À quatre mois de l’échéance électorale

Présidentielle 2014 : comment et avec qui ?

S’achemine-t-on vers une élection fermée, jouée d’avance, avec une reconduction de Bouteflika ? Ou ira-t-on vers une élection ouverte avec plusieurs candidats ? Et qui seront-ils ?

Bien malin celui qui pourrait prédire les conditions de déroulement de la prochaine élection présidentielle. À quatre mois du scrutin et à un mois et demi seulement de la convocation du corps électoral, rien n’indique que l’Algérie est à la veille d’une grande échéance électorale.

Un rendez-vous qui pourrait être historique dans la mesure où on pourrait assister, si le scrutin se déroule selon les règles universelles de transparence, à l’arrivée au plus haut sommet de l’État d’un homme issu de la génération d’après-guerre. Mais à ce jour, on s’évertue encore à spéculer sur une hypothétique candidature de Bouteflika ou sur l’identité des postulants.

En somme, c’est le grand flou artistique. Seule certitude, pour l’heure : l’élection se tiendra à échéance, comme réitéré par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaïz. Pour autant, s’achemine-t-on vers une élection fermée, jouée d’avance, avec une reconduction du président sortant qu’auront à accompagner, pour sauver la façade démocratique, quelques lièvres et dont l’essentiel sera puisé dans la cour des courtisans ?

Ou alors ira-ton vers une élection ouverte avec plusieurs candidatures ? Et qui serontelles ? Bouteflika, qui semble tenir en haleine courtisans et adversaires, entretient encore le mystère sur ses intentions, en dépit des exhortations du FLN et du soutien que lui affichent ostensiblement l’UGTA et d’autres organisations satellites du pouvoir.

Alors que les potentiels candidats qu’on présente, à tort ou à raison, comme des poids lourds, à l’image d’Ali Benflis, Mouloud Hamrouche ou encore Saïd Sadi, se murent dans le silence, quatre postulants ont déjà annoncé leur ambition de briguer la magistrature suprême.

Il y a cet obscur de Rachid Nekkaz. Né en France en 1972, il est un cas atypique. C’est parce qu’il a essuyé des échecs politiques en France qu’il veut, de guerre lasse, tenter sa chance en Algérie.

Candidat à l’élection présidentielle française de 2007, il n’avait pas pu réunir les parrainages nécessaires, alors qu’en 2012, devenu socialiste entre- temps, il a échoué aux primaires.

En 2013, celui qui s’autoproclame “candidat de la jeunesse et du changement” et qui s’est engagé à payer les amendes des femmes voilées, fait les choux gras de la presse parisienne en n’obtenant aucune voix lors des élections législatives partielles. Il y a aussi l’ex-ministre, Ali Benouari, aujourd’hui établi en Suisse.

Ancien ministre du Trésor, Benouari, convaincu que Bouteflika ne se représentera pas en raison de sa santé chancelante, se présente comme un libéral. Ali Benouari veut “pouvoir parler liberté aux Algériens, quelque chose qu'ils n'ont pas l'habitude d'entendre” dans un pays où “la fraude électorale s'est durablement implantée” depuis l'époque coloniale, disait-il récemment à Paris où il a présenté son programme. “Le problème numéro un de la société algérienne est l'étouffement des libertés : de conscience, de croire ou de ne pas croire, de commerce…”.

Autre candidat : le romancier Yasmina Khadra qui, alors que personne ne l’attendait sur ce terrain, s’est déclaré partant pour la présidentielle lors de son récent passage au Forum de Liberté. Ancien n°2 du PRA, Soufiane Djilali, après une longue éclipse, est revenu ces dernières années au-devant de la scène grâce à un parti qu’il a créé, Jil Jadid, et aspire lui aussi à accéder à la magistrature suprême.

Depuis quelques mois, il multiplie les sorties sur le terrain et dans les médias, développant un discours résolument hostile à Bouteflika.

Il y a, enfin, l’ex-Chef de gouvernement Ahmed Benbitour, le premier à avoir annoncé son désir d’être de la course. Handicapé par l’absence d’une structure politique, Benbitour tente tant bien que mal de se présenter comme alternative.

Mais si ces candidats déclarés semblent plutôt en quête d’envergure, le silence des ex-candidats, comme Sadi, Hanoune, Hamrouche, Benflis est révélateur de l’absence de visibilité politique.

Ce qui signifie, en d’autres termes, que les règles d’une compétition saine ne sont pas encore réunies, aux yeux de nombre de postulants potentiels et les garanties données par les autorités ne chassent pas encore les doutes.

K. K.

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    • lem dit:

      Rectificatif : quand on confond l'essentiel et le "superflou"... Lem...

    • lem dit:

      Ça ne s'invente pas ! "Onapri" le ton qu'il faut pour dire qu'il faut du temps. Ah, l'époque de ...

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