27 000 grands électeurs appelés à choisir 48 sénateurs

La nuit du doute

Près de 27 000 élus locaux étaient appelés hier à se rendre aux urnes en vue de choisir 48 sénateurs, dans le cadre du renouvellement partiel des membres de la Chambre haute du Parlement. Au regard de l'ampleur des enjeux, et du nombre très réduit des sièges à pourvoir, des tractations de coulisses, très serrées, se sont déroulées durant tout le mois qui a suivi les élections locales du 29 novembre passé. P3

Près de 27 000 élus locaux étaient appelés, hier, à se rendre aux urnes en vue de choisir 48 sénateurs, dans le cadre du renouvellement partiel des membres de la Chambre haute du Parlement.

Au regard de l'ampleur des enjeux, et du nombre très réduit des sièges à pourvoir, des tractations de coulisses, très serrées, se sont déroulées durant tout le mois qui a suivi les élections locales du 29 novembre passé.

Hier, jusqu'à l'heure où nous mettions sous presse, plusieurs wilayas votaient encore, au regard du nombre important de grands électeurs, cela en dépit du fait que la date de fermeture des bureaux de vote a été fixée à 17 heures. Inutile de dire qu'à l'exception d'une poignée de wilayas, où les jeux étaient faits à l'avance, le suspense a régné en maître, tout le long du déroulement de ce scrutin.

De fait, le FLN et le RND ont beau être partis favoris dans presque toutes les autres wilayas, avec respectivement 7 191 et 5 988 élus locaux, loin devant l'ensemble des autres partis politiques, les jeux de coulisses, les tractations secrètes, les retournements de vestes de dernières minutes, et même les luttes intestines, secouant ces deux formations, ont laissé planer le doute durant une partie de la nuit, en attendant la fin des dépouillements et la proclamation des résultats.

À simple titre d'exemple, le FLN est parti largement handicapé au niveau de plusieurs circonscriptions électorales, où deux ou plusieurs candidats, issus de ses rangs, se sont présentés, contre l'avis de sa direction, ce qui a forcément eu pour effet de disperser ses voix, de démobiliser les électeurs et de favoriser l'émergence de partis concurrents.

Ces derniers, au nombre de plusieurs, ont, eux aussi, espéré jusqu'au bout entrer, enfin, dans le saint des saints, consentant même à accorder leurs voix à l'un des frères ennemis que sont le FLN et le RND en contrepartie de leur soutien dans une autre circonscription.

Le MPA, le FFS, le FNA, les Indépendants, le PT, le MSP, le Front el- Moustakbel, le parti Fadjr el- Djadid et le RND, avec respectivement 1 493, 954, 920, 863, 826, 717, 678, 552 et 526 étaient, notamment, dans ce cas de figure. Beaucoup d'entre eux, au reste, ont été amenés à contracter, ou à accepter, des alliances contre nature, quand ce n'est pas l'argent qui a prévalu en maître-mot, dans l'espoir de décrocher ne serait-ce qu'un siège de sénateur.

Des candidats, prêts à se retourner contre leurs propres formations politiques (le cas est légion au FLN, où l'on assiste à deux ou trois candidatures, ce qui contribue à éparpiller les voix de ce parti, et à réduire sensiblement ses chances), il en existe à profusion, et dans presque toutes les wilayas du pays.

Ce qui rend encore plus difficiles les pronostics tient du fait que les jeux d'alliances, cette foisci, ne sont pas identiques à ce qui s'était produit entre les «grands élus» quand il s'était agi de choisir des P/APC et des P/APW, et où les tractations reposaient avant tout sur l'octroi de postes de viceprésident, ou même de divers avantages matériels.

Ici, il est certain que les heureux élus, devenant du coup des sénateurs, puissants, choyés, riches et adulés (à l'occasion acidulés aussi) ne remettront que rarement les pieds dans leurs patelins d'origine, et vont très certainement snober leurs anciens pairs.

Inutile de dire, par ailleurs, que l'enjeu pour le FLN et le RND dépasse de loin le simple nombre de sièges à arracher coûte que coûte. Il y va carrément de l'avenir politique de leurs patrons respectifs, Abdelaziz Belkhadem et Ahmed Ouyahia en l'occurrence, qui font tous deux face à une fronde sans précédent.

Ces deux hommes, qui ne font pas véritablement secret de leurs ambitions de succéder un jour au président Bouteflika, jouent carrément leur avenir politique sur ce «coup», puisqu’une échéance capitale les attend, tous les deux, dans le courant du mois de janvier prochain. Belkhadem aura à ramener le maximum de sénateurs possible en prévision de la tenue de la session du comité central du FLN.

Ouyahia devra en faire autant pour rencontrer le conseil national de son parti. C'est dire qu'une lutte à mort, quoique à fleurets mouchetés, est engagée entre les deux hommes.

Wassim Ben

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    • lem dit:

      Attention, il ne faut pas céder à la psychose ! Pour cela, il faut avoir... les sens super ! Lem...

    • lem dit:

      55 000 ? Ça va être reçu 5 sur 5 par les pouvoirs publics. Mais comme ils ne retiendront que les trois 000 restants&hell...

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