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Sur fond de coulisses marocaines pour se l’accaparer, La Fédération de la Mosquée de Paris ne participera pas aux élections du CFCM

Sur fond de coulisses marocaines pour se l’accaparer La Fédération de la Mosquée de Paris ne participera pas aux élections du CFCM

Les manœuvres de coulisses du Maroc pour faire main basse sur le Conseil français du culte musulman (CFCM), plus haute instance représentative de la communauté musulmane, commencent à porter leurs fruits.

04 Mai 2008,   La voix de l'Oranie
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En effet, la Fédération nationale de la grande mosquée de Paris (FNGMP) a décidé, hier, de ne pas participer aux prochaines élections du CFCM qu’elle juge «inéquitables» du fait d’un «mécanisme électoral absurde».

La grande passion actuelle entre la France de Sarkozy et le Maroc a fait que des mécanismes aussi idiots qu’absurdes soient retenus pour cette élection, et c’est ce qui a motivé la décision annoncée par le Dr Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris et président en exercice de l’actuel CFCM.

Qu’en est-il exactement? La FNGMP conteste les modalités d’élections du CFCM sur la base des surfaces au m² des mosquées et autres salles de prière en France. Cet état de fait, évidemment, pénalise la mosquée de Paris.

Cette dernière, et c’est un secret de polichinelle, regroupe la plus nombreuse communauté musulmane en France, dont l’écrasante majorité est de nationalité ou d’origine algérienne. «Ce mode d’évaluation réduit injustement la représentativité de la première communauté de France liée historiquement et cultuellement à la longue histoire de la France avec l’Algérie», a souligné le Dr Boubakeur.

Il a précisé que «la présence et la démographie de cette communauté, ancienne et bien intégrée dans la société française, se voit considérablement réduite au profit de lieux de culte récemment édifiés, en périphérie urbaine voire dans les campagnes, qui ont des surfaces importantes leur permettant d’exploiter à leur avantage le critère électif inique du mètre carré «cultuel».

Des présidents des fédérations régionales, participant à la conférence de presse, ont, par exemple, évoqué que de simples hangars ont été, «par opportunisme», transformés en lieux de culte «indignes de ce nom». Pour la FNGMP, le vrai lieu de culte devrait notamment avoir «un imam et assurer tant les 5 prières quotidiennes que l’affluence du vendredi de prière collective».

Ces pratiques du «mètre carré cultuel» ont été développées par certaines associations qui ont ainsi pu entrer «par effraction» au sein du CFCM, a indiqué un représentant d’une fédération régionale de la grande mosquée de Paris.

Cela «a favorisé l’émergence d’une représentativité qui ne reflète en rien la sociologie de l’Islam de France», alors que la plus forte communauté musulmane n’est, par ce mécanisme, «représentée qu’à 15% au sein du CFCM», a poursuivi M. Dalil Boubakeur.

A ses yeux, «l’évaluation de la représentativité au mètre carré frustre les musulmans en France qui ne comprennent pas que la foi puisse se mesurer au mètre carré». Il en a déduit que «la consigne officielle étant d’aller aux élections sur la base de ce critère du mètre carré culturel, équivaut à valider et entériner définitivement ce mécanisme électoral absurde» que la FNGMP conteste depuis la création du CFCM.

Par ce mécanisme de scrutin proportionnel à la surface de culte, incluant les nombreux lieux non normatifs, la plus forte communauté musulmane de France se voit ainsi «fortement minorée», reléguée «à un rôle secondaire et une place insignifiante», a déploré le Dr Boubakeur, soulignant que «la communauté cultuelle de France qui se reconnaît dans la FNGMP ne peut accepter cette situation et ce diktat».

«L’expérience des deux élections précédentes (2003 et 2005) a montré que le critère électif du mètre carré est un facteur de division et ne peut qu’exacerber les antagonismes et les rivalités», «aboutissant inévitablement au ressentiment et à la rancœur», a-t-il rappelé.

Le recteur de la mosquée a ainsi lancé la consigne de l’abstention pour éviter ainsi toute polémique et d’éventuels désordres au sein des lieux de culte».

Ce forcing du Maroc pour guider la communauté musulmane ne date pas d’hier et les nombreuses tentatives de s’approprier la mosquée de Paris sont toujours restées lettre morte. Aujourd’hui, avec cette offensive pas du tout réfléchie, c’est le désordre qui risque de guetter toute une communauté dont l’Islam est la première religion après le Christianisme.

Farida Kadache