Champions league arabe (finale aller) : wa casablanca 0 - es sétif 1, L'Aigle noir plane sur le Royaume

Champions league arabe (finale aller) : wa casablanca 0 - es sétif 1

L'Aigle noir plane sur le Royaume

Le représentant algérien à cette finale de la Coupe arabe a réussi un véritable coup de maître à Casablanca où il a dominé une vaillante équipe du Widad, qui a été matée par plus fort qu’elle. Bravo !

11 Mai 2008,   Le Soir d'Algérie

Courageux, héroïques et déterminés. Tels étaient les Algériens de l’Entente de Sétif, vendredi soir sur la pelouse du stade Mohamed V de Casablanca. Sous le regard hostile des milliers de supporters marocains, les Noir et Blanc sont parvenus à arracher une victoire ô combien précieuse pour le titre de champion arabe en attendant la seconde manche à Blida. La partie n’était pas facile pour l’Entente qui a dû affronter et l’équipe adverse et la pression du public présent en force.

En effet, de mémoire de Marocain, le stade Mohamed V n’a jamais connu une telle affluence. Archicomble est un mot inapproprié pour décrire le stade lors de cette confrontation. Et pour cause ! Le WAC affrontait une équipe algérienne. Un match qui a été largement politisé par la presse marocaine en lui donnant une dimension extra-sportive.

Chauffé à blanc par une campagne médiatique virulente à l’encontre de l’Algérie (affaire de l’hymne marocain), le public marocain s’en est donné à cœur joie en scandant des slogans hostiles à notre pays. Et c’est sous une ambiance faite d’agressivité et d’animosité que les Sétifiens ont disputé cette rencontre. L’enfer promis par les Marocains à l’Entente de Sétif n’a pas eu lieu. Le match débute timidement de part et d’autre, et ce sont les Widadis qui vont se créer la première occasion.

Sur un centre du flanc gauche et aidé par un mauvais placement de la défense sétifienne, la balle arrive sur Bidodane qui, de la tête, envoie le cuir sur le poteau de Ferradji (10’). Les Noir et Blanc sont ainsi avertis que la partie ne sera pas de tout repos. Les hommes de Simondi vont riposter à leur tour et démontrer qu’ils ne sont pas venus pour jouer la défensive.

En effet, suite à un contre rapide, Hadj Aïssa décale pour Ziaya qui, à son tour, va servir superbement Djediet dans le dos de la défense marocaine. Mais le Sétifien verra sa frappe déviée in extremis par un défenseur (13’). Le jeu va dès lors se concentrer en milieu du terrain. Pressés par un public exigeant, les Widadis essayent tant bien que mal de percer la solide défense de l’Aigle noir, mais sans succès.

Les Ententistes, plus calmes et plus lucides que leurs adversaires, jouent plus à l’aise en vue d’absorber la fougue des Marocains, mais aussi en inquiétant sans cesse les bois de Fegrouch grâce au trio Hadj Aïssa - Ziaya - Adiko. Sentant la fin de la première période et voulant la terminer à leur avantage, les hommes de Fullone redoublent d’effort et accentuent le pressing. Les Rouge et Blanc qui profitant des erreurs défensives de l’ESS, ont failli ouvrir la marque à deux reprises par Sakim.

La première tentative sera sauvée sur la ligne par Maïza (35’), et la seconde, c’est Laïfaoui qui intervient de la même façon pour sauver le but après une sortie ratée de Ferradji (41’). En seconde période, les Widadis se ruent rapidement en attaque en vue de marquer le but libérateur.

Pressés par le temps, par leurs supporters et enfin craignant pour leur condition physique, les Marocains vont jeter toutes leurs forces en attaque. Ainsi, Ferradji, le gardien sétifien, a failli réaliser le vœu de ses adversaires en leur offrant ce qu’ils voulaient. En effet, le keeper sétifien, en voulant bloquer une balle brûlante, la laisse échapper.

