Conférence de presse de Noureddine Zerhouni

«Le taux de participation n’est pas une surprise»

« Abdelaziz Bouteflika a obtenu 12.911.707 voix, soit 90,24% des 15.351.30 suffrages exprimés, sous réserve de leur confirmation par le Conseil Constitutionnel», déclare Noureddine Zerhouni, lors de la conférence de presse qu’il a animée hier à l’Hôtel Aurassi.

Ce « plébiscite » des Algériens du candidat indépendant pour un 3e mandat « blindé » d’un taux de participation record (74, 54%), le ministre de l’Intérieur l’explique longuement.

Outre l’exercice du droit de vote « malgré quelques incidents et tentatives avortées pour le perturber » en « toute liberté », dit-il, prenant à témoins les 80.214 représentants des six candidats dans les 46.822 bureaux, les hommes et les femmes de la presse, dont 500 étrangers, les observateurs de l’Union africaine, l’Organisation de la conférence islamique, la Ligue arabe qui étaient dans la salle, il y a, selon M. Zerhouni, quelques pistes pour comprendre ces « taux » qui ont surpris certains.

Comme la volonté d’un peuple de « dépasser toutes les contingences pour exercer son droit et faire son devoir pour élire celui ou celle qu’il juge digne de le représenter au mieux et de le guider et de défendre ses intérêts », la prise de conscience accrue des citoyens sur les enjeux de ce scrutin, leur désir de « construire ensemble l’Algérie démocratique », le comportement empreint de correction des candidats durant la campagne électorale, le travail de sensibilisation mené en profondeur vers près de 2 millions de personnes, le rodage du cadre législatif et réglementaire du système électoral et du dispositif de garantie de transparence des opérations électorales, le sens élevé…

Décodé, le taux réalisé le 9 avril, y compris en Kabylie n’est une surprise qu’en apparence, affirme Zerhouni. « Nous ne sommes plus en 1962 », dit-il avant d’énumérer les pas de géant accomplis par le pays depuis et… la victoire du bons sens et du réalisme.

Pas seulement dans les wilayas de Bouira, Bejaia et Tizi-Ouzou mais dans le reste du pays. « Les citoyens qu’on avait coutume de manipuler ont réalisé où se situent leurs intérêts », dit-il en prenant une seconde à fois à témoins les journalistes qui ont couvert les meetings des candidats ou pas moins de deux millions de personnes ont participé — 1,2 million de personnes à ceux de la présidentielle de 2004 — et les révisions du corps électoral.

« On a noté un fait inédit dans les APC. Quelque 184 000 citoyens se sont présentés spontanément pour demander le réajustement de leur statut électoral, un chiffre qui est de loin supérieur à celui de 2004 », précise t-il suggérant à l’assistance et à la classe politique de suivre ce « changement de l’Algérie profonde » qui ne ressemble en rien à celle de 1962 avec une seule université de 5000 places pédagogiques et un taux d’analphabétisme de 93% et celle de 2009 qui voit chaque année 400.000 nouveaux diplômés sortir de ses 42 universités.

« Il ne faut pas sortir de sciences politiques pour savoir pourquoi les Algériens ont voté pour M. Bouteflika qui a pris en charge leurs problèmes », conclut-il.

DÉPÔT DE PLAINTE CONTRE LE RCD

Aux candidats comme Mohamed Saïd ou Moussa Touati, qui ont fait état dès jeudi soir de « cas de fraude » et dénoncé un taux de participation « gonflé », Zerhouni fait deux suggestions : présenter leurs « allégations » aux observateurs qui se sont félicités de l’organisation « irréprochable » et du « climat serein » qui a marqué le scrutin ou de présenter ce qu’ils ont comme preuves au Conseil constitutionnel.

Ce conseil fait, le ministre de l’Intérieur lance avec un sourire que ces « votes incriminés » par les uns et les autres représentaient epsilon dans le taux annoncé. Sur sa lancée, le ministre de l’Intérieur annonce que ses services ont décidé de poursuivre en justice ceux qui ont tenté de troubler le scrutin à Bouira.

« Les auteurs de ces actes sont identifiés », dit-il avant d’annoncer un dépôt de plainte contre le RCD qui a hissé un drapeau noir à la place de l’emblème national.

« Il y a une loi de 1994 qui fixe les règles et impose aux organisations politiques et institutions nationales d’intérêt national de lever le drapeau sur le siège », rappelle-t-il avant de faire une mise au point aux partisans du boycott. « Nous n’avons pas empêché les partisans du boycott de faire leur campagne », dit-il.

« Ils n’ont pas émis de demandes hormis pour trois salles à Mascara, Sidi bel Abbès, Tizi-Ouzou qui étaient déjà réservées ». Après ses mises au net aux partisans du boycott, Zerhouni a tenu a préciser à ceux qui comme le président du RCD, ont estimé les dépenses du candidat Abdelaziz Bouteflika à plus de 800 milliards de centimes que le scrutin présidentiel du 9 avril, n’a pas coûté plus que les précédents, soit entre 5 et 6 milliards de dinars.

Les groupes terroristes qui ont essayé de perturber le scrutin — six tentatives d’attentat qui ont causé la mort d’un djoundi — ont démontré leur fin, suggère Zerhouni, promettant aux Algériens un retour imminent de la sécurité.

Djamel Boukrine.

Le scrutin par les chiffres

Abdelaziz Bouteflika : 12.911705 de voix, soit 90,24% des suffrages exprimés
Louisa Hanoune : 604 258 de voix, soit 4,22 %
Moussa Touati : 330 570 de voix soit 2,31 %
Djahid Younsi : 176 674 voix soit 1,37 %
Ali Fawzi Rebaïne : 133 129 voix soit 0,93 %
Mohamed Saïd
: 132 242 voix soit 0,92 %

Nombre d’inscrits : 20.595.683
Nombre de votants : 15.351.305
Bulletins nuls : 1.042.727
Suffrages exprimés : 14. 378.578
Taux de participation : 74, 54 %

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    • mel dit:

      Le problème, ce n'est pas Israël. C'est le soutien des ennemis des musulmans par certains Arabes, et le soutien des en...

    • mel dit:

      Les syndicats exagèrent dans leurs revendications. La ministre ne peut régler tout au plus que... cinq, dix cas. Mel...

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