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Moscou suspend la livraison de ses chasseurs à l’Algérie, Après les MIG, une autre affaire de Sukhoi...

Moscou suspend la livraison de ses chasseurs à l’Algérie Après les MIG, une autre affaire de Sukhoi...

Enième rebondissement dans les relations désormais tumultueuses entre Alger et Moscou dans le domaine de l’armement. Après le renvoi, la mi-janvier dernier, par l’Algérie, des fameux MIG défectueux à la Russie, voilà que cette dernière suspend la livraison de 28 chasseurs SU-30 MKI (Soukhoi), commandés par l’Algérie dans le cadre d’un contrat militaire global signé entre les deux pays en 2006.

29 Mars 2008,   La voix de l'Oranie
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C’est ce qu’a révélé le quotidien russe Kommersant, un journal proche des milieux d’affaires russes, dans son édition datée d’hier.

La raison invoquée est que l’Algérie n’aurait pas encore payé la principale tranche de l’enveloppe des chasseurs russes. Le journal estime que les autorités algériennes auraient cessé les paiements des sommes dues depuis octobre 2007 dans le sillage du conflit sur «la mauvaise qualité des avions Mig-29 renvoyés à la mi-janvier 2008 par l’Algérie.

Ainsi, un représentant du groupe Irkout, qui construit les Su-30MKI, a précisé à Kommersant que l’Algérie avait reçu dix appareils, mais que le reste de la livraison était différé en raison du retard pris dans les paiements. Aucune date n’est fixée pour un éventuel dégel de la situation.

Le ministère russe des Finances et Rosoboronexport, l’organisme russe en charge des exportations d’armement russe, se sont abstenus d’avancer une date de possible reprise des paiements et donc des envois d’avions Su-30 MKI à l’Algérie.

Le contrat de plus de 7 milliards de dollars avait été signé en mars 2006 au cours de la visite du président Vladimir Poutine en Algérie. Il entrait dans le cadre de l’annulation de la dette algérienne contractée auprès de la Russie.

Selon des sources russes, le contrat portait notamment sur l’acquisition par l’Algérie de 28 chasseurs Su-30MKI (A), 34 MiG-29SMT, de 16 avions-écoles Iak-130, de quatre systèmes de missiles sol-air S-300PMU-2, de 38 missiles sol-air Pantsyr et de 185 chars T-90C.

Cette dernière mesure s’ajoute à celle provoquée par le renvoi par les Algériens d’au moins 15 chasseurs Mig-29 SMT livrés en 2006-2007 par les Russes. L’Algérie avait notamment contesté la qualité des appareils livrés, jugés non conformes aux termes du contrat signé entre les deux parties.

La visite, les 18 et 19 février, du président Bouteflika à Moscou ne semble pas avoir réussi à dissiper les malentendus entre les deux pays. Récemment, un haut responsable russe avait qualifié la décision algérienne de rendre les Mig-29 de «politique», liée à de nouveaux jeux d’alliance avec d’autres pays. Les Russes soupçonnent notamment les Français de chercher à se placer sur le marché juteux des ventes d’armes à l’Algérie, jusque-là domaine réservé de la Russie.

Du côté d’Alger, on s’étonne que ce dossier rebondisse. «L’Algérie est libre de choisir ses partenaires, en fonction de ses intérêts», estime un observateur des questions militaires. Un choix souverain que les Russes ne semblent pas admettre.
Malgré, donc, les démentis des responsables algériens, ce nouvel épisode montre que les relations algéro-russes traversent une zone de turbulence.

Il reste que ces petits couacs n’altèrent pas la qualité du partenariat stratégique entre Alger et Moscou. Le directeur de Rosprom (Agence fédérale de l’industrie), Andrei Doutov, a déclaré récemment que l’affaire des MIG et celle des Sukhoi n’auront aucun impact sur les contrats militaires ni encore sur les autres contrats économiques conclus par les entreprises russes notamment dans le domaine ferroviaire.

Aussi, le fait que l’affaire des MIG ait trouvé un dénouement heureux même si les Russes ont accusé le coup sur le marché de l’armement, suppose que celle des Soukhoi connaîtra le même épilogue surtout que les deux affaires sont un peu liées.

Amine Makri