Belkhadem en visite quasi clandestine a Constantine Le spectre terroriste
Jamais visite officielle à l’intérieur du pays d’un haut responsable de l’État, s’agissant de surcroît d’un chef de gouvernement, n’a été entourée d’autant de discrétion.
Et quand bien même la célébration de la Journée du savoir dans la capitale de l’Est n’échappe plus aux feux des projecteurs depuis neuf ans, le président de la République ayant instauré depuis 1999 un rituel de pèlerinage sacré à la cité de Ben Badis en cette date, le voyage, hier à Constantine, de Abdelaziz Belkhadem s’apparente lui à une virée quasi clandestine.
Pourquoi ? Est-ce l’aveu qu’une réelle menace terroriste pèse sur plus les hauts responsables de l’Etat, notamment le chef du gouvernement ?
Il n’y a rien d’anormal qu’un chef de gouvernement se rende dans une contrée lointaine du pays sous haute sécurité du fait de la persistance d’un contexte sécuritaire ombrageux néanmoins, qu’il le fasse de manière presque clandestine, cela prête à une extrême inquiétude.
Celle de savoir si le pays qui s’abreuve de discours lénifiants encensant à tout bout de champ les bienfaits de la réconciliation nationale, ce qu’elle a apporté comme paix et sécurité, est à ce point vulnérable devant la menace terroriste.
Les informations relayées par plusieurs médias depuis plusieurs semaines déjà, seraient donc bel et bien fondées et dénoteraient, de par la sortie surprise et tenue secrète jusqu’au dernier moment, hier, du chef de l’exécutif, une appréhension certaine voire une réelle angoisse qui hanterait les plus hautes sphères du pays.
Un état de fait que corroborerait l’attitude d’extrême excitation dont a fait montre la garde rapprochée de Belkhadem, hier à Constantine. Rarement l’on a vu les vigiles de cette dernière, exhiber sans raison apparente leur attirail de guerre comme ils l’ont fait en ce 16 avril, comme s’ils guettaient un réel danger.
Aussi, l’on est tenté de penser que «le faux-bond » dont on a entretenu le suspense jusqu’à la dernière minute de Bouteflika intervenant deux mois seulement après l’annulation d’une première visite à Constantine est intimement lié à des questions sécuritaires quand bien même le paramètre de la grogne populaire n’était pas sans incidences sur la décision du «présumé» report décidé la veille du déplacement du chef de l’Etat le 14 janvier dernier dans cette même ville. Un report qui est ni plus ni moins qu’une simple annulation qui n’a toujours pas livré tous ses secrets.
L’on se rappelle pour preuve, en décembre dernier, la mobilisation de plusieurs milliers d’agents de l’ordre pour prévenir des impondérables sécuritaires, lors des visites effectuées par le chef de l’Etat à Tamnrasset puis à Constantine en compagnie du président français Nicolas Sarkozy. Les conditions sécuritaires à l’époque prêtaient à vrai dire à inquiétude après l’attentat meurtrier qui avait ciblé le 6 septembre 2007 le cortège présidentiel à Batna.
Ce 16 avril qui intervient presque une année exactement après l’attentat terroriste qui avait ciblé le palais du gouvernement charriait en effet, le spectre de la menace terroriste qui pèse encore sur le pays. D’autant plus que dans son édition d’hier, notre confrère Ennahar faisait part de la neutralisation de plusieurs dangereux terroristes dont un réseau qui s’apprêtait à lâcher dix bombes humaines ce 11 avril.
Kamel Ghimouze