Le ballon se dirige vers le but, heureusement qu’il s’est rattrapé à temps pour le dégager avant qu’il ne dépasse la ligne (54’). L’Entente a eu vraiment chaud sur cette action. Le moment pour l’Entente de montrer ses capacités est arrivé, et la machine sétifienne se met en marche.

Dominant de bout en bout les débats, les Sétifiens dévoilent leurs intentions offensives. D’abord par Hadj Aïssa qui, s’échappant sur le côté gauche, va tenter de servir Ziaya, mais le ballon sera bloqué de la main par un défenseur widadi. L’arbitre ne bronchera pas (68’). Quatre minutes plus tard, bien servi par Ziaya, Adiko seul face au gardien va tirer dans le petit filet.

L’Ivoirien de l’Entente sera imité par Benchaïra qui n’a pu exploiter une excellente opportunité. En effet, se présentant seul devant Fegrouch, le Sétifien envoie le cuir dans les décors (69’). Sentant une grande fébrilité dans cette équipe marocaine, les poulains de Simondi ne vont pas lâcher prise et vont continuer à la harceler jusqu’à lui porter l’estocade.

Hadj Aïssa dans ses œuvres décale pour Raho qui, à son tour, va centrer au point de penalty d’où surgira un Touil des grands jours et des grandes occasions, et qui vient juste de prendre la place de Ziaya. Le Sétifien, de la tête, déposera le cuir dans les filets de Fegrouch, totalement battu (80’).

C’est la consternation chez les Marocains et l’euphorie et la joie chez les dizaines d’Algériens présents dans le stade. Abattus physiquement et moralement, les joueurs du WAC peinent à revenir dans le match, tandis que les Sétifiens bien en jambe et réconfortés par cette réalisation continuent de dominer. Ils auraient pu tuer le match à plusieurs reprises n’était-ce l’excès de précipitation. Dès lors, on verra pratiquement une seule équipe sur le terrain et les joueurs du WAC ne seront plus en mesure de parvenir jusqu'au portier sétifien.

Il n'en fallait pas plus pour que les protégés de Simondi mènent le jeu à leur guise en gérant le rythme qui allait baisser d'un cran, avec de temps à autre quelques accélérations offensives sétifiennes pendant que les Marocains continuaient de cafouiller. L’Entente a réussi son pari, celui de faire un excellent résultat à Casablanca.

Quel résultat ! Une victoire qui leur ouvrira, espérons-le, la voie de la consécration arabe le 22 mai prochain. En réponse aux provocations et aux insultes du public marocain à l’encontre de l’Algérie, les deux joueurs ivoiriens de l’Entente, Adiko et Serey Die, ont longuement exprimé leur joie sur la pelouse en brandissant l’emblème national.

FICHE TECHNIQUE

Stade Mohamed V, beau temps, pelouse en excellente état, affluence record, arbitrage de M. Aouaz Trabelsi assisté de MM. Azzouz Djeloul et Bachir Hassani (Tunisie) But : Touil (80’) ESS Averts. : Laïfaoui (2’) ESS, Rafik (16’) WAC. WAC : Fegrouch- Louissi- Mankari- Sakim puis Saïdi (55’)- Elmsane- El Adoua- Rafik puis Skouma (75’)- Sekkat- Bidodane- Talbi puis Djouya (81’)- El Brazi. Entraîneur : Oscar Fullone ESS : Ferradji- Raho- Benchaïra- Laïfaoui- Maïza- Serey Die- Lemouchia- Djediet puis Moumen (51’)- Ziaya puis Touil (77’)- Hadj Aïssa- Adiko puis Mechiri (74’).

A CHAUD... BERNARD SIMONDI : "La victoire des tripes"

«Ce fut une rencontre très difficile, on s’y attendait d’ailleurs. Le WAC s’est créé, comme nous, plusieurs situations de but en première période qui n’ont pas été exploitées. On se devait de freiner les ardeurs de cette équipe jusqu’à la pause, et on y est parvenu. En seconde période, on a modifié notre secteur de jeu en milieu du terrain et on a réussi à déstabiliser complètement l’adversaire.

