Suite à l’empêchement du rassemblement de l’Intersyndicale Suite à l’empêchement du rassemblement de l’Intersyndicale
La Coordination nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique (CNSAFP) a condamné hier «la répression policière» dont a fait l'objet «le rassemblement qu'avait initié l'Intersyndicale autonome de la Fonction publique».
«On ne peut que condamner les exactions du pouvoir qui continue de nous mépriser» a clamé le Dr Lyès Merabet, porte- parole de la CNSAFP.
La coordination tenait un point de presse au siège de l’UNPEF à Alger pour évaluer la grève de 2 jours à laquelle elle a appelé. Les animateurs de la Coordination ont globalement tiré un satisfecit du déroulement du mouvement de protestation, estimant que «l’adhésion des fonctionnaires et ce, malgré les intimidations, est claire, le taux de suivi étant de 87%».
Le Dr Merabet a promis que «la protestation ne va pas s’arrêter là, ce n’est là qu’une étape de notre lutte» laissant entendre que le futur rassemblement sera unitaire.
Le dépit, l’indignation étaient sur toutes les lèvres, Meziane Meriane, coordinateur du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest) a asséné que «ni la matraque, ni les ponctions sur salaire, ni les harcèlements judiciaires ne peuvent ébranler d’un iota les fonctionnaires qui militent pour le recouvrement de leurs droits».
Le Dr Mohamed Youcefi, président du Syndicat des médecins spécialistes du secteur public (SNPSSP) a estimé que «l’emploi de la force est dans la nature du pouvoir, le contraire nous aurait étonnés.» Keddad Khaled, président du bureau exécutif national du Syndicat national algérien des psychologues (Snapsy) s’en est pris au département de Amar Tou qu’il accuse de verser dans le mensonge.
Revenant sur les actions en justice intentées par le ministre de la santé à l’encontre des syndicats de la santé, Keddad déclare en exhibant un document attestant le fait que «la justice n’a jamais dit que notre mouvement de protestation est illégal, elle a simplement ordonné l’arrêt de la grève.» Selon lui «la justice nous a implicitement donné raison».
«On s’est présenté 5 fois devant la barre, voilà le dialogue de Amar Tou, le dialogue qu’il a concédé avec les syndicats des hospitalo-universitaires est venu sur instruction du chef du gouvernement» a enchaîné le Dr Merabet, qui assume aussi les fonctions de SG du syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp).
«Je suis, a-t-il lancé, médecin généraliste, j’ai 19 ans de service, je viens d’avoir ma fiche de paie, je n’ai eu que 5 000 DA d’augmentation». Pour lui, il s’agit de lutter pour «la survie, car l’Algérien aujourd’hui n’a pas les moyens de subvenir à ses besoins les plus élémentaires.
On se soucie plus de notre pouvoir d’achat que du reste». Commentant la déclaration du président de la république faite à un journal du Qatar qui faisait constater que la situation sociale en Algérie était semblable à celle qui prévaut dans les pays de la région, Merabet a regretté le fait que «le président ne se soit pas exprimé ici en Algérie».
En outre la CNSAFP a rendu public le contenu de la lettre qu’elle a envoyée au premier jour de la grève au chef du gouvernement. «Dans le sillage de notre protestation à laquelle les pouvoirs publics opposent le silence, nous continuons encore de réclamer avec force l’ouverture des portes du dialogue direct et la négociation sur toutes les questions touchant à notre profession et nos salaires.»
Notons que dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a évalué le taux de suivi de la grève de trois jours à laquelle ont appelé les syndicats autonomes à «01 % en moyenne». Ces données, affirme ce département ministériel, ont été «recueillies auprès de l’ensemble des établissements de santé à travers le territoire national».
Larbi Graïne






