Une délégation algérienne de haut niveau à Guantanamo

Une délégation algérienne de haut niveau à Guantanamo

Les détenus algériens à Gantanamo, ont été identifiés. C'est ce qu'a annoncé hier, le ministre de la Justice garde des Sceaux, M. Tayeb Belaiz.

03 Mars 2008,   Le Quotidien d'Oran

Le ministre qui s'exprimait devant la presse, en marge de la cérémonie d'ouverture de la session du printemps de l'APN, a fait savoir, que la délégation de « haut niveau » qui s'était déplacée sur place à Guantanamo a confirmé l'identité de ces détenus, précisant qu'il s'agit « d'Algériens au nombre de 17 s'exprimant en parlé algérien ».

Le ministre de la Justice a souligné, dans la foulée, que si ces Algériens veulent rentrer au pays, ils seront les bienvenus, précisant que « la justice s'acquittera de sa mission en ce qui concerne les détenus faisant l'objet de poursuites judiciaires, selon le code pénal algérien ».

En revanche, pour ceux qui ne sont pas poursuivis par la justice algérienne, M. Belaiz a affirmé qu'ils retourneront auprès de leurs familles. A une question relative au souhait des Etats-unis d'Amérique de « conclure un accord avec l'Algérie » sur la question des détenus algériens à Guantanamo, il a estimé que cela n'est qu'une « simple demande ».

Lors d'une récente visite à Alger, le secrétaire d'Etat adjoint américain, M. David Welch, avait exprimé le souhait de son pays de « conclure bientôt un accord avec l'Algérie » sur cette question des détenus de Guantanamo.

« La question est de savoir si nous avons des prisonniers qui doivent être traduits devant la justice. Si ce n'est pas le cas, cela ne veut pas dire qu'ils ne sont pas dangereux », a-t-il estimé. « Nous voulons renvoyer ces prisonniers vers leurs pays d'origine, mais nous devons nous assurer qu'ils ne présentent pas de danger, car nous avons des exemples de prisonniers retournés dans leurs pays et qui ont ensuite été relâchés », a-t-il poursuivi.

Sur le dossier des détenus algériens dans des prisons à l'étranger, le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'homme, (CNCPPDH), M. Mustapha Farouk Ksentini, a indiqué il y a une quinzaine de jours, que les autorités algériennes ne restent pas les bras croisés devant la situation de ces détenus. M. Ksentini a affirmé que le ministère algérien des Affaires étrangères s'occupe très sérieusement des dossiers de ces personnes, notamment ceux détenus en Libye, en Espagne et à Gantanamo.

Le président de la CNCPPDH, qui était l'invité de l'émission « Rendez-vous du jeudi » de la chaîne III de la radio nationale, a souligné que l'intérêt porté par les autorités algériennes à leur sort, fait que les pays concernés « se surveillent » pour ce qui est de leur traitement.

« La politique étrangère algérienne est très efficace », a-t-il encore souligné. M. Ksentini avait auparavant assuré que l'Etat algérien n'a jamais tourné le dos aux problèmes de ses ressortissants à l'étranger, affirmant, dans ce contexte, que le problème des détenus algériens séquestrés à Guantanamo connaîtra incessamment son épilogue.

Plus de six ans après l'arrivée des premiers prisonniers de la « guerre contre le terrorisme » le 11 janvier 2002 à Guantanamo, aucun procès n'a encore eu lieu et la volonté affichée par le gouvernement américain de fermer le camp semble loin de se concrétiser. Depuis bientôt deux ans, l'administration insiste sur sa volonté de fermer le centre de détention installé sur une base navale américaine à Cuba.

Mais, « en raison de questions légales (...), il n'y a pas eu beaucoup de progrès », a reconnu fin décembre le ministre américain de la Défense, Robert Gates. Si les interrogatoires cauchemardesques des premières années ont cessé, les prisonniers souffrent aujourd'hui de l'isolement et d'une incertitude totale sur leur sort.

Quatre d'entre eux se sont suicidés, et les grèves de la faim sont courantes. Et après des années de procédures judiciaires, le premier procès devant un tribunal militaire d'exception est prévu au mois de mai.

Parallèlement, le gouvernement a commencé à renvoyer dans leur pays, au compte-goutte, les détenus qu'il ne compte pas juger. Alors que plus de 800 hommes et adolescents sont passés par le camp, il reste aujourd'hui environ 275 détenus. Selon des déclarations de responsables US, ils viennent de plus d'une vingtaine de pays différents, en premier lieu du Yémen, d'Afghanistan et d'Algérie.

Djamel B.

Presse-dz

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