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Beaucoup de marques étrangères soutiennent l’effort de guerre d’Israël, Oran brandira-t-elle l’arme du boycott ?

Beaucoup de marques étrangères soutiennent l’effort de guerre d’Israël Oran brandira-t-elle l’arme du boycott ?

Les images insoutenables des enfants ghazaouis assassinés par Tsahal ont fait le tour du monde. La douleur de ce père qui exhibe les corps sans vie de ses enfants à la caméra, a fait pleurer dans les chaumières mais le sentiment d’impuissance était le plus fort.

08 Janvier 2009,   L'Echo d'Oran
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Les manifestations interdites et les slogans de bonne volonté sonnent comme creux devant un massacre qui enregistre son treizième jour.

Que peut-on faire à part maudire l’Etat sioniste et le reste des Arabes, coupables de lâcheté tout aussi assassine que les bombes israéliennes ? Une des solutions qui revient, à chaque pareille occasion, est l’arme du boycott.

Déjà suggérée lors de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, elle s’impose d’elle-même en absence de toute autre solution. Portée un premier temps, à bras le corps par un discours religieux de circonstance, elle est de plus en plus adoptée par des citoyens sur une échelle individuelle ou en concertation. Djamel, 44 ans, fonctionnaire, estime quant à lui que le vrai problème n’est pas là.

« Je pense que les populations arabes et musulmanes doivent réagir et forcer leurs gouvernements respectifs à prendre une position. Quelle qu’elle soit mais une position «, expliquera-t-il. Quant à l’arme du boycott, il dira préférer que le monde arabo-musulman boycotte les produits américains.

« Il faut faire pression sur les Etats-Unis d’autant plus qu’avec Obama, il pourrait y avoir des cartes à jouer «, ajoutera-t-il. « Les Israéliens n’ont rien et si depuis les temps bibliques, ils ne faisaient que se plaindre à Dieu, il en est encore le cas de nos temps et c’est Washington qui est devenu leur dieu».

Abdelkader, la cinquantaine bien entamée, est plus nuancé. « Naturellement, on devrait tout tenter pour faire fléchir Israël et le boycott est une manière comme une autre pour le faire «, dira-t-il.

Beaucoup sont comme Djamel, prêts à faire le sacrifice du ventre pour peu que leur combat ait une signification mais d’autres sont plus circonspects. « Oui, je peux me passer des produits qui soutiennent Israël mais je ne sais pas vraiment », hésitera Dalila, la vingtaine, standardiste dans une boîte privée.

Quant aux marques « prescrites », le premier effort mnémonique montre du doigt Coca-cola, la boisson gazeuse qui soutient Israël depuis 1966. Un réflexe du consommateur algérien en particulier et arabo-musulman en général qui a été mis à profit commercialement avec le lancement de la fameuse Mecca-cola en pleine guerre du Golfe.

Cependant, la panoplie des produits qui soutiennent l’effort de guerre de l’Etat hébreu est plus exhaustive et comprend, outre Coca et les marques du groupe à l’image de Fanta ou Sprite, le groupe Danone avec ses marques les plus connues Blédina, Volvic, Evian, Lu. Rappelons que le groupe a investi dans le Golan, territoire syrien occupé depuis 1967 par Israël.

Les tenants du boycott ciblent également Nestlé et ses marques Crunch, Maggi, Nescafé, Perrier, la société suisse possède 50,1% des capitaux de la chaîne alimentaire israélienne Osem. Le groupe Intel est également cité sur la liste des produits à boycotter.

L’entreprise produit la plus grande partie des puces électroniques Pentium 4 utilisées par les ordinateurs PC dans son usine de Kyriat Gat, installée sur le site de Iraq Al-Manshiya, un village palestinien rasé après son évacuation en 1949 par les soldats égyptiens. 2 000 habitants furent chassés de leur terre, malgré un engagement écrit, supervisé par les Nations unies, des Israéliens à ne pas toucher à la population.

Une campagne de leurs descendants aux USA, en 2003, a amené Intel à suspendre un projet d’investissements de 2 milliards de dollars pour une extension de l’usine Fab 18 de Kyriat Gat. L’Oréal et ses marques, Biotherm, Cacharel, Giorgio Armani Parfums, Lancôme, Vichy, La Roche-Posay, Jean-Louis David Shampooings, Ushuaïa, entre autres.

L’Oréal a ainsi investi des millions en créant une unité de production à Migdal Haemeck, à tel point que le Congrès juif américain a exprimé sa satisfaction de voir l’Oréal « devenir un ami chaleureux de l’Etat d’Israël ».

Delta Galil, une entreprise israélienne spécialisée dans la sous-traitance de produits textiles, notamment dans celui des sous-vêtements. De nombreux sous-vêtements de marques étrangères proviennent ainsi directement des usines de Delta Galil. C’est le cas pour Marks & Spencers, Carrefour (Tex), Auchan, Gap, Hugo Boss, Playtex, Calvin Klein...

Levi Strauss Jeans et Celio (magasins spécialisés dans les vêtements pour hommes). Ces entreprises fort bien implantées en France, financent les nouvelles colonies en Palestine mais également les écoles des religieux extrémistes dans le monde. Est également montrée du doigt, l’entreprise Disney qui contribue par son soutien à Israël à semer la mort en Palestine.

Elle a approuvé ainsi tacitement l’occupation illégale de Jérusalem-Est en faisant de Jérusalem, lors d’une exposition au Centre Epcot en Floride, la capitale d’Israël, cela en violation des résolutions internationales de l’ONU.

Le géant finlandais de la téléphonie Nokia commerce activement avec l’Etat d’Israël. Dans une interview au Jérusalem Post, le manager du groupe déclarait qu’Israël faisait partie des priorités de l’entreprise.

Un centre de recherche Nokia a ainsi vu le jour en Israël. Mc Donald’s, l’emblème de l’impérialisme culturel US, est l’un des porte-drapeaux les plus cités, en compagnie de Coca-cola, des enseignes qui soutiennent Israël.

La célèbre chaîne de restaurants fast-foods apporte un soutien non négligeable à l’Etat israélien. Mc Donald’s dispose de 80 restaurants en Israël et y emploie près de 3 000 personnes. Elle y interdit à son personnel de parler arabe. Aux USA, l’entreprise figure parmi les heureux partenaires de l’organisation sioniste « Jewish Community » basée à Chicago.

Cette organisation travaille en effet pour le maintien de l’aide militaire, économique et diplomatique apportée par les USA à Israël. Les cigarettes Morris, des chaînes hôtelières présentes en Israël sont, elles aussi, la cible des campagnes de boycott initiées par les défenseurs de cette option.

Les avis divergent mais, pour les Oranais mus par un sentiment d’injustice et d’impuissance face à ce qui se passe à Ghaza, la moindre initiative même à titre personnel est la bienvenue.

Ayoub El Mehdi