Ecoles privées, Tamazight, enseignement du Français, syndicats...

Les vérités de Benbouzid

C’est aujourd’hui que près de 8 millions d’élèves rejoindront les bancs de l’école. Un événement annuel qui capte l’intérêt de l’ensemble de la société. Dans cet entretien, M.Boubekeur Benbouzid répond, franchement et sans faux-fuyants, aux préoccupations de tous les parents d’élèves.

L’Expression : Près de huit millions d’élèves s’apprêtent à rejoindre les établissements scolaires. Cette année encore, l’école évoluera au rythme des réformes: 56 nouveaux programmes pédagogiques, 44 nouveaux manuels. En votre qualité de premier responsable de l’Education nationale, comment appréhendez-vous cette rentrée? Et quelle situation dressez-vous du secteur ?
Boubekeur Benbouzid : Permettez-moi tout d’abord, de vous remercier pour l’accueil que vous m’offrez dans vos colonnes et qui me permet de donner à vos lecteurs des informations sur le secteur de l’éducation, secteur qui intéresse au plus haut point tous les foyers étant donné que c’est à lui qu’ils confient ce qu’ils ont de plus cher, à savoir leurs enfants pour leur éducation, leur préparation à la vie sous toutes ses facettes. Je profite de l’hospitalité des colonnes de votre quotidien pour saluer tous les parents d’élèves et pour les exhorter à continuer à montrer un vif intérêt à l’éducation de leurs enfants, car une éducation réussie constitue assurément la meilleure fondation pour une vie réussie. Je m’adresse aussi aux élèves pour leur souhaiter une bonne rentrée scolaire et, aussi, pour les exhorter à la constance dans le travail et l’effort, clés de la réussite.
Pour revenir à votre question, je voudrais vous dire, d’emblée, que mes collaborateurs et moi-même, à l’orée de la quatrième année de réforme, n’avons aucune appréhension quant au déroulement de la rentrée scolaire. A part les efforts supplémentaires et la vigilance constante que dicte le contexte de la réforme, c’est une rentrée ordinaire, normale, tout à fait comparable à celles qu’il nous a été donné d’observer de l’extérieur, ou de vivre de l’intérieur, au fil des ans.
Au plan des effectifs, nous accueillerons un peu moins de 7575.000 élèves, répartis en 4133.000 au primaire, 2435.000 au moyen et 1007.000 au secondaire. Comparés aux effectifs de l’année scolaire écoulée, ceux du primaire et du secondaire auront diminué respectivement de 63.000 élèves et de 168.000 élèves, ceux du moyen auront augmenté de 214.500 élèves. Globalement, l’effectif de 2006-2007 aura baissé de 17.000 élèves par rapport à celui de 2005-2006. La baisse des effectifs du primaire résulte de la décélération significative du taux de natalité, depuis le milieu des années 1990 jusqu’à l’année 2000.
Avec l’accélération du taux de natalité amorcée en 2000-2001, il est attendu une reprise de l’accroissement des effectifs de 1re année primaire, à compter de la présente rentrée scolaire qui enregistrera 622.500 nouveaux entrants contre 596.000 en 2005-2006. Mais cet accroissement ne pourra pas contrebalancer la tendance à la baisse des effectifs globaux du primaire, causée par la réduction de ce niveau d’enseignement à cinq ans.
La baisse des effectifs du secondaire de 2006-2007 à 2008-2009 sera due à la mise en place de la 4e année moyenne, ce qui retarde d’une année l’accès d’une cohorte à l’enseignement secondaire ; pour la présente rentrée, la 1re année secondaire n’accueillera que les redoublants de la 9e année fondamentale parvenue à extinction.
L’augmentation des effectifs du moyen se justifie par la réorganisation du 3e cycle de l’école fondamentale de 3 ans en un cycle d’enseignement moyen de 4 ans, précisément, à compter de la présente rentrée ; le pic sera atteint à l’occasion de la double sortie du primaire: admission simultanée en 1re année moyenne des élèves de 6e année fondamentale et de 5e année primaire à la rentrée de 2008-2009.
Ces effectifs seront accueillis dans 24.458 établissements scolaires (18.799 écoles, 4112 CEM, 1537 lycées) et encadrés par près de 340.000 enseignants (primaire: 172.000, moyen: 105.000, secondaire: 63.000).
La mise en oeuvre de la réforme continuera son petit bonhomme de chemin et concernera :
- la 4e année primaire avec l’implantation de 11 programmes et 8 manuels nouveaux ;
- la 4e année moyenne avec 14 programmes et 11 manuels ;
- la 2e année secondaire avec 29 programmes et 25 manuels. Les totaux correspondent à ceux que vous avez mentionnés dans la question. Le bilan de cette rentrée porte à plus de 80% le taux de mise en oeuvre de la réforme (10 niveaux sur 12).
A propos de la 2e année secondaire, je voudrais rappeler que c’est à partir de ce niveau que sont ouvertes les filières; elles sont au nombre de 6 :
1. lettres - philosophie.
2. langues étrangères.
3. sciences expérimentales.
4. sciences économiques.
5. mathématiques.
6. technique -mathématiques (avec 4 options : génie mécanique, génie électrique, génie civil, génie des procédés).
Vous remarquerez que les filières ne sont mises en place que sur les 2 dernières années du cursus, évitant ainsi la spécialisation précoce, conformément aux tendances mondiales; elles sont conçues sur la base d’un large spectre de culture générale censé doter les élèves d’un profil de sortie, leur offrant un vaste choix de filières universitaires dans les différents domaines d’études définis par le système LMD.
La généralisation de l’informatique et de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication en éducation (Tice) dans l’enseignement secondaire, qui s’est traduite par la dotation de la totalité des lycées et technicums en laboratoires d’informatique, constitue une dimension transversale importante dans la facilitation et l’autonomie des apprentissages ainsi qu’une voie d’accès de plain-pied dans la société du savoir.
Cette opération est appelée à couvrir la totalité des établissements d’enseignement moyen:
1000 CEM sont déjà équipés, 1000 autres le seront durant la présente année scolaire, les quelque 2000 restant le seront en 2007-2008. L’extension de l’opération au primaire est à l’étude.
La ressource humaine occupe une place importante dans les mesures de réforme. L’année scolaire qui s’annonce sera la deuxième année d’exécution d’un programme décennal de formation universitaire en cours d’emploi et à distance, au profit de 136.000 maîtres du primaire et de 78.000 professeurs d’enseignement moyen. Ce programme, mis en oeuvre avec l’appui des Ifpm, des ENS et de l’UFC, vise l’élévation du niveau de qualification des enseignants, en vue de son alignement sur celui des sortants de la formation initiale (bac+3 pour les MEF, bac+4 pour les PEM).
Aux 10.000 enseignants qui ont entamé leur formation en 2005-2006, viendront s’ajouter annuellement 50.000, à compter de la présente rentrée ; le programme arrivera à terme en 2015-2016.
En résumé, la réforme bat son plein, l’Etat ne lésine pas sur les moyens; les compétences nationales sont mobilisées, la coopération internationale est mise à contribution, les ressources matérielles et financières sont allouées, tous les intrants quantitatifs et qualitatifs sont là pour garantir l’amélioration de la qualité des prestations du service public d’éducation et du rendement de l’institution éducative.

