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Dans sa première sortie médiatique après, Soltani achève ses adversaires

Dans sa première sortie médiatique après Soltani achève ses adversaires

Aboudjerra Soltani, le président fraichement réélu du MSP, a qualifié hier ses adversaires, lors du congrès de son parti, d’«agents du makhzen et du cabinet (…) voulant exercer une tutelle sur les délégués par des injonctions venues d’en haut» disqualifiés par les congressistes. Il a laissé entendre qu’aucun poste dans la nouvelle direction ne sera attribué à Menasra et à ses soutiens.

05 Mai 2008,   Le Jeune Indépendant
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Abdelmadjid Menasra et ses soutiens entreront certainement en léthargie politique jusqu’au prochain congrès du MSP prévu en 2013. Aboudjerra Soltani a en effet beaucoup usé hier de son habituel langage imagé pour multiplier les critiques à l’encontre de ses adversaires lors du 4e congrès qui l’a confirmé à la tête du MSP.

«Agent ou candidat du makhzen ou du cabinet», «dresseurs de faux barrages à la volonté des congressistes» ou encore «tuteurs et paternalistes» sont quelques uns des qualificatifs avec lesquels Aboudjerra avait désigné, hier lors d’une conférence de presse tenue au CIP d’Alger, Menasra et ses supporters.

Le concernant et revenant sur les péripéties de ces assises et les intrigues qui étaient, selon lui, l’œuvre de Menasra et de ses alliés, le ministre d’Etat a estimé que les congressistes l’ont «libéré des menottes que voulait (lui) mettre», le madjliss échoura.

«Les congressistes ont corrigé l’ordre du jour et fait tomber le bureau du congrès, le candidat du makhzen, ainsi que ceux qui voulaient imposer ce dernier d’en haut», a-t-il affirmé, précisant que «les délégués ont compris que ce qui a été préparé à l’avance n’était ni dans leur intérêt ni dans celui du parti mais bien dans celui du makhzen».

Mieux, même «l’instance des fondateurs»- entité créée et proposée par le conseil consultatif dont la composante a été jugée «hostile» à Soltani, à l’instar d’ailleurs des «projets de résolutions» avancés par ce conseil - aurait pu être abrogée, n’était «la compassion et la pitié des délégués envers ses honorables personnalités», a assuré Soltani pour mettre en avant son triomphe.

Interrogé sur «la contradiction» entre ses appels à l’unité et son discours virulent à l’encontre de ses adversaires et de la composante humaine de la nouvelle direction tout acquise à sa cause, Aboudjerra a rassuré quant à «l’unité» et laissé entendre qu’aucune parcelle du pouvoir interne ne sera cédée à Menasra et à ses soutiens.

Pourtant, lors du congrès de 2003, le concurrent de Soltani, Abderrahmane Saïdi, avait été désigné à la vice-présidence du parti après sa défaite, alors que cette année aucun des adversaires n’a bénéficié d’un poste dans la nouvelle direction.

«En 2003, j’avais eu 10 voix de plus que mon frère Abderrahmane Saïdi qui, en digne fils du MSP ayant un long parcours militant, a applaudi et m’avait dit qu’il restait au service du mouvement, par contre ceux-ci (Menasra et ses allié, NDLR) n’ont même pas présenté leur candidature», a-t-il souligné avant d’ajouter «que les règles de la démocratie sont claires : celui qui a la majorité gouverne en respectant la minorité».

La cause de Menasra semble entendue : il sera dans la réserve du… MSP, sachant que Soltani a assuré qu’il refusera «ceux qui feront des déclarations en dehors des cadres légaux du parti, les exclus, les adeptes des exploits personnels, à commencer par moi-même, ainsi que ceux qui maintiennent leur relation avec le parti par correspondance, par fax ou par procuration».

S’agissant de l’autre point de discorde relatif à sa démission ou non de son poste de ministre d’Etat, et notamment après sa déclaration au cours de laquelle il a affirmé que désormais il se consacrera «exclusivement» au parti, Soltani n’a pas dissipé les doutes. «J’ai dit cela et c’est à vous de faire vos lectures», s’est-il contenté de lancer aux journalistes.

Concernant la position de son mouvement au sujet de la révision constitutionnelle et d’un potentiel soutien à un troisième mandat de Bouteflika, il a rappelé que les résolutions du congrès ont mis l’accent sur la réforme politique et celle-ci «passe inévitablement, selon lui, par une réforme de la Constitution». Quant au troisième mandat, «attendons que cela arrive et nous aviserons», a-t-il dit.

Il est enfin significatif de noter que la fille et le fils aîné de feu cheikh Mahfoud Nahnah ont offert le burnous de ce dernier à Aboudjerra Soltani.

A. M.