La décision a été prise lors de la 1re session du medjlis echoura Soltani ne démissionne pas du gouvernement
C’est à l’issue d’un long débat lors des travaux de la 1re session du medjlis echoura, achevés hier à six heures du matin, suivi d’un vote en sa faveur, que Soltani peut dorénavant se maintenir dans son poste de ministre d’Etat au gouvernement Ouyahia.
La polémique est close une fois pour toutes, du moins jusqu’au prochain congrès. Car, statutairement, le président du MSP a désormais la latitude de siéger là où il est appelé pour accomplir un devoir national sans préjugés ni autres considérations.
C’est un Soltani serein mais fort de son élection au 4e congrès qui a donné la voie à suivre à son mouvement aux ambitions calculés.
«L’indépendance du mouvement, la souveraineté de ses décisions et la cohésion de sa base pour atteindre les ambitions d’un mouvement envié et par l’opposition qui nous prend pour le pouvoir et le pouvoir qui nous reproche d’avoir un pied dans l’opposition», dixit Soltani dans un discours liminaire à l’ouverture des travaux de la première session ordinaire du medjlis echoura tenue à l’hôtel Soummam de Boumerdès jeudi, vendredi et samedi.
Soltani qui a donné un discours programme a ajouté : « Que nos frères de la classe politique et l’opinion publique sachent que nous sommes au gouvernement mais pas au pouvoir», avertissant contre la grogne populaire qui tend à se généraliser, le pouvoir d’achat qui se dégrade davantage et le front social en ébullition.
Le président du MSP n’a pas manqué de critiquer la gestion du gouvernement, estimant qu’il faut revoir la manière de gouvernance et non la présidence tournante à la tête de l’exécutif devenu amorphe par épuisement et par autres blocages qu’il n’a pas situés.
Coïncidant avec le 46e anniversaire de l’indépendance et la fête de la jeunesse, le discours du leader du MSP a exprimé aussi la situation des jeunes et celle qui prévaut dans le secteur de l’éducation. Ce dernier a eu une grande attention au sein du MSP qui lui a consacré une résolution enrichie et adoptée au congrès de fin avril passé.
La jeunesse a pris l’essentiel du discours de Abou Djerra Soltani qui dira que l’amour de la patrie passe obligatoirement par une éducation où l’histoire et le sens d’appartenance doivent être bien inculqués et non remodelés à volonté jusqu’à épuisement des lettres de noblesse pour lesquelles la jeunesse de novembre a payé le prix cher.
Cette session s’est déroulée autour d’un ordre du jour étoffé par la validation de mandat pour les membres élus, l’examen du statut et règlement intérieur du MSP, l’installation de la commission de discipline, la résolution de politique générale et le programme du parti pour les cinq années à venir.
Soltani n’a pas omis d’évoquer l’Etat d’urgence décrété depuis 14 ans.
«Même si l’on ne ressent pas d’empêchement quant au aux libertés individuelles et collectives, il n’en demeure pas moins qu’il constitue toujours un handicap moral et psychologique pour la société civile qui ne pouvait et ne pourrait s’organiser afin de contribuer à ouvrir des débats avec la société et favoriser l’émergence de nouvelles idées et propositions de solutions à nos multiples crises». «Nous continuons de militer jusqu’à sa levée», affirmera-t-il.
Le discours du patron du MSP a donné le feu vert au processus de la restructuration du mouvement.
Une restructuration qu’il veut basée sur l’ouverture, la loyauté aux idéaux du mouvement, la compétence, l’efficacité, le rassemblement.
S. B.