Le président de la République a émis des réserves, le 9 avril, quant à l’application des réformes et aux résultats réalisés. Certains observateurs se sont précipités pour évoquer l’échec de ce projet. Quelle lecture faites-vous de cette appréciation ?
J’oppose un démenti catégorique à cette affirmation. Son Excellence Monsieur le président de la République, n’a jamais «émis des réserves quant à l’application des réformes et aux résultats réalisés». Il a parlé de la dépréciation du diplôme algérien en général ; son jugement se fonde certainement sur le hiatus qu’un esprit averti peut discerner entre un diplôme censé certifier un niveau de connaissance, de compétence ou de qualification, d’une part, et son impétrant, qui ne possède pas le niveau en question, surtout si on le compare à des titulaires de diplômes analogues sous d’autres cieux, d’autre part.
Toutefois, quoique nos élèves s’adaptent généralement bien dans les systèmes éducatifs étrangers et que nos bacheliers réussissent plutôt bien dans les universités étrangères, je n’exclus pas que, dans son jugement, Monsieur le Président ait pensé au BEF et au baccalauréat délivrés par notre système éducatif.
Quant aux «observateurs qui se sont précipités pour évoquer l’échec de ce projet», je vous dirais que nous sommes en démocratie, c’est leur droit, ils ont leur conscience pour leur propre évaluation de leurs propos. Je leur suggère cependant de «revisiter» le discours prononcé par Monsieur le Président de la République, à l’occasion de la rentrée scolaire de septembre 2005, de méditer quelque peu sur des analyses de résultats des examens scolaires sur 5, 10, 20 ou 40 ans.

