Maroc

La culture de cannabis et de kif en cours de légalisation

Le vieux parti nationaliste Istiqlal (opposition), qui a gouverné longtemps au Maroc avant l’arrivée au pouvoir des islamistes (PJD) en 2011, a déposé, mardi, un curieux projet de loi portant sur la légalisation de la culture et la commercialisation du cannabis ou du kif.

La proposition suggère la création de coopératives de cannabis et une agence nationale comme unique institution compétente pour la supervision de la culture de cette drogue, sa production et sa commercialisation, et prévoit de sanctionner toute activité illicite dans ce secteur qui ne soit pas destinée à des fins… thérapeutiques ou industrielles.

Le royaume alaouite est le premier producteur et exportateur de drogue douce au monde, principalement vers le continent européen, qui rapporte des dizaines de milliards d’euros annuellement aux trafiquants qui se recrutent, souvent, dans l’entourage de la famille royale et fait vivre des populations entières des régions du nord du pays.

Selon le porte-parole du groupe parlementaire de l’Istiqlal au Parlement national, Nourredine Mediène, «l’objectif de cette loi est d’intégrer le cannabis dans la culture agricole afin de promouvoir le développement local et régional».

Pour les parrains du projet, cette initiative qui n’est pas inédite «s’inspire de la récente expérience» en la matière en Uruguay qui est qualifiée de «concluante» à Rabat. Le mois de mai dernier, un projet similaire avait été préparé par un groupe d’associations civiles marocaines.

A l’appui de ses arguments, le député de l’Istiqlal a tenu à rappeler que la culture du kif était tolérée durant la période coloniale des années 50. Le défunt roi Mohammed V avait criminalisé sa culture lorsque le pays avait accédé à son indépendance en 1965.

Entre-temps, surtout sous le règne du défunt Hassan II, la culture du hachich s’est généralisée pour être écoulée vers l’Europe.

Au début des années 2000, l’Union européenne avait élaboré un rapport faisant ressortir les liens de la famille royale marocaine avec le secteur du haschich.

C’est la raison pour laquelle aucune enquête sérieuse n’a jamais été menée contre les maffias du narcotrafic dont les activités ont été sérieusement compromises depuis la fermeture de la frontière est avec l’Algérie, en 1994, ouverture sur laquelle insistent les autorités marocaines.

H. A.

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