La question des prix du gaz dans les négociations Algérie-OMC Le niet de Chakib Khelil
Intervenant hier sur les ondes de la Chaîne III de la radio nationale, le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, a affirmé que, dans le cadre des négociations avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la position de l’Algérie «restait inchangée» sur la question des prix du gaz sur le marché intérieur, excluant toute concession sur ce dossier.
Il n’y aura pas de «révision» du prix du gaz sur le marché national, a-t-il dit. Et de détailler : l’Algérie n’a pas à faire de concession, sa position sur la question du gaz «restait inchangée et justifiée». Chakib Khelil explique la problématique : le prix du gaz sur le marché national «comprenait tous les coûts»
(production, développement, transport…) et est déterminé par «la loi sur les hydrocarbures», laquelle prévoit aussi une marge de rentabilité raisonnable.
En fait, a-t-il ajouté, l’Algérie applique ce qu’un économiste sérieux appliquerait, à savoir l’introduction des coûts d’exploration, de développement, de transport et de distribution dans le prix du gaz, en plus de la rentabilité adéquate prévue par la réglementation. L’Algérie «ne doit pas augmenter» le prix du gaz juste pour «satisfaire une organisation» et se rapprocher du prix à l’international, a encore ajouté Khelil.
La démarche est «logique, claire, transparente», a-t-il souligné. A la question de savoir si l’Algérie vend son gaz à un prix soutenu aux entreprises nationales, Chakib Khelil a répondu qu’elle «ne le cédait» pas à ces entreprises à perte, qu’il s’agit «d’avantages comparatifs» et que ceci «est accepté à l’OMC».
La déclaration du ministre de l’Energie et des Mines ne s’éloigne pas de celle, récente, de Mohamed Zaaf, négociateur en chef dans le processus d’accession à cette institution multilatérale.
M. Zaaf a noté, dans une de ses interventions sur ce dossier, que les prix du gaz pratiqués sur le marché algérien «couvrent largement» les coûts de production, y compris une marge de rémunération.
Les prix à l’exportation, en revanche, sont, a-t-il affirmé, «librement négociés» par Sonatrach et ses différents clients. En outre, la loi sur les hydrocarbures «prend en charge» cette question, a-t-il ajouté. Et de rapporter qu’un décret d’application de cette loi, promulgué en décembre 2007, a été «communiqué aux membres du groupe de travail». Zaaf a également précisé que ce type de question «est politique». Faut-il faire un engagement de compromis ? s’interroge-t-il.
Car, probablement, nous nous dirigerons vers un engagement de compromis, ajoutera-t-il. Pour autant, le coordonnateur de l’équipe de négociations pour l’accession de l’Algérie à l’OMC estime que le processus d’accession de l’Algérie à l’OMC est parvenu au stade final.
Ayant considéré qu’il dispose d’une masse critique d’informations, les membres du groupe de travail ont donné le feu vert au secrétariat de l’OMC, en février 2005, pour engager l’élaboration du rapport du groupe de travail. Le processus d’adhésion de l’Algérie à l’OMC est des plus longs.
Il a été amorcé en 1987. Il n’a pas eu la régularité qui devait être la sienne. Au milieu des années quatre-vingt-dix, il a été complètement interrompu. Et il n’a repris qu’en 2002.
Y. S.