Après avoir défendu l’enseignement de la langue française en 2e année primaire, votre administration s’est rétractée pour l’inscrire au programme de la 3e année. Peut-on en connaître les raisons? Votre département a-t-il subi des pressions ?
J’affirme solennellement que nous n’avons subi aucune pression. Toute décision que nous prenons se fait dans l’intérêt supérieur des élèves et de l’Algérie. Il est vrai que, dans notre politique de développement des langues étrangères, pour des raisons diverses (historiques, géographiques, stratégiques, psychopédagogiques,...), nous avons été favorables à l’introduction précoce du français, en 2e année primaire, estimant que la 1re année primaire devait suffire à asseoir correctement les mécanismes d’apprentissage de la langue arabe, et surtout nous fiant aux données scientifiques de la psycholinguistique rapportées par certaines publications selon lesquelles «le plus tôt on introduit l’étude d’une langue étrangère, le mieux elle est assimilée».
Il s’est trouvé que des difficultés d’apprentissage du français, avec une influence négative sur l’apprentissage de l’arabe, pouvaient être observées régulièrement auprès de nombreux élèves. Des rapports signalaient des problèmes de latéralité (sens de l’écriture), des mélanges de lettres de l’alphabet arabe et de l’alphabet latin, l’utilisation de signes vocaliques arabes sur des consonnes latines, des formes diverses de dyslexies et de dysorthographies. Il est vrai que les rapports faisaient état de moins de problèmes à l’oral. Il est également vrai que les difficultés que j’ai mentionnées n’étaient pas observées sur la totalité des élèves, ni dans la totalité des classes ou des écoles.
Au regard de ce constat, doublé d’une couverture insuffisante en enseignants de français, nous avons organisé une journée d’étude regroupant des maîtres et des inspecteurs du primaire, des PEM, des PES, des inspecteurs du moyen et du secondaire, des directeurs d’école, des spécialistes en linguistique, en psychologie et en sciences de l’éducation, pour examiner la situation, confronter les expériences et formuler des recommandations. Une forte majorité des participants ont proposé de différer l’introduction du français à la 3e année primaire - ce que l’administration du ministère a confirmée par circulaire.
Je pose, à mon tour, les deux questionssuivantes :
- de quel intérêt vital cette mesure prive-t-elle l’élève algérien?
- de quel intérêt stratégique cette mesure prive-t-elle l’Algérie?

