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Annoncé depuis longtemps et prévu pour demain, Le vol Alger-Pekin compromis

Annoncé depuis longtemps et prévu pour demain Le vol Alger-Pekin compromis

Pour ce vol inaugural, les choses ont été faites à la hâte, mais en somme, ce ne sera pas la première fois que les horaires de travail ne sont pas respectés.

21 Février 2009,   Le Midi Libre
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Les pilotes de la compagnie nationale Air Algérie devraient tenir, aujourd’hui, un rassemblement au niveau de la salle des opérations de l’aéroport international Houari-Boumediene pour dénoncer les conditions dans lesquelles se déroulera le vol inaugural Alger-Pékin prévu pour demain.

Selon une source syndicale, ce mouvement de colère a été initié par les pilotes des deux syndicats, ceux des Syndicats des pilotes de ligne algériens (SPLA), le syndicat affilié à l’UGTA et ce, pour marquer leur désapprobation quant au non-respect des amplitudes -horaires de travail- et donc non -respect des conditions de récupération du personnel naviguant, pilotes et PNC

« Les conditions permettant d’assurer la sécurité minimum exigée lors de ce vol, qui est en fait un long courrier, ne sont malheureusement pas toutes réunies», explique un pilote.

En effet, pour ce vol inaugural, précise notre interlocuteur, « les choses ont été faites à la hâte, mais en somme, ce ne sera pas la première fois que les horaires de travail ne sont pas respectés. Cela fait des années que l’on se bat pour le respect de la réglementation régissant le secteur et particulièrement le décret 02/89 relatif à l’amplitude.

Un décret que l’on a tendance à bafouer en recourrant systématiquement aux dérogations ». Pour rappel, cette loi fixe à 10 heures, au maximum, les horaires de travail du personnel de bord or, «ce vol sur la Chine pourrait durer entre 14 heures et 16 heures, sans escale aucune. Un défi que l’on peut relever mais à quel prix ? Certainement au prix de la sécurité à bord ».

D’autant plus, poursuit notre source, que «la compagnie ne s’est pas prise à temps dans les préparatifs de ce vol et n’a, par conséquent, pas réussi à décrocher les autorisation nécessaires de survoler certain pays, contrainte ainsi d’effectuer un itinéraire plus long». A titre d’exemple, «faute d’avoir eu l’autorisation de passer par la Russie, Air Algérie a opté pour traverser plusieurs pays de l’ex- URSS».

En plus du fait d’augmenter la durée du vol, le survol durant l’itinéraire de toute une chaîne montagneuse induira inéluctablement le recours à un apport supplémentaire en oxygène pour les passagers.

Toutefois, «l’outil dont dispose actuellement la compagnie en général, et en particulier l’Airbus affecté à ce vol, n’est pas équipé d’un tel système, mettant ainsi en péril la vie des voyageurs».

Une information que confirme un cadre de la direction de l’aviation du ministère des Transports qui précise que pour ce vol, une dérogation est nécessaire. Document qui, au moment où nous mettons sous presse, n’a toujours pas été délivré.

Cette même source précise que Amar Tou a tenté jeudi de comprendre les motivations des pilotes qui, par divers canaux, ont fait part de leurs inquiétudes.

« Inquiétudes réduites à de simples revendications salariales ». Toujours selon cette même source, «le ministre s’est abstenu d’apposer sa paraphe avant que les choses ne soient tirées au clair». Surtout que le directeur de l’Aviation civile est aussi, depuis quelques jours, membre du Conseil d’administration d’Air Algérie.

« On ne peut être juge et partie » soutient un syndicaliste qui souhaite le report de ce vol jusqu’à ce que toutes les conditions de son bon déroulement soient réunies.

Pour mieux appuyer ses dires, il précise que sur les 250 places que compte l’Airbus qui doit assurer la liaison Alger-Pekin, seules 80 ont été vendues, même si le tarif promotionnel est de 60.000 DA.

Sihem Henine