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Journée internationale de la liberté de la presse, L'expérience algérienne passée au crible

Journée internationale de la liberté de la presse L'expérience algérienne passée au crible

Une rencontre débat a été organisée hier à la salle de conférences de la fondation Frederick-Hebert par la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse.

04 Mai 2008,   L'Expression
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Au cours de cette rencontre à laquelle ont assisté nombre de personnalités, d’avocats, de professionnels du secteur et de l’ambassadeur des Etats-Unis, Robert Ford, il a été question de situer le cas Algérie dans le monde par rapport à la liberté de la presse et les raisons ayant conduit au recul des libertés en général.

Si Me Ali Yahia Abdenour a estimé qu’il ne peut y avoir une liberté d’expression sans la séparation des pouvoirs, les autres intervenants ont insisté sur les lois régissant ce domaine et la réalité de leur application, d’un côté, ainsi que sur les incessantes entraves dressées sur le chemin de la corporation, de l’autre.

Le code pénal incriminant les articles journalistiques, le monopole sur le marché publicitaire qui engendre l’assujettissement des rédactions et le verrouillage médiatique contrastent avec les textes de loi qui «garantissent» la liberté d’expression et d’opinion, notamment la loi fondamentale du pays, ont déclaré en substance les intervenants lors de cette rencontre. Ainsi le journaliste Mahmoud Belhimer a estimé qu’on ne peut parler de liberté de la presse dans un système politique fermé.

Se basant sur des chiffres, il a souligné que l’Algérie est tristement classée parmi les pays les plus reculés en la matière. 13e derrière des pays comme le Soudan, la Jordanie et l’Irak selon l’Observatoire arabe des droits de l’homme et 123e selon le classement mondial établi par RSF.

«L’Algérie est l’un des rares pays où l’on continue à accaparer les médias lourds et l’où on incrimine le délit de presse», dit-il. Plus sévère, Belhimer rétorque que si les pouvoirs publics se targuent de l’existence de 65 publications écrites, «faut-il souligner que le rendement de la plupart des journaux laisse vraiment à désirer».

«La multiplication des publications n’a pour but que de polluer la scène médiatique», pense-t-il. «Nous avons négocié notre liberté et nous travaillons sur des sujets qui ne concernent plus la société, loin du fond et des préoccupations majeures», a-t-il déploré, en concluant que la presse des années quatre-vingt dix est plus audacieuse que celle d’aujourd’hui.

Le malheur des correspondants a été également évoqué avec les témoignages de Hafnaoui Ghoul, correspondant de Djelfa emprisonné en 2004, et Hassan Bouras, correspondant d’El-Bayad.

Celui-ci, après avoir rappelé les interminables souffrances des correspondants dans les wilayas de l’intérieur du pays face aux différentes administrations, a affirmé qu’après une condamnation de sa personne par la justice, son journal a fini par le licencier.

Y. M.