Une cérémonie de recueillement des criminels de l’OAS aujourd’hui à Paris Des associations dénoncent et appellent à un rassemblement
Les criminels de l’OAS organisent, aujourd’hui, une cérémonie sous l’arc de triomphe, dont l’objet serait, à travers le ravivage de la flamme, d’honorer le souvenir des victimes de la fusillade de la rue d’Isly du 26 mars 1962.
En effet, il y a quarante-six ans, le 26 mars 1962 dans la matinée, une semaine après le cessez-le-feu en Algérie, l’OAS lançait, par voie de tracts, un mot d’ordre insurrectionnel.
Elle exhortait les Algérois à s’opposer «jusqu’au bout à l’oppression sanguinaire du pouvoir fasciste» et à former des cortèges, l’après-midi même, en direction du «périmètre de bouclage de Bab El Oued».
Les participants à ce rassemblement, préalablement interdit par les autorités civiles et militaires, se heurtaient à un barrage des forces de l’ordre rue d’Isly : la manifestation causait quarante-six morts.
«Un demi-siècle après, l’OAS s’approprie la mémoire douloureuse des fils et filles ainsi que des frères et sœurs de celles et ceux qu’elle a abusés en les encourageant à défier l’Etat», s’insurgent, dans un communiqué, l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS et l’Association des amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons.
Les deux associations qui appellent à un rassemblement, aujourd’hui devant l’entrée du souterrain desservant l’arc de triomphe de Paris, en hommage aux participants à la manifestation insurrectionnelle du 26 mars 1962, considèrent qu’«il n’est pas admissible qu’une telle célébration, encadrée par d’anciens tueurs de l’OAS, puisse se dérouler sur un site aussi hautement symbolique de notre histoire nationale que l’arc de triomphe».
La tombe du Soldat inconnu et la Flamme éternelle, ajoute le communiqué, ont la vocation de perpétuer le souvenir de ceux qui ont combattu et donné leur vie pour la défense des institutions républicaines et des principes fondamentaux de «notre société».
Ce haut lieu de la mémoire française ne saurait être investi, affirment les associations, fût-ce le temps d’un dépôt de gerbe, «par des factieux qui ont tourné contre la République les armes qu’elle leur avait confiées».
Sur un autre registre, les deux associations fustigent l’engagement de M. Sarkozy de conférer la qualité de mort pour la France aux manifestants du 26 mars 1962. «L’attribution de la qualité de mort pour la France aux manifestants du 26 mars 1962 s’analyserait comme une nouvelle prime octroyée à ceux qui ont soutenu l’OAS», souligne le communiqué.
Dans ce contexte, affirment les associations, une dénonciation s’impose, non seulement de la présence de l’OAS sous l’arc de triomphe aujourd’hui mais aussi de la menace de la réalisation d’une promesse électorale de M. Sarkozy, allant à l’encontre de l’apaisement des mémoires.
Pour rappel, l’échec du putsch d’avril 1961 a permis l’émergence de l’OAS. La sinistre organisation a tenté, par l’action terroriste, de s’opposer à l’indépendance de l’Algérie.
A son actif, des centaines d’attentats et d’exécutions en Algérie et en France. L’OAS a tué 2 700 personnes, dont 2 400 Algériens, de mai 1961 à septembre 1962. En 1968, de Gaulle prononcera une amnistie générale, dont bénéficieront les anciens activistes de l’OAS.
C. B.