Mes joueurs étaient très courageux, défendaient de face et récupéraient rapidement le ballon, et sur un contre bien orchestré, nous avons trouvé la réussite nécessaire pour inscrire le but. Mais nous ne devons pas se réjouir d’avance car il reste encore une seconde manche en Algérie. Je félicite mes joueurs pour ce résultat positif. Aujourd’hui, ils se sont comportés en véritables guerriers».

OSCAR FULLONE : "Rien n'est encore joué"

«Je suis très triste à la fin de ces 90 minutes. La victoire de Sétif est due à un relâchement de mes joueurs. Mais je dirai que ce qui vient de se passer à Casablanca peut se reproduire en Algérie.

C’est dire que rien n’est encore joué. Nos avons raté plusieurs occasions de but, d’ailleurs à deux reprises le ballon est sauvé de la ligne. Je tiens à féliciter l’équipe de Sétif pour cette victoire méritée. C’est une équipe bien organisée et en très bonne condition physique contrairement à nous qui souffrons beaucoup du manque de fraîcheur physique.

La préparation d’intersaison n’a pas été réussie pour le WAC, l’équipe s’entraînait une fois par jour, mais ce n’est pas une excuse. En Algérie, nous vendrons chèrement notre peau, nous n’irons pas pour faire du tourisme. Nous n’aurons aucune pression et on jouera uniquement pour nous contrairement ici à Casa où mes joueurs soumis à une grande pression avaient peur de mal faire. Rien n’est encore perdu pour le WAC.»

LA MISE EN GARDE DE SIMONDI

Victoire donc sans bavure de l’Entente de Sétif lors de cette première manche, réalisée de surcroît chez l’adversaire, ce qui fait de lui un favori potentiel pour le trophée le 22 mai prochain à Blida.

Mais, gare à l’autosatisfaction ! L’adversaire, s’il a été piégé lors de cette première manche, risque d’avoir une réaction d’orgueil lors de la seconde. Simondi a tenu à avertir ses joueurs, en les mettant en garde contre tout excès de confiance : «Nous avons réussi la première manche. Mais, il reste encore une seconde qu’il faut négocier avec la même application pour mériter le sacre», leur a-t-il expliqué. Comme quoi, il faut garder les pieds sur terre et ne pas sombrer dans l’euphorie.

ECHOS DE CASABLANCA

• Les supporters algériens ont été placés au milieu de deux tribunes garnies par les supporters marocains. Ce qui a provoqué des frictions entre les deux galeries.

Heureusement que les Algériens n’ont pas répondu à ces provocations. Jetés en pâture et sans aucune protection, les Sétifiens ont vécu l’enfer en fin de rencontre où ils ont été la cible de projectiles lancés par des Marocains hystériques. Les Algériens n’ont pu quitter l’enceinte du stade qu’une heure après la fin de la rencontre.

• La direction du WAC, à l’occasion de cette rencontre, a imprimé plus de 41 000 billets et qui ont vite été écoulés. Aussi le prix du billet a été fixé à 30 dirhams (300 dinars algériens) pour les gradins, et 50 dirhams (500 DA) pour la tribune. Quant aux billets de la tribune officielle, ils ont été cédés à 200 dirhams (2000 dinars).

• A une demi-heure du coup d’envoi, les portes du stade ont été ouvertes délibérément au public, et ce, dans le but d’encourager fortement le WAC.

• Avant le coup d’envoi, les milliers de fans du Widad ont tenu à entonner leur hymne national tout en faisant allusion à l’incident de Koléa, et qui, jusqu’à aujourd’hui, demeure dans les esprits des Marocains.

• Plus de 1800 policiers marocains ont été mobilisés à l’occasion de la finale aller de la Champions League arabe. A cet effet, les agents de l’ordre ont été déployés à l’intérieur du complexe et aux abords de l’enceinte sportive pour sécuriser et éviter tout débordement de la part des supporters du WAC, jugés trop agressifs surtout après la polémique de l’hymne national marocain.

• L’Union arabe de football (UAFA) a exigé de la direction du club du Widad de Casablanca la somme de 70 000 dollars en contrepartie de la gestion de la recette de la rencontre du WAC face à l’Entente de Sétif. Jugeant le montant trop excessif, les dirigeants du WAC ont proposé à l’Union arabe la somme de 40 000 dollars. Notons que lors de la rencontre face à Al Faiçaly pour le compte de la demi-finale retour de la Champions League arabe, le WAC avait déboursé la coquette somme de 20 000 dollars pour pouvoir prétendre à la recette du match.

• A la veille de la confrontation cruciale entre le WAC et l’Entente de Sétif, les joueurs du Widad sont montés au créneau en exigeant de leur direction de revoir à la hausse la prime en cas de victoire. En effet, la direction du WAC avait décidé d’octroyer la somme de 100 000 dirhams (un million de dinars) à chaque joueur en cas de victoire finale. Les joueurs exigeaient quant à eux 160 000 dirhams (cent soixante millions de centimes).

Chose que la direction du club a rejetée en affirmant que le club est dans l’impossibilité de payer plus à cause du recul du dollar. En effet, ayant obtenu la somme d’un million de dollars après sa qualification pour la finale, le WAC s’est retrouvé avec seulement 734 millions de centimes (1 dollar = 7,34 dirhams).

• Echaudés par la dernière rencontre de demi-finale face aux Jordaniens d’Al Faiçaly, où plus de 300 fumigènes ont été allumés et jetés sur la pelouse, provoquant la rage du commissaire de match saoudien qui avait menacé à plusieurs reprises d’arrêter la rencontre, les organisateurs ont pris des mesures draconiennes pour que ce genre de situation ne se reproduise plus.

A cet effet, les supporters ont été soumis à des fouilles corporelles et des contrôles stricts ont été imposés avant d’accéder au stade. Aussi des policiers et des vigiles du WAC ont pris place au complexe Mohammed V la veille de la rencontre pour éviter que des fumigènes soient cachés dans les jardins qui entourent le stade. Pourtant, lors du match, les fumigènes ont fait fureur.

• Excédé par les nombreuses accusations à son encontre de la part du club du Widad de Casablanca, le Marocain Saïd Belkhiat, membre de l’Union arabe de football et président de la commission de discipline de cette instance footballistique, a violemment réagi en affirmant qu’il a été choisi par l’UAFA pour ses compétences et non pas pour représenter le Maroc.

En effet, M. Belkhiat a été ouvertement accusé par le WAC de ne pas avoir aidé le club marocain pour l’organisation de la finale retour de la Coupe arabe à Casablanca. «Le choix du club organisateur de la phase finale a été effectué par tirage au sort. En plus, l’Algérie n’a jamais organisé une telle manifestation contrairement au Maroc. Donc, cette organisation lui revient de droit», a-t-il affirmé.

• L’attaquant du Widad, Abderazak Sakim, recruté en début de saison en provenance de la jeunesse Al Massira, a quitté le stage de préparation de son équipe d’El Jadida pour aller se marier. Il est ensuite revenu auprès de ses coéquipiers après avoir effectué les démarches administratives. La date de ce mariage fixée à l’avance, a contraint le joueur à faire le déplacement entre le lieu du stage et sa résidence familiale.

• L’international algérien, stratège de l’Entente, Lazhar Hadj Aïssa, a reçu récemment une invitation de l’Olympique lyonnais afin de subir un test de présélection. Contacté par nos soins, Hadj Aïssa n’a ni confirmé ni infirmé cette nouvelle. Aussi, un autre club français, en l’occurrence Créteil, évoluant en Ligue 2, aurait fait une offre alléchante au Sétifien que ce dernier aurait tout simplement refusée.

• Le consul général d’Algérie à Casablanca a organisé, hier, une réception en l’honneur de la délégation de l’Entente de Sétif et des représentants de la presse nationale au Maroc pour la couverture de la finale aller.

I. S.

Presse-dz

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