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Alger aurait annulé une commande de Mig-29 pour raisons «politiques», selon Moscou, La qualité de l’armement en question et les relations stratégiques entre l’Algérie et la Russie

Alger aurait annulé une commande de Mig-29 pour raisons «politiques», selon Moscou La qualité de l’armement en question et les relations stratégiques entre l’Algérie et la Russie

L’Algérie aurait annulé une commande de 34 chasseurs russes Mig-29, d’un montant de 1,3 milliard de dollars, pour des raisons «politiques» relatives à la «recherche d’alliés», a déclaré hier le chef de l’Agence fédérale russe de l’industrie.

25 Mars 2008,   La Tribune
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«Les raisons du refus en ce qui concerne le contrat algérien sont plutôt d’ordre politique», a relevé Andreï Doutov dans une interview au quotidien russe Vedomosti, confirmant au passage des informations de presse sur l’annulation de la commande.
«Ce ne sont pas des questions de production.

Chaque pays cherche des alliés et le secteur des armements, c’est aussi la recherche d’alliés», a ajouté le chef de l’Agence fédérale.

Le secteur aéronautique russe ne souffrira pas de cette annulation car le «ministère de la Défense de Russie envisage d’acquérir ces avions», a-t-il poursuivi sans préciser de nombre. Le reste des contrats avec l’Algérie, qui porte notamment sur la livraison d’avions de combat Soukhoï Su-30 MK et de Yak d’entraînement, n’est «pas menacé», affirme encore M. Doutov.

En février, la presse russe avait rapporté que l’Algérie allait rendre à la Russie 15 chasseurs Mig-29, fournis en 2006 et 2007, en raison de leur qualité inférieure aux attentes. L’information n’avait pas alors été confirmée officiellement.
Les chasseurs qui seront rendus pourraient être vendus au ministère russe de la Défense ou à un pays tiers, avait indiqué le quotidien Kommersant.

Des analystes russes avaient alors estimé que le problème des Mig était surtout dû à des pressions de la France qui tente de vendre à Alger ses chasseurs Rafale. La question de la qualité des avions de chasse russe a en effet été soulevée et explique la dernière visite éclair du président de la République en Russie.

Manifestement, cette visite n’a pas permis de trouver une solution à ce différend technique, et, à ce titre, l’Algérie ne peut accepter un matériel militaire qui ne répond pas aux normes techniques qu’exige l’aviation militaire.

L’Algérie est donc en droit d’annuler la commande des Mig-29 défectueux. Quant aux arguments avancés par le chef de l’Agence fédérale russe de l’industrie pour justifier l’éventuelle annulation par l’Algérie de la commande des 34 chasseurs russes, ils sont aisément compréhensibles même s’ils sont légers.

D’autant plus que les relations algéro-russes en matière d’armement sont aussi stratégiques que traditionnelles. Il se trouve, hélas, que les mutations géopolitiques ayant bouleversé le paysage politique et industriel de la Russie ont eu un effet négatif sur la qualité de certains produits russes.

La mafia russe qui a infiltré pratiquement tous les rouages de l’économie de son pays est séduite par le gain facile et par tous les moyens, y compris la malversation dans la fabrication de certains composants entrant dans la production de matériels stratégiques comme les avions militaires.

La balle est ainsi dans le camp russe et l’Algérie n’a fait que défendre ses intérêts de défense nationale. La quête d’alliances politico-militaires ne peut se faire au détriment d’un allié traditionnel, encore moins dans le domaine de l’armement.

Il n’est pas non plus dans les pratiques de l’Algérie de changer d’amis pour gagner les grâces et les faveurs d’autres amis, ni de se laisser entraîner aussi facilement dans un jeu d’équilibre géostratégique entre puissances. Seul l’intérêt de l’Algérie prime et guide ses décisions dans ses relations diplomatiques et commerciales.

A. G.