Des édifices publics incendiés, saccagés, et certains pillés. La colère populaire a atteint son paroxysme, hier à l’issue du procès du coordinateur de wilaya des sinistrés Chlef sous haute tension
La ville de Chlef a été hier le théâtre d’une émeute que les habitants n’avaient jamais connue auparavant. Il était 11 heures, quand des centaines de jeunes ont envahi la rue, pour protester contre le procès du coordinateur de wilaya des sinistrés de Chlef, traduit en justice sur plainte du wali, M. Mohamed El Ghazi.
Les émeutiers s’en sont pris à tout ce qui se trouvait sur leur passage, en lançant toutes sortes de projectiles sur des véhicules, des taxis et des édifices publics.
Des actes de vandalisme ont été commis et des sommes d’argent qualifiées d’importantes ont été volées de la CNEP, la Grande poste, le CPA, la BEA, les deux centres de téléphonie mobile Djezzy, Nedjma et la Direction d’Algérie Télécom. Vers 13h, la ville de Chlef était complètement paralysée.
Aucun magasin n’était ouvert, seuls les éléments des services de sécurité sillonnaient les rues du centre-ville, après avoir pris la situation en main. Par contre, nous avons appris de sources sûres, que les émeutes se sont propagées à la périphérie et dans la commune de Chettia, 9 km au nord de la wilaya, où de violents affrontements ont eu lieu entre les émeutiers et les forces de l’ordre. L’après-midi, l’Université Hassiba Ben Bouali et tous les établissements scolaires de Chlef ont été fermés.
Rappelons que le coordinateur des sinistrés, comparaissait devant la justice, sur plainte du wali, qui l’accusait d’avoir incité les occupants des baraques à se soulever contre les autorités et à boycotter toutes les élections.
Le coordinateur des sinistrés a déclaré qu’il n’était pas question que les locataires des baraques quittent leurs habitations, qu’ils étaient sur le même pied d’égalité que les propriétaires de ces baraques, et qu’ils réclamaient eux aussi la même somme d’argent destinée aux locataires des baraques qui ont ajouté qu’ils préfèrent rester dans leurs baraques plutôt que d’aller habiter dans les appartements d’immeubles.
Signalons que le procès du coordinateur devait avoir lieu dimanche dernier, mais il a été reporté à hier. Juste après les délibérations, nous avons appris qu’il venait d’être reporté une nouvelle fois au 11 mai prochain. Notons que des dizaines de blessés des deux côtés et des centaines d’arrestations ont été enregistrés.
Les affrontements se sont poursuivis pendant longtemps. A l’heure où nous mettons sous presse, il a été signalé que le bureau de poste de haï Bensounna et la nouvelle bibliothèque, inaugurée récemment, ont été incendiées par les émeutiers. Haï Zebboudj, situé au centre-ville de Chlef, est quadrillé par les éléments de l’Armée nationale populaire.
Azzedine





