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Téléphonie mobile, Bouteflika met de l’ordre

Téléphonie mobile Bouteflika met de l’ordre

Après le rappel à l'ordre musclé du nouveau ministre en charge du secteur, c'est carrément au tour du chef de l'Etat de rappeler qu'il n'y aura pas de place pour ceux qui transgressent les lois de la République, chose que l'opérateur Djezzy continue de faire depuis au moins une année.

24 Septembre 2008,   Le Courrier d'Algérie
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Nouveau coup de théâtre spectaculaire dans le domaine de la téléphonie mobile. Profitant de la réunion restreinte accordée au premier responsable des secteurs de la poste et des TIC (technologies de l'information et de la communication), le président Bouteflika a littéralement tapé du poing sur la table.

De même que l'Etat n'aura de cesse d'encourager « l'apport des opérateurs dans le domaine de la téléphonie et des nouvelles technologies de la communication », soulignera avec force le président Bouteflika cité par l'APS, il ne veillera pas moins « au respect par tous les intervenants, sans discrimination, de la législation et de la réglementation régissant le secteur des communications ainsi que des lois économiques du pays ».

Aux yeux de nombreux experts, ayant accepté de commenter à chaud cette sortie historique, «il ne fait pas de doute que cette véritable mise en grande vise l’opérateur de téléphonie mobile Djezzy».

A l’appui de cette lecture, la seule qui soit possible du reste, nos sources rappellent que lorsque le nouveau DG de Djezzy avait rendu une visite de courtoisie au ministre de tutelle, celui-ci l’avait également «sermonné» en le sommant de «se mettre en conformité avec la loi».

Djezzy, depuis plus d’une année, se targuant, nous dit-on, de jouir de soutiens haut placés dans les circuits de l’Etat, s’était mis à profiter outrageusement de sa position d’opérateur dominant.

Lançant des opérations de dumping, grâce à l’énorme manne financière amassée du temps où il pratiquait des tarifs prohibitifs, il a cherché à tuer illégalement la concurrence. Illégalement, car ce genre d’opérations, comme vient de la rappeler fort à propos le chef de l’Etat, sont contraires aux lois de la République.

Mieux, Djezzy a foulé aux pieds son cahier de charges, prévoyant l’accord préalable de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) avant le lancement d’une promotion, d’où de nombreuses décisions rendues contre lui par cette instance.

La loi sur la concurrence, enfin, lui conteste sa position dominante, et l’obligera très certainement à se «délester» d’une partie de ses parts de marché.

Il aura quand même fallu que des changements, qualifiés de «salutaires» par de nombreux experts et professionnels du secteur de la téléphonie mobile, pour que les choses rentrent plus ou moins dans l’ordre.

Les décisions de l’ARPT sont désormais exécutoires. Mais, chemin faisant, les responsables en charge du secteur des finances devaient découvrir que Djezzy aurait illégalement sorti du territoire national une somme globale de l’ordre de 2 milliards de dollars.

Une plainte aurait été déposée en ce sens, alors que des inspecteurs de l’IGF, qui ont eu à connaître de ce dossier, évoquent carrément la possibilité qu’éclate «un scandale de la même ampleur que celui de Khalifa».

La colère du chef de l’Etat, dès lors, se mesure à l’aune de tous ces dépassements, attentant à deux secteurs ultrastratégique, ceux de la téléphonie mobile et des finances.

D’aucuns ont même évoqué une demande d’audience formulée par le propriétaire d’Orascom, le célèbre Naguib Sawiris, que le président Bouteflika aurait rejetée, confirmant ainsi que nul n’est audessus de la loi.

Bouteflika avait déjà eu à se plaindre publiquement des agissements de ce groupe lorsqu’il avait pratiqué une formidable opération de spéculation sur les deux cimenteries que lui avait cédées l’Etat, lui rapportant sans le moindre investissement ou effort une bagatelle dépassent un milliard de dollars.

DJEZZY CONVOQUÉ AUJOURD’HUI PAR L’ARPT

Le changement intervenu en catastrophe à la tête de Djezzy, qui avait bloqué ses investissements dès que la barre psychologique des dix millions d’abonnés avait été atteinte, ne semble pas lui avoir été profitable.

Craignant sans doute de passer en deça de cette fameuse barre des dix millions d’abonnés, il a «ignoré» les décisions prises par l’ARPT, appliquées scrupuleusement par le restant des opérateurs, à savoir celle de bloquer l’ensemble des puces se trouvant sur le marché, dans ses différents circuits, mais aussi celles qui ont été vendues depuis le 15 septembre sans que leurs détenteurs ne soient identifiés.

Le nouveau patron de Djezzy, Thamer Al Mahdi, pris la main dans le sac, à l’aide d’essais pratiqués sur un échantillon de puces achetées sur le marché, est convoqué aujourd’hui au siège de l’ARPT en vue de s’en expliquer devant sa présidente, Mme Fatima Derdouri.

Nous apprenons par ailleurs que Djezzy, invité hier matin, au même titre que les deux autres opérateurs de téléphonie mobile, à une émission programmée par Algerian TV, relative aux puces anonymes, s’est inscrit aux abonnés absents sans fournir la moindre explication.

Même si l’on devine un peu sa gêne par rapport à cette question précise, dès lors qu’il a été pris la main dans le sac, la moindre des politesses aurait voulu qu’il se décommande au lieu de garder ce silence qui l’accuse et l’accable un peu plus.

D’aucuns n’hésitent pas à parler de «mépris» en direction des téléspectateurs, éventuels clients de cet opérateurs, mais aussi de la Télévision algérienne et même des concurrents. Une grave maladresse, en somme, sur le plan de la communication.

Dans le même ordre d’idées, il est à rappeler que le contentieux existant entre la presse et Mind Chair, la boîte de communication sous-traitant pour le compte de Djezzy, persiste toujours. Cette boîte refuse toujours de s’acquitter de ses dettes, sans que l’on sache si c’est parce qu’elle n’a pas encore recouvré ses créances auprès de cette opérateur.

Dans tous les cas de figure, le nouveau patron de Djezzy, qui vient de comprendre sans doute que rien ne vaut de se croire le plus fort en usant de procédés condamnés par la justice et le bon sens, gagnerait très certainement à assainir ses relations avec la presse. Avec ses clients et avec les pouvoirs publics aussi…

M.A.


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