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Conséquence directe de la tournée de Dick Cheney, Les Arabes boudent «leur» sommet

Conséquence directe de la tournée de Dick Cheney Les Arabes boudent «leur» sommet

Le 20e sommet arabe de Damas promet d’être houleux. Pour preuve, l’annonce faite hier par le secrétaire général de la Ligue arabe à partir de la capitale syrienne. Amr Moussa a déclaré que toutes les séances de travail se tiendront à huis clos, hormis celle d’ouverture, prévue en plénière.

26 Mars 2008,   Le Jeune Indépendant
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Cette annonce en dit long sur l’état d’esprit des uns et des autres, mais surtout sur le climat tendu dans les relations interarabes ces dernières années.

La grande pierre d’achoppement : le dossier libanais. Les Egyptiens, les Saoudiens et derrière eux les Américains accusent les Syriens de jouer aux trouble-fête en empêchant le consensus beyrouthin sur le nom du général Michel Souleïmane.

La persistance de la crise au Liban pèse sur le niveau de représentation des pays membres de la Ligue arabe qui tiendront samedi et dimanche leur sommet ordinaire à Damas.

L’Arabie saoudite, qui devrait être suivie par plusieurs autres pays arabes dits modérés, a fait savoir avant-hier qu’elle n’y serait représentée que par son représentant permanent au siège cairote de la Ligue, Ahmed Ibn Abdelaziz Kattan.
A l’issue d’une réunion préparatoire dans la capitale syrienne, Kattan a confirmé que l’absence du roi Abdallah au sommet était due au retard «persistant et injustifié» de l’élection d’un nouveau président au Liban.

Le Liban est sans président depuis l’expiration, fin novembre, du mandat du chef de l’Etat prosyrien Emile Lahoud. La réunion du parlement libanais pour élire son successeur a été reportée dimanche, pour la 17e fois.

L’Arabie saoudite, l’Egypte et les autres pays arabes modérés imputent à la Syrie le blocage de la situation chez son petit voisin où elle soutient l’opposition.

La majorité et l’opposition libanaises se sont entendues sur le nom du chef de l’armée, le général chrétien Michel Souleïmane, pour succéder à Lahoud.

Mais les deux camps sont toujours en désaccord sur la composition d’un gouvernement d’union nationale et le changement de la loi électorale prévus par un plan de règlement de la Ligue arabe et soutenus aussi bien par Ryad que par Damas.

«Nous attendons que la Syrie joue un rôle effectif dans la réconciliation nationale libanaise», a souligné Kattan en annonçant l’absence au sommet du roi Abdelaziz.

Le président du parlement libanais, l’opposant chiite Nabih Berri, a annoncé, dimanche, qu’il organiserait des pourparlers entre toutes les factions libanaises si aucune solution n’est trouvée au sommet de Damas.

Hasard de calendrier, le vice-président américain, en tournée dans la région, a fustigé Damas et Téhéran pour leur soutien aux mouvements que Washington qualifie de terroristes, allusion faite au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien.

Lors d’une rencontre, avant-hier, avec des journalistes à l’issue d’un petit-déjeuner avec le Premier ministre israélien, Dick Cheney a reconnu que «c’est clairement une situation difficile», avec «des preuves que le Hamas est soutenu par l’Iran et la Syrie et qu’ils font tout ce qu’ils peuvent pour torpiller le processus de paix». Ce qui n’est pas pour arranger les affaires de la Syrie ou pour faciliter le déroulement du prochain sommet arabe.

En effet, depuis Ryadh, Dick Cheney avait abordé, vendredi dernier, avec le souverain saoudien la question de l’envolée des cours du brut, mais également d’autres dossiers d’intérêts communs, selon un responsable américain.

«Il y a bien évidemment beaucoup de confiance et d’amitié dans ces rencontres et de grandes zones d’accord sur la façon d’évaluer des grandes questions auxquelles sont confrontés aussi bien les Etats-Unis que l’Arabie saoudite dans la région», a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat.

En langage décrypté, cela donne une concordance de vue entre les deux pays sur des dossiers tels que la question palestinienne, l’imbroglio libanais ou le nucléaire iranien.
Lors de la tournée du président Bush dans la région au mois de janvier dernier, tous les ingrédients d’un nouveau mélodrame moyen-oriental ont été mis en place.

Les Palestiniens ont eu un avant-goût à leurs dépens. Les Syriens le savent aujourd’hui, quant aux Iraniens, ce sera leur tour peut-être demain.

R. I.