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Déclaration du ccdr, Un projet pour l'Algérie

Déclaration du ccdr Un projet pour l'Algérie

Du nord au sud et de l’est à l’ouest, il n’est pas de jour où une émeute, un début d’insurrection ou un mouvement de grève ne révèle l’ampleur du mécontentement populaire, face à l’incurie de ceux qui nous gouvernent.

12 Mai 2008,   Le Soir d'Algérie
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lors que le peuple est en droit d’attendre des réponses claires et concrètes à ses multiples attentes et préoccupations, ainsi qu’aux problèmes de toutes natures qui l’assaillent quotidiennement — érosion constante du pouvoir d’achat, crise du logement, chômage des jeunes, corruption dans tous les secteurs et à tous les niveaux, saccage de l’environnement — le pouvoir répond par le mépris, le déni de droit, l’intimidation, les redressements intempestifs ou la répression dissuasive.
Le mépris du peuple.

Le cas des émeutes de Chlef est à lui seul illustratif des causes de la spirale des violences que le pouvoir s’ingénie à ignorer, tout en les suscitant et en les entretenant par ses modes de gouvernance anti-démocratiques, source de toutes les dérives et de tous les dépassements.

Remettant en question une loi au bénéfice des sinistrés du séisme d’octobre 1980, le pouvoir administre, encore une fois, la preuve de son mépris du peuple, du pouvoir législatif et des dispositions constitutionnelles.

Dans la même logique, il ignore la voix d’une association représentative des sinistrés, une association qu’il n’agrée pas, puisque soumise au seul bon vouloir du Prince.

De même, les partis politiques ne sont pas reconnus dans leurs prérogatives nationales et, devenant boucs émissaires, ils sont accusés de jeter de l’huile sur le feu des discordes qu’il a lui-même provoquées. A la place du dialogue, il recourt à des mesures bureaucratiques en installant une commission, après avoir utilisé répression et tribunaux.

Et, pour comble de mépris du peuple et des lois, par un simulacre de « mouvement partiel » des walis, le pouvoir assure impunité et promotion imméritée à ses serviteurs zélés dont l’action est décriée par les citoyens. Cette situation générale est la flagrante expression d’une gouvernance despotique, aveugle et ignorant le peuple dont on se proclame le défenseur.

L’Algérie vit une situation à haut risque
En fait, nous sommes ainsi face à un problème d’évidente mal gouvernance qui s’est manifestée à Chlef, et en plusieurs autres localités du pays, à un rythme jamais connu à ce jour. Comme elle est apparue au début des années 1980, et a déclenché les émeutes d’octobre 1988 et d’avril 2001.

Comme elle pourrait embraser le pays tout entier, si n’était arrêtée la descente aux enfers que vit la société algérienne, depuis plus de vingt ans, et dont continuent à être les victimes expiatoires, citoyens, officiers et soldats de l’ANP et agents des services de sécurité. Une situation à risque élevé, caractérisée, pour n’évoquer que l’essentiel, par :

• Une situation sécuritaire des plus alarmantes, signant l’échec avéré, mais non avoué, de la politique de réconciliation nationale,

• Des syndicats autonomes non reconnus, alors qu’il ont fait la preuve de leur légitimité sur le terrain,

• Une presse que l’on appelle à plus de «responsabilité et de professionnalisme », comme du temps du parti unique, où l’on faisait l’apologie de la «démocratie responsable », pour étouffer la voix des justes, en agitant les discours encensoirs du régime, et, aujourd’hui, ceux clamant la nécessité d’un troisième mandat,

• Une UGTA à la recherche d’une troisième voie — preuve de la conscience de classe des travailleurs - après le flop provoqué par les luttes de clans au cœur du sérail, entre deux tendances aussi mortifères l’une que l’autre, pour un syndicalisme réellement revendicatif ; représentatives, l’une et l’autre, du syndicalisme «responsable », à la botte du pouvoir,

• Une jeunesse dans l’attente de justes et durables solutions aux problèmes qui la poussent vers les maquis de la désespérance, de la drogue et du suicide et les vagues de la harga, alors que sa demande est simple : un emploi et un logement, pour fonder un foyer, et tenir sa juste place dans la société !

• Enfin, une économie totalement déséquilibrée par la place qu’y occupe les hydrocarbures et la rente, marquée par la dépendance alimentaire, scientifique et technique, la fuite des cerveaux et des capitaux, l’illusoire politique des IDE face aux transferts faramineux opérés par les sociétés étrangères, la désindustrialisation et l’insignifiance inquiétante de la production nationale.

Pour une Algérie démocratique, de progrès et de justice sociale, face à cette énumération, dessinant les effets d’une gouvernance totalement en rupture avec les exigences démocratiques, les mutations et bouleversements du siècle — dont les émeutes de la faim ne sont pas les moindres, le CCDR se propose d’ouvrir des débats citoyens pour :
• Etablir un bilan sans complaisance

• Elaborer un projet pour l’Algérie, propre à assurer à notre pays un développement culturel, économique et social, juste et équilibré, grâce à une gouvernance et à une vie démocratiques, où la voix des citoyens, notamment des jeunes, sera réellement entendue et suivie des effets susceptibles de sauvegarder l’avenir des générations futures et la pérennité de notre nation.

Le Bureau national du CCDR