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Le jugement à Tiaret d’une femme, pour prosélytisme, soulève l’indignation de la Secrétaire d’Etat, Rama Yade, Encore une immixtion de la France dans les affaires internes de l’Algérie

Le jugement à Tiaret d’une femme, pour prosélytisme, soulève l’indignation de la Secrétaire d’Etat, Rama Yade Encore une immixtion de la France dans les affaires internes de l’Algérie

Le jugement à Tiaret de Habiba Kouider, 37 ans, convertie récemment au christianisme, pour prosélytisme, est en train de tourner en une véritable affaire d’Etat.

26 Mai 2008,   La voix de l'Oranie
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Et pour cause, la Secrétaire d’Etat française aux droits de l’Homme, Rama Yade, est intervenue pour tenter d’influencer le verdict qui sera rendu samedi prochain. «C’est triste, c’est choquant, d’abord parce que cela contrevient à la déclaration universelle des droits de l’Homme», qui proclame dans son article 18 la liberté de pensée, de conscience et de religion, a déclaré Mme Yade.

«Conformément à l’article 18 de la déclaration universelle des droits de l’Homme et conformément à la tradition d’hospitalité de l’Algérie, je crois que ce serait bien d’avoir un geste de clémence», a-t-elle ajouté. Le procureur de Tiaret a requis, mardi dernier, trois ans de prison ferme contre Habiba Kouider, jugée pour exercice illégal d’un culte non musulman.

Pour rappel, l’Etat algérien s’est doté d’une loi pour contrer des opérations de propagation par des évangélistes, souvent Américains, et dans des zones isolées. Ainsi l’Assemblée populaire nationale (APN) a adopté un texte concernant la réglementation des pratiques religieuses non musulmanes.
Le texte stipule que tout culte non musulman exige une autorité légale pour être exercé.

De plus, des peines de deux à cinq ans de prison sont prévues contre toute personne qui «incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion». Mêmes sanctions pour quiconque vise à «ébranler la foi musulmane» par l’entremise de «documents imprimés, audiovisuels ou tout autre support».

Vu de l’autre côté de la Méditerranée, cette loi est perçue comme une volonté de l’Algérie de promouvoir un sentiment d’intolérance vis-à-vis du christianisme. Mais ces mêmes pays de l’Europe occidentale surveillent étroitement les minorités musulmanes installées sur leurs territoires respectifs pour des raisons de sécurité puisque continuant à faire l’amalgame Islam-Terrorisme.

De même que cette loi ne vise pas la communauté catholique d’Algérie qui a toujours été respectueuse des traditions et de la foi des Algériens, mais plutôt des évangélistes qui commencent à investir des régions où le développement économique est quasiment absent mais aussi des régions éprouvées par des années de terrorisme et donc des êtres, très souvent, fragilisés.

Il devient, donc, évident, que leurs actions visent les individus et non pas les communautés. Ce sont donc tous ces facteurs qui ont présidé à la naissance de cette loi comme l’avait, précédemment, souligné Cheikh Bouamrane, président du Haut Conseil Islamique (HCI).

«Le phénomène du prosélytisme est devenu plus visible et plus cynique dans notre pays qu’avant l’indépendance nationale où nous avions souffert des tentatives d’évangélisation». Le président du HCI avait également rappelé les anciens accords signés entre l’Algérie et le prédécesseur de Benoît XVI, le pape Jean Paul II, sur cette question. Il avait notamment affirmé que les nouveaux évangélistes «profitent» de la misère sociale des individus pour les convertir.

Il a également estimé que les nouvelles conversions à ce courant évangélique ne sont pas faites par «conviction» mais, plutôt, pour des raisons inhérentes à des «intérêts évidents». «La fuite vers l’étranger par le truchement de moyens légaux et la possibilité de bénéficier d’un poste de travail, sont autant de raisons exploitées par ces groupes dans leur démarche».

L’autre lecture à faire à travers cette loi, c’est qu’en mettant de l’ordre dans la pratique d’une foi en dehors de l’Islam, l’Etat algérien, qui inscrit, faut-il le rappeler, l’Islam comme religion de l’Etat, reconnaît la présence sur son territoires de certaines sectes chrétiennes qui s’adonnent vertement au prosélytisme. L’objectif recherché derrière ces conversions, selon certains observateurs, est la création d’une minorité ethnique pouvant justifier à moyen ou long terme une intervention étrangère.

Car les «têtes pensantes» de ces sectes savent parfaitement qu’en Islam il n’est point question de conversion. L’individu sortant de la foi islamique est considéré comme apostat et donc puni de mort... «Pour revenir au cas de la jeune tiaretie, la justice algérienne est seule apte à trancher son cas et c’est ce qu’elle fera dans le cadre de la loi», dira hier M. Zerhouni qui répondait à la question d’un journaliste. «Cette affaire relève de la compétence de la justice et de l’application des lois de la République», a-t-il précisé.

Quant aux appels de Mme Yade, il faudrait les interpréter comme une tentative de la France à vouloir, une fois de plus, se comporter comme un tuteur et non pas comme un pays respectueux des lois d’un autre pays souverain, l’Algérie le cas échéant. Peut-être faudrait-il le rappeler à Mme Yade ainsi qu’à M. Sarkozy.

Farida Kadache