Trafic d’armes et de munitions: Les voyants au rouge

Le trafic d’armes et de munitions en hausse fulgurante. Et les chiffres communiqués par les différents services de sécurité l’attestent. D’ailleurs, le bilan des activités de la Gendarmerie nationale en matière de lutte contre la criminalité, durant les dix premiers mois de l’année en cours, en est une preuve.

 

Pendant cette période, les unités de ce corps constitué ont traité 332 affaires de trafic d’armes et de munitions. A en croire un communiqué de la Gendarmerie nationale, rendu public hier, une moyenne de plus de 33 affaires en la matière est relevée chaque mois. Pis, une moyenne quotidienne d’au moins une affaire est constatée par les gendarmes, durant cette période.

Le traitement de ces affaires a conduit à l’arrestation de 455 personnes. Autrement dit : plus de 45 arrestations chaque mois ! Dans ce sens, il est utile de noter que comparativement à la même période de l’année passée, une hausse de 41,13% en matière d’affaires traitées est constatée.

Le nombre de personnes arrêtées a aussi connu une augmentation de 43,23% par rapport à la période précédente. S’agissant des saisies, ledit document a fait état de la récupération de 180 armes. Outre cela, les gendarmes ont également saisi 25.763 cartouches. Ces armes et munitions, étaient-elles destinées aux groupes terroristes ? Aux gangs des contrebandiers et narcotrafiquants ? Notre interlocuteur n’a pas donné autant de détails.

Cependant, il va sans dire que, généralement, ces armes sont saisies chez des bergers qui les utilisent, sans autorisation, pour protéger leur bétail et autres biens. Autre question : quelle est la provenance de ces armes ? Ont-elles été volées des institutions de l’Etat ? Là aussi, notre source ne s’est pas trop étalée. Elle n’a pas non plus fait de précisions.

Toujours est-il, il convient de préciser que, généralement, ces armes remontent soit à l’ère coloniale, soit elles sont fabriquées clandestinement par les malfaiteurs qui les utilisent dans des agressions. Dans quelques cas, elles ont été découvertes ensevelies, par des groupes terroristes, dans des régions enclavées du pays.

Lutte sans merci dans tout le pays

Quel que soit X, il faut dire que la lutte contre le trafic d’armes et de munitions est menée sans merci par les services de sécurité, tous corps confondus. Rien que pour les deux semaines de ce mois, plusieurs affaires ont été élucidées par les éléments de Gendarmerie nationale.

Pas plus tard que mercredi dernier, les gendarmes de la section de recherches d'Oum El Bouaghi, à l’est du pays, ont présenté devant la justice trois personnes pour constitution d’association de malfaiteurs, détention et commercialisation de minutions.

Les détails de cette affaire remontent au 8 novembre, précisément à 18 h, lorsque les gendarmes, qui agissaient sur renseignements, ont interpellé à la commune d’Oum El Bouaghi deux personnes à bord d’un véhicule de marque Dacia Logan, en possession de 1.800 cartouches de calibres 16 et 12, tandis que le troisième acolyte a été interpellé lors de l’enquête. A ce titre, les trois mis en cause ont été ainsi placés sous mandat de dépôt.

Un jour plu tard, à Djelfa, aux portes du sud du pays, suite à une plainte déposée par un citoyen contre son cousin pour menaces au moyen d’un fusil de chasse de fabrication artisanale suite à un litige sur un lieu de pâturage de commune d’Aïn Fekapar, les gendarmes de la brigade de ladite localité se sont déplacés sur les lieux où ils ont interpellé le mis en cause et récupéré l’arme à feu, détenue illégalement.

Poursuivant les investigations, les éléments de la Gendarmerie nationale ont interpellé le vendeur et saisi un autre fusil de chasse dissimulé sous terre à 300 mètres de son domicile à ladite commune. Le même jour à Sétif, à l’est du pays, les gendarmes de la section de recherches de ladite ville ont présenté devant la justice un citoyen âgé de 55 ans, pour détention illégale d’arme à feu.

Sous un amas de tuyaux d’arrosage dans la cour de son domicile, situé à la commune d’El Ouricia, dans la même wilaya, un pistolet automatique (PA) avec un chargeur garni de trois cartouches avaient été saisis auparavant par les gendarmes. Le mis en cause a été ainsi placé sous contrôle judiciaire.

Le «printemps» arabe, l’autre cause du fléau

Le plus gros lot de l’année est celui enregistré, janvier passé, par les éléments de l’Armée populaire nationale (APN) aux frontières algéro-nigériennes. Implantées en 4e région militaire, les unités de l’ANP avaient ainsi intercepté un convoi composé de quatre véhicules tout-terrain transportant des individus de nationalités africaines qui tentaient d’acheminer une importante cargaison d’armes et de munitions.

L’intervention dynamique et efficace des éléments de l’ANP a permis la neutralisation de ces véhicules et la récupération d’un important lot d’armes et de munitions. Il s’agit de 71 PMAK, 38 fusils-mitrailleurs, 2 lance- roquettes RPG-7, 4 mitrailleuses 14.5 mm, 5 fusils à lunettes, 16 fusils-mitrailleurs, 8 PMAK et 1 RGP-7 calcinés ainsi qu’une importante quantité de munitions de divers calibres.

Il convient de souligner que cette opération fut couronnée d’un succès total car il n’a été déploré aucune perte dans les rangs des troupes de l’ANP. Notons, enfin, que pour la hausse de ce trafic, la lecture faite par le commandement de la Gendarmerie nationale fait ressortir que cela «trouve son explication dans le démantèlement des réseaux de trafic d’armes (fabrication) et de commercialisation».

Ahmed Bouaraba

 

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    • lem dit:

      Rectificatif : quand on confond l'essentiel et le "superflou"... Lem...

    • lem dit:

      Ça ne s'invente pas ! "Onapri" le ton qu'il faut pour dire qu'il faut du temps. Ah, l'époque de ...

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