L’école algérienne a-t-elle les moyens de sa politique en matière d’encadrement et de ressources financières ?
La réponse est, bien entendu, «oui». Concernant l’encadrement, je vous ai donné l’effectif des enseignants dans ma réponse à votre première question: 340.000. Il faudrait y ajouter l’effectif des personnels administratif, technique et de service, qui s’élève à 165.000; je vous ai également parlé de l’important programme décennal de formation universitaire en cours d’emploi et à distance, au profit de 214.000 enseignants du primaire et du moyen. Le secteur de l’Education nationale dispose de 8 instituts de formation et de perfectionnement des maîtres et d’un Institut national de formation des personnels de l’éducation, qui est chargé essentiellement de la formation spécialisée, du perfectionnement et du recyclage des cadres (inspecteurs, chefs d’établissement, personnel d’intendance).
La formation des PEF et des PES est assurée par quatre écoles normales supérieures, sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Les recrutements d’appoint sont effectués, par voie de concours, parmi les sortants des établissements d’enseignement supérieur.
Les nouveaux besoins en postes budgétaires induits par le développement du secteur font l’objet de l’octroi, par l’Etat, d’une dotation correspondante.
Concernant les ressources financières, est-il utile de rappeler que le budget de fonctionnement du ministère de l’Education nationale représente près de 20% du budget de l’Etat et est classé 2e. A titre indicatif, pour l’exercice 2006, il s’élève à 222 milliards de DA.
Le budget d’équipement de l’exercice 2006 se chiffre à 90 milliards de DA et est parmi les plus gros de l’Etat.
Le volume annuel de ses réalisations et de ses marchés d’acquisition d’équipements est l’indice le plus éloquent de son importance; les infrastructures, dont la réception est prévue pour cette année en donnent une idée:
- 2549 salles de classe ;
- 165 CEM, dont 16 avec demi-pension et 4 avec internat ;
- 64 lycées dont 21 avec demi-pension et 19 avec internat ;
- 233 cantines scolaires ;
- 4 internats primaires ;
- 157 demi-pensions et 35 internats.
La dotation de 1000 CEM en labos d’informatique en 2006 et la prévision de dotation de 2000 CEM en 2007 en donnent aussi une idée.
Que dire de la programmation de réalisation de 1000 CEM et de 450 lycées d’ici 2009 ?

La déperdition scolaire constitue la tache noire du système éducatif algérien. Que fait le ministère pour résorber ce phénomène qui compromet sérieusement l’avenir de milliers d’enfants ?
Je ne voudrais pas minimiser la gravité du phénomène de la déperdition scolaire, mais je crois utile de faire une mise au point sur ce que recouvre le concept de «déperdition scolaire».
On a tendance, au niveau de la presse et de l’opinion publique en général, à comptabiliser tout élève qui quitte l’école sans avoir obtenu, le baccalauréat parmi les déperditions scolaires. Cette vision des choses ne correspond pas aux limites de la définition universellement admise. La déperdition scolaire est définie par rapport à l’âge de la scolarité obligatoire.
Ainsi, la déperdition scolaire peut être définie comme étant l’abandon des études au cours de la scolarité obligatoire et/ou avant d’avoir atteint la limite supérieure de l’âge de scolarité obligatoire.
Par conséquent :
- un élève scolarisé au primaire ou au moyen, orienté après l’âge de 16 ans vers l’apprentissage ou la formation professionnelle, ne fait pas partie des déperditions scolaires ;
- un élève qui quitte une classe de l’enseignement secondaire après avoir atteint l’âge de 16 ans révolus, ne fait pas partie des déperditions scolaires ;
- un ajourné au baccalauréat ayant dépassé l’âge de 16 ans, non autorisé à redoubler, ne fait pas partie des déperditions scolaires.
La déperdition scolaire préoccupe les responsables de l’administration scolaire au plus haut point. Parmi les mesures mises en oeuvre pour endiguer le phénomène, on peut citer :
- le dispositif d’évaluation, qui intègre l’évaluation formative ;
- la pédagogie de soutien et de remédiation ;
- l’information et le conseil en matière d’orientation scolaire et professionnelle ;
- le soutien à la scolarisation et la lutte contre la déscolarisation (cantines scolaires, transport scolaire, gratuité des fournitures scolaires et des manuels pour les élèves issus de milieux défavorisés).
Il est vrai que beaucoup reste à faire, notamment au plan psychologique, pour changer les attitudes vis-à-vis de l’école, faire prendre conscience de l’importance de l’éducation, développer la motivation pour les études.

Depuis l’Indépendance, l’Algérie mène un véritable combat contre l’analphabétisme. Mais le chemin semble encore long. Des centaines d’enfants sont privés de leur droit à la scolarisation dans les villages.
Ce que vous dites est vrai, sauf que le phénomène d’analphabétisme concerne essentiellement les adultes, plus particulièrement les ruraux (2/3) par rapport aux urbains (1/3) et les femmes (2/3) par rapport aux hommes (1/3).
L’importance de ce fléau est étroitement liée aux taux de scolarisation : les faibles taux de scolarisation des enfants donnent lieu, à terme, à de forts taux d’analphabétisme des adultes; les taux de scolarisation et les taux d’analphabétisme sont aussi inégalement répartis sur le territoire.
Les déperditions scolaires contribuent à augmenter l’ampleur de l’analphabétisme ; en effet, les élèves qui quittent l’école prématurément -avant d’avoir complété la 5e année primaire, selon l’Unesco-retombent dans l’analphabétisme dit de retour.
L’évolution des pourcentages de l’analphabétisme en Algérie, par rapport à la population concernée à l’année donnée, indique que de gros efforts ont été fournis:
- 1962: 85%
- 1966: 74%.
- 1987: 43%.
- 1998: 31%.
- 2002: 26%.
Les résolutions et autres déclarations au niveau mondial, n’ont pas suffi pour, sinon résorber, du moins atténuer l’ampleur du fléau. Le dernier engagement en date de la communauté internationale-auquel l’Algérie a souscrit -fut pris dans le cadre de la décennie des Nations unies sur l’Alphabétisation; il vise à faire baisser de moitié le nombre d’analphabètes d’ici 2015.
A cet effet, le ministère de l’Education nationale a préparé une stratégie nationale d’alphabétisation, proposant un dispositif organisationnel, une méthode d’intervention et un échéancier de réalisation et fournissant une estimation financière de l’ensemble de l’opération.
Cet important document fera l’objet, prochainement, d’un examen par le Conseil du Gouvernement.

Une polémique a surgi autour des écoles privées en Algérie. Une liste de 122 établissements agréés a été arrêtée par le ministère. Quel sera le sort des centaines d’élèves qui ont vu leur école fermer? Quel genre de contrôle comptez-vous exercer sur ces établissements ?
Sur ce point également, une mise au point s’impose. L’agrément des établissements privés d’éducation et d’enseignement est régi par des dispositions législatives et réglementaires; les conditions y sont stipulées sans ambiguïté, et explicitées davantage dans un cahier des charges.
Le dispositif d’agrément est complété par la nomination de commissions ad-hoc au niveau des wilayas et au niveau de l’administration centrale; elles ont pour mission d’étudier les dossiers fournis par les personnes physiques ou morales intéressées. Les dossiers répondant aux conditions réglementaires donnent lieu à la délivrance d’une décision de création notifiée au demandeur. Pour le moment, effectivement, 122 établissements au total ont été agréés. Il est vrai que l’agrément a été refusé à certains, exclusivement pour non-satisfaction aux conditions fixées ; lorsqu’il s’est agi d’établissements ayant fonctionné antérieurement à l’institutionnalisation des établissements privés, le refus d’agrément a donné lieu à la fermeture pure et simple. La question de savoir «quel sort est réservé aux élèves qui ont vu leur école fermer» n’est pas opportune, car si leurs parents ont pris le risque de les inscrire dans ces écoles non agréées, il leur est loisible de les réinscrire sans risque dans des écoles privées agréées ou dans des établissements publics, pour peu qu’ils présentent des conditions régulières d’inscription. Concernant le contrôle relevant de la compétence de mon département ministériel, il revêt un caractère pédagogique: application des programmes officiels, utilisation de l’arabe comme langue d’enseignement, organisation des études, nature des activités optionnelles et volume horaire qui leur est alloué dans l’emploi du temps, niveau de qualification des membres de l’encadrement pédagogique, etc.
Il reste entendu que d’autres structures étatiques sont compétentes pour effectuer des contrôles, notamment, de nature administrative, sanitaire et fiscale.

A la veille de chaque rentrée, le spectre des grèves hante le secteur: pouvez-vous, déjà, rassurer les élèves et leurs parents quant au bon déroulement de cette année scolaire ?
Normalement, la rentrée sociale se présente sous de bons auspices, notamment pour les travailleurs relevant de la Fonction publique. En effet:
- les augmentations de salaire intervenues, avec effet du 1er juillet 2006, auront contribué à détendre les travailleurs stressés par la trop longue attente pour voir leur pouvoir d’achat s’améliorer quelque peu ;
- la récente promulgation de l’ordonnance portant statut général de la Fonction publique aura maintenu intact l’espoir de se voir doté d’un statut particulier plus favorable, avec une grille de rémunération plus généreuse ;
- la revalorisation des indemnités, relatives à la participation aux examens, cadre avec plus d’à-propos avec la nature des tâches accomplies ; par exemple, pour un PES, la correction d’une copie est indemnisée à 35 DA contre 22 DA antérieurement et la prime journalière forfaitaire est passée de 300 à 500 DA par jour.
Par ailleurs, nous espérons que le climat industrieux, déclenché par les apports novateurs de la réforme, qui prévaut dans les établissements scolaires, d’une part, et le sentiment de satisfaction qu’inspirent les taux de réussite aux examens scolaires de juin dernier, d’autre part, introduiront une touche de convivialité favorable à la stimulation de la conscience professionnelle et de l’ardeur au travail.

Le ministère de l’Education nationale ne s’oppose pas à la reconnaissance officielle des syndicats autonomes. Ce n’est point l’avis du ministère du Travail, ce qui risque de porter un sérieux préjudice au dialogue social. Comment comptez-vous faire face à cette situation ?
Ni le ministre ni le ministère ne s’opposent à la reconnaissance officielle de syndicats autonomes. Le droit syndical est reconnu à tous les citoyens par la Constitution ; il en est de même du droit de grève ; les conditions d’exercice de ces droits sont fixées par la loi. Ce balisage juridique devrait, en principe, prévenir les différends et les situations conflictuelles entre l’employeur et le personnel—qui sont, avant tout, des partenaires! Ce balisage juridique devrait aussi privilégier le dialogue comme moyen de dissiper les différends et de régler les conflits.
C’est, à mon sens, à la lumière de l’arsenal juridique qui encadre le droit syndical et les conditions d’exercice de ce droit que le ministère du Travail examine les dossiers de demande d’agrément de syndicats et rend sa décision d’acceptation ou de refus. De plus, il dispose de l’Inspection générale du travail qui, à travers ses démembrements au niveau des wilayas, se révèle être un puissant outil de conciliation et de règlement des conflits. Pour ma part, je réaffirme haut et fort que les portes du ministère ont été, sont et seront toujours ouvertes aux syndicats et aux représentants des travailleurs pour discuter et rechercher ensemble, dans le cadre des lois et règlements du pays, et dans le respect des prérogatives des uns et des autres, les voies et moyens de parvenir, ensemble, chaque fois que de besoin, à trouver des solutions durables ou des «modus vivendi» tendant à préserver les intérêts des élèves qui nous sont confiés par les familles, les intérêts socioprofessionnels des travailleurs et les intérêts vitaux et stratégiques de l’Etat.
Merci pour votre hospitalité.
Longue vie à votre quotidien.

Achira Mammeri

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