Des militaires maliens surpris par les touaregs de ag bahