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Retour en force des services de sécurité, Kabylie: la fin des hors-la-loi ?

Retour en force des services de sécurité Kabylie: la fin des hors-la-loi ?

Cheval de bataille des pouvoirs publics, la sécurité des citoyens passe inévitablement par le renforcement de nombreux corps (police et gendarmerie notamment) d'où le plan 2006-2010 qui prévoit, selon le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, NoureddineYazid Zerhouni, la formation, en cinq ans, de pas moins de 75 000 policiers, avec en sus, l'implantation d'un poste de police dans chaque daïra, mission qui incombe à la direction générale de la Sûreté nationale (DGSN).

05 Juillet 2008,   Le Courrier d'Algérie
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La mission semble aller bon train. Les sorties de promotions d'agents de l'ordre public (AOP) se sont succédé ces derniers jours.

Interrogé en marge de la cérémonie de sortie de la 10e promotion d'agents de l'ordre public (AOP), à Aïn Benian, à l'ouest d'Alger, Ali Tounsi, directeur général de la Sûreté nationale, a fait des déclarations dans ce sens, évoquant le cas de la Kabylie, où, a-t-il souligné, «les mesures de sécurité ont été renforcées», et ce grâce à l'ouverture d'unités de sûreté dans nombre de localités de cette partie du pays.

Ali Tounsi fait remarquer que «les citoyens ont d'ailleurs chaleureusement accueilli» l'implantation de ces unités de police.

Il va sans dire que la prise en charge effective des doléances et préoccupations des citoyens en matière de sécurité est à même de combler une attente des plus urgentes de la population de Kabylie et d'ailleurs.Toutefois, force est de constater que la Kabylie vit toujours dans un climat particulièrement tendu, marqué par un manque de sécurité aigu.

Une situation favorisée par le départ des services de la Gendarmerie nationale au cours et au lendemain des évènements douloureux qu'a connus la Kabylie en 2001. L'insécurité a trouvé cette période propice pour s'ancrer dans la région et la plonger dans une anarchie qui a porté un sérieux coup à la cohésion sociale légendaire de la Kabylie.

Sur le plan économique, l'insécurité a fait fuir nombre d'investisseurs dont l'apport aurait pu contribuer grandement à relancer le processus de «reconstruction» de la région. Terrorisme, banditisme, prostitution, drogue, enlèvements…

Ce ne sont là que des illustrations on ne peut plus parfaites du chaos qui s'est installé en Kabylie. Malgré une relative accalmie due au retour progressif des services de sécurité, ces fléaux persistent encore et la région demeure en proie à une violence multiforme.

Pas plus loin qu'avant-hier, un bar a été ciblé par un groupe armé à Lavdhahi, près d'Aït Aïssa Mimoun, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Plusieurs agences postales ont été, rappelons-le, attaquées et dévalisées, avec comme bilan des centaines de millions «envolés» et des dégâts humains irréparables.

Des agressions et autres vols sont signalés quasi quotidiennement dans les centres urbains et même dans les villages les plus reculés.

Les mesures de renforcement de la sécurité décidées par les pouvoirs publics en Kabylie sont-elles en mesure de venir à bout de ces fléaux et rétablir la sécurité et la quiétude tant espérées ?

Pour Yazid Zerhouni, la lutte contre la criminalité «appelle à la mobilisation des services de sécurité, de la société civile, et aussi des partis politiques. » En d'autres termes, la sécurité est l'affaire de tous…

Saïd Mekla