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Bouteflika a l’occasion du 8 mai 45, «L’Algérie attentive aux voix en France contre le déni de l’histoire»

Bouteflika a l’occasion du 8 mai 45 «L’Algérie attentive aux voix en France contre le déni de l’histoire»

Il faut dire que, 63 ans après ces tragiques événements (à l’issue desquels 45 000 Algériens furent massacrés tués), la douleur est restée aussi vive, surtout que les autorités françaises ont, de tout temps, tenté d’occulter ce qui s’est réellement passé.

10 Mai 2008,   L'Authentique
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L’attitude des responsables français d’alors est d’autant plus condamnable que les victimes ne faisaient que fêter, aux côtés des Européens (et des peuples du monde entier), la victoire des alliés sur le nazisme à laquelle — et l’histoire est là pour l’attester de manière tangible — de nombreux algériens ont contribué, souvent au péril de leur vie.

La question relative à la reconnaissance (et aux excuses) par la France des crimes qu’elle a commis en Algérie durant 130 années, a toujours envenimé les relations entre les deux pays.
C’est essentiellement la raison qui a empêché la concrétisation du traité d’amitié entre les deux pays, vivement souhaitée par Bouteflika et l’ex-président français, Chirac, lorsque ce dernier était encore à l’Elysée.

Récemment, un fait a été qualifié par les observateurs de «saut qualitatif» dans le dossier inhérent à la reconnaissance de la France au sujet de son passé de colonisateur de notre pays. Il s’agit de la déclaration de l'ambassadeur de France à Alger, Bernard Bayolet, qui, à partir de l’université de Guelma, n’a pas hésité à qualifier les événements du 8 Mai 45 de «massacres».
Une première pour un responsable français de cette envergure.

Ce dernier, ne s’arrêtant pas en si bon chemin, est même allé plus loin, laissant entendre que «le temps de la dénégation est terminé», soulignant que «la très lourde responsabilité des autorités françaises de l’époque dans ce déchaînement de folie meurtrière qui a fait des milliers de victimes innocentes».

Pour M. Bayolet, ces massacres «ont fait insulte aux principes fondateurs de la République française et marqué son histoire d’une tache indélébile». Voilà une déclaration on ne peut plus révélatrice de la volonté de Paris d’aller vers l’apaisement.

Mais, est-ce suffisant pour tempérer de l’ardeur des uns et des autres ? Pas si sûr, surtout lorsque l’on sait que, du côté algérien, on exige ni plus ni moins que des excuses de la part de l’ex-puissance coloniale.
Un scénario que d’aucuns qualifient de peu envisageable, surtout dans la conjoncture actuelle.

B.L.