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Dernier rapport de Transparency International sur l’Algérie, La petite corruption «mine le fonctionnement des services publics»

Dernier rapport de Transparency International sur l’Algérie La petite corruption «mine le fonctionnement des services publics»

La corruption prend des proportions alarmantes dans notre pays et ce glissement dangereux est au cœur du dernier rapport de la section algérienne de Transparency International, l’association algérienne de lutte contre la corruption, qui alerte contre la banalisation des ressources publiques.

18 Mai 2008,   La voix de l'Oranie
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Pour Transparency International (TI), la petite corruption «constitue la négation même de l’État» et «mine le fonctionnement des services publics les plus indispensables à la vie quotidienne». En parlant du fonctionnement de l’administration locale, l’AACC a mis en relief une «inflation des dépenses personnelles des chefs des exécutifs, ponctionnées sur le budget de fonctionnement».

Ces dépenses sont consacrées à l’achat de «villas luxueuses, de véhicules de prestige, de déplacements coûteux et de factures de complaisance». Pour la section algérienne de Transparency, la corruption n’est pas étrangère aux pouvoirs exorbitants dont jouissent les responsables locaux «baignant dans une totale impunité».

A ce propos, elle a noté, entre autres, que la «corruption a fait des ravages lors des élections locales de novembre 2007». L’association, présidée par Djillali Hadjadj, a également réagi au dernier mouvement partiel opéré dans le corps des walis, le 7 mai dernier.

«Un changement dans la continuité prédatrice et gangster autorisée», lit-on dans le rapport qui déplore qu’une telle initiative politique soit intervenue «dans l’urgence et la précipitation», suite à des émeutes».

Pour l’AACC, la «notion de commis de l’Etat est en voie de disparition» et les «nominations, mutations et promotions au sein de la Haute fonction publique apparaissent de plus en plus comme une prime à la soumission, la médiocrité, l’incompétence et la corruption».

L’association a également attiré l’attention sur le cas de certains walis qui ont été maintenus à leur poste ou mutés dans une nouvelle circonscription, malgré «les preuves de corruption, de détournements et de racket (contre des commerçants et des fournisseurs)» ou leur «bilan négatif».

«Plusieurs walis agissent comme des agents de la police politique contre les dénonciateurs de la corruption, contre les journalistes, contre les élus locaux, les militants des droits de l’homme et la société civile indépendante», a encore mentionné le communiqué de l’AACC. Au sujet des codes de wilaya et de la commune, cette arlésienne dont parle Zerhouni à chaque ouverture de session parlementaire, l’AACC estime que le projet est obsolète et nécessite par conséquent une actualisation.

Devant l’ampleur du phénomène de la corruption qui caractérise le second mandat du président Bouteflika, la section algérienne de Transparency lance un appel aux «citoyens intègres», leur demandant de s’impliquer davantage dans le processus politique et économique, leur promettant de «les accompagner dans une œuvre de salubrité publique».

Elle demande également aux pouvoirs publics de lancer des enquêtes et des audits dans les administrations les plus compromises comme elle demande la protection pour les personnes qui dénoncent la corruption.

H. Senouci