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Avant-match :, 80 policiers blessés, 20 mineurs arrêtés… Deux écoles sur un «champ de bataille»

Avant-match : 80 policiers blessés, 20 mineurs arrêtés… Deux écoles sur un «champ de bataille»

Généralement, comme le voulaient la tradition footballistique et l’éthique sportive, la veille d’un match, et qui plus est « capital », était célébrée, telle une fête, comme il se doit, dans nos villes et villages, au rythme des « gueuletons » entre amis, des klaxons de voitures, moins « m’as-tu vu » que de nos jours et des marches spontanées et regroupements, à tous les coins de rue, de jeunes et moins jeunes, férus de la balle ronde et inconditionnels de l’équipe fanion, les plus téméraires pariant, eux, sur la victoire, osant même annoncer le score de la rencontre, causant, par leur « chauvinisme » bon enfant, l’hilarité de tous.

22 Mai 2008,   Le Courrier d'Algérie
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La débandade !

Hélas, depuis quelques années, notre sport-roi semble être atteint par on ne sait quel mal étrange, jusqu’à nourrir, par ses résultats, sur le double plan continental et international, les plus grandes inquiétudes, pendant que localement l’Algérien est « convié », chaque jeudi, à des séances de torture en suivant des prestations outre leur aspect stressant, « insultantes » à son égard et indignes au regard des glorieuses épopées des équipes du FLN, de l’ALN ou encore, plus près de Gijon, celles de Mexico où Dahleb, Korichi, Gamouh, Merzkane, Madjer, Zidane, Belloumi, Assad, Fergani, Amokrane, Kaci Saïd, Cerbah, Drid… avaient ébloui le monde tout comme leurs aînés Abrouk, Zerga, Lalmas, Amar, Kalem, Melaksou, et tant d’autres étoiles dont le souvenir continue de scintiller dans la mémoire collective.

Mais, c’était le temps où l’Algérien ne s’était pas délesté de ses valeurs, de ses repères et de ses traditions et se reconnaissait dans l’autre pour mieux le respecter et lui ouvrir les portes de sa ville, de sa maison et, si affinités, de son coeur, en dépit, précisent certains, et de l’enjeu et surtout de son modeste «niveau d’instruction».

Comme quoi, l’instruction, à elle seule, ne suffit pas à vacciner l’homme contre le ridicule, la violence, l’intolérance et la négation du vis-à-vis ou encore l’atteinte à l’ordre public et aux biens de la communauté et d’autrui. Ainsi, on rapporte, qu’hier, mardi soir, à Alger, des échauffourées auraient éclaté entre supporters de deux clubs, pourtant à la solide réputation d’hospitalité, de fair-play et d’écoles de football, que sont le RC.

Kouba et l’USM El-Harrach dont les équipes, prétendant à l’accession, devant se rencontrer ce jeudi, se disputent les deux premières places, à côté de trois autres clubs, en l’occurrence le CA Batna, le MSP Batna, le MC El- Eulma.

Ainsi, ce sont pas moins de 5 000 policiers qui devraient, selon certaines sources, être mobilisés pour encadrer et prévenir d’éventuels et non moins potentiels dérapages, oeuvre de centaines de jeunes qui assimilent les stades à des arènes où ils viendraient déverser leur mal de vivre, leurs angoisses du lendemain et toutes sortes de déceptions.

Pareille situation, notent certains commentateurs sportifs, n’est ni nouvelle, ni surprenante bien que les responsables du secteur, notamment les directions de wilaya de la jeunesse et des Sports, les fédérations, les ligues et les clubs seraient les premiers « présumés coupables » de la débandade et de la banqueroute qui ont affecté le sport-roi algérien.

D’ailleurs, d’autres milieux s’étonnent et ne parviennent pas à concevoir le fait que la pratique du football tombe si bas et déçoive si « douloureusement » des millions d’Algériens sans que la tutelle ne prenne les mesures courageuses mais, du reste salutaires, sanctionnant les responsables dans la gestion catastrophique du sport en général et du football en particulier, au moment où le mouvement sportif dans de nombreux autres pays d’Afrique, d’Asie et dans le Monde arabe ne cesse d’être propulsé, tenant, par endroits, la dragée haute à des nations où l’activité sportive occupe rang de «culte»…

Ainsi, que nos jeunes, déjà éprouvés par le quotidien, fassent les frais d’une gestion approximative du football ou encore soient les victimes de manipulations de milieux « mal intentionnés », désireux d’exploiter le moindre «coup de gueule» social pour le détourner à leur profit, à l’image de Ali Benhadj, proposant « sa médiation», tel un remake du douloureux octobre 1988, dont on a eu à connaître les conséquences désastreuses sur le pays de l’offre insidieuse.

K. Naceur


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