Séisme de Boumerdès Gare au syndrome de Chlef !
On vient de commémorer le séisme du 21 mai 2003 qui avait frappé les régions de Boumerdès et d'Alger-est en mettant en avant la prise en charge des sinistrés à travers des bilans plus que positifs, du moins pour ce qui concerne la wilaya de Boumerdès.
Ainsi, on relève dans le document transmis par les autorités de la wilaya à la presse que le taux de relogement des sinistrés dont les logements avaient été complètement détruits (rouge) avoisine les 95% ; soit 9 954 familles dont 180 en cours de relogement à Bordj Ménaïl sont considérées comme entièrement prises en charge sur 10 566 dans le besoin d'un toit.
Les pouvoirs publics précisent que les 5,80% restants sont des familles qui préfèrent attendre que les constructions au niveau de leur commune d'origine soient achevées et déclinent l'offre d'aller vers un autre lieu dans le cadre de la solidarité intercommunes.
De même, les habitations ayant subi des dommages à des degrés différents (orange 4 et 3, vert 2) ont fait l'objet de confortements pendant que les sinistrés se trouvaient dans les chalets. L'ensemble des logements pris en charge s'élève donc à 85 738 dont 12 505 pour le rouge 4, 20 157, l'orange 3 et 53 076 pour le vert 2 ; soit une couverture à 100%.
Ces trois derniers cas à eux seuls ont nécessité une enveloppe financière de 21,14 milliards de dinars. Alors que le programme de reconstruction a prévu 8 000 logements dont
6 103 ont été réceptionnés et que la différence (1 897) est en cours de réalisation.
A ces données, il faut ajouter que d'autres formes de prises en charge se sont traduites par des aides à la reconstruction individuelle (2 430), à la reconstruction collective (797) et à l'acquisition (77). Dans ce contexte, l'Etat a débloqué des aides par le biais de la Caisse nationale du logement qui se sont chiffrées à 2,7 milliards de dinars pour les deux premiers et 77 millions de dinars pour l'acquisition d'un logement.
A ces sommes, il s'y ajoute plus de 2,8 milliards de dinars pour les rouge 5 que la CNL a également soutenu. Toutefois, ces chiffres ne précisent pas si les aides annulées (4 068) sur les cas frauduleux relevés après enquête ont été comptabilisées au niveau du bilan ou sont en dehors de ce décompte en attendant que l'opération d'assainissement aboutisse complètement étant donné qu'on signale que le taux des remboursements d'aides n'en est qu'à 48%.
Par aillerurs, ces efforts de relogement des sinistrés n'ont pas réduit le spectacle des sites-chalets à Boumerdès, dont le nombre est de 100 comprenant 15 467 chalets avec une bonne partie destinée aux cas sociaux, à des familles sinistrées éclatées après leur libération et à ceux qui avaient perdu un logement lors du séisme.
Même si l'opération de verser ces chalets à la responsabilité de l'OPGI tend à atténuer les problèmes qui avaient surgis dans la maintenance et la gestion des sites, il n'en demeure pas moins que ce sont des logements transitoires où la qualité de la vie est en souffrance d'un point de vue sécuritaire, de l'hygiène, de la prise en charge des problèmes de transport, d'établissements scolaires, de centres de santé et de commerces pour ne citer que cela. De plus, la durée de vie de ces chalets est comptée.
Donc, il y a lieu pour les pouvoirs publics de se préparer dans le sens du remplacement de ces chalets pour des habitations décentes. Car la population ici appréhende déjà de connaître le même sort que les sinistrés de Chlef.
Sadek





