
Cette opération intervient quelques jour après la décision prise par le gouvernement de Belkhadem de «suspendre totalement l’importation de viande ovine jusqu’au mois d’août 2008».
Décision prise à l’issue d’un conseil interministériel qui s’est réuni en date du samedi 10 mai 2008 qui a examiné le dossier relatif à l’élevage ovin. Il a été relevé par le gouvernement que «ce secteur important de l’économie nationale traverse une situation difficile, risquant de mettre en danger ce patrimoine national qui doit être impérativement préservé».
Parmi les mesures prises figure entre autres l’augmentation des quantités d’orge à mettre sur le marché. D’où cette importante opération d’importation d’orge sur le marché européen. La crise vécue par l’élevage ovin est une conséquence de la sécheresse qui frappe certaines régions du pays.
D’où l’effondrement des prix des moutons qui ont atteint les 8 000 DA la tête actuellement contre plus de 15 000 DA au début de l’année. La flambée des prix des fourrages n’a laissée d’autres choix aux éleveurs que de brader leurs cheptels dans les marchés à bestiaux. Ainsi, le son a atteint les 3000 DA le quintal, l’orge les 3500 le quintal et la paille les 250 DA la botte.
Sur le marché européen l’Algérie achètera la tonne d’orge à 175 euros. Soit l’équivalent de 17 850 DA la tonne ou 1785 DA le quintal. Mais à ce prix il faudrait ajouter les frais de transport qui vont de 40 à 50 dollars la tonne à partir des ports nord-européens. Une fois réceptionnée l’orge est cédée aux éleveurs à un prix subventionné de 1400DA le quintal. L’Etat subventionne ainsi l’orge à hauteur de 500 DA le quintal.
Pour revenir aux marchés internationaux des céréales une certaine accalmie est observée ces derniers jours. Les prix du blé poursuivent ainsi leur repli sur le marché européen. Les perspectives d’une bonne récolte de blé pour cette campagne moissons-battages ont calmé les marchés. Des conditions climatiques favorables laissent espérer des récoltes record pouvant atteindre les 656 millions de tonnes.
Cet optimisme c’est répercuté sur les prix du blé. Ainsi la tonne de blé tendre était cédée à 200 euros jeudi passé. Sauf retournement de situation concernant les conditions climatiques tous les indices tablent sur une tendance baissière des prix des céréales dans les semaines à venir.
Pour revenir à l’Algérie, il est utile de souligner que les importations d’urgences de produits alimentaires pour faire face aux aléas climatiques ne peuvent constituer des solutions. L’adoption d’une politique rigoureuse pour développer les zones d’élevage devient incontournable aujourd’hui.
Il s’agit de planter des espèces fourragères capables de résister aux aléas climatiques et surtout d’encourager la production d’orge et d’avoine en introduisant l’irrigation d’appoint qui intervient durant les mois de raréfaction de pluies. Le développement de l’agriculture ne pourrait se faire sans l’existence d’une réelle volonté politique de sa modernisation.
Réda C.
© 2008 Presse-dz | www.presse-dz.com