Dialogue de sourds autour du front social Une grève... et puis après ?
La Fonction publique vivra encore une fois aujourd’hui au rythme de la protestation suite à l’appel à la grève lancé par plusieurs organisations syndicales.
Cet appel est le troisième du genre à être lancé par une coordination de plusieurs syndicats, depuis le début de l’année. Soit une moyenne d’une grève par mois, si l’on compte la grève des paramédicaux en mars.
Et au-delà de la problématique relative au taux de mobilisation et de suivi de ces mouvements de débrayage, la question qui s’impose est plutôt de savoir quels acquis ces mouvements de protestation ont pu arracher et quel est leur impact sur l’amélioration de la condition des travailleurs ?
L’année 2008 qui s’annonce comme celle de la protestation sera-t-elle celle des acquis ? Rien n’est sûr. Pour l’heure, en tout cas, rien n’indique l’issue que connaîtra ce bras de fer entre les syndicats et les pouvoirs publics.
Si les premiers ne désespèrent pas et reviennent à la charge inlassablement, les seconds, non plus, ne semblent pas prêts de céder davantage que ce qu’ils ont concédé jusque là, une nouvelle grille des salaires, et continuent d’adopter une attitude de «wait and see». Un véritable dialogue de sourds, en somme.
Les pouvoirs publics tout en reconnaissant l’acuité des problèmes posés et la situation peu reluisante du front social, avec son lot de hausse des prix et de déclin du pouvoir d’achat des Algériens, s’entêtent à ne trouver d’autres solutions en dehors de la nouvelle grille des salaires rendue publique et devenue effective à partir de ce mois.
Pour leur part, les organisations syndicales qui rejettent cette nouvelle grille et revendiquent en outre à être associés aux négociations et consultés lors de l’élaboration des décisions concernant les fonctionnaires, considèrent l’attitude des pouvoirs publics comme «irresponsable» et «jette de l’huile sur le feu».
D’où leur recours répété à la grève. Mais d’ores et déjà l’issue de la grève d’aujourd’hui donne une impression de déjà-vu. Les syndicats haussent le ton, accusent le gouvernement et l’UGTA, mais sans rien apporter de nouveau, et les ministères respectifs desquels relèvent plusieurs syndicats, ont déjà réagi à cet appel, en leur adressant des mises en garde. Ce qui amène alors à se demander sur la finalité de ce nouveau débrayage.
Entre les deux, l’UGTA semble faire office de régulateur. Celle-ci a réussi à tenir son 11e congrès et à éviter, in extremis, une implosion certaine, à cause de la mainmise opérée sur sa situation organique.
Pour juguler sa crise et intéresser un tant soit peu les travailleurs, elle s’est empressée d’annoncer les détails des augmentations de salaires. Une façon de s’imposer comme seul interlocuteur des pouvoirs publics et de prendre à son compte tout acquis susceptible d’être arraché.
Boudjemaâ M.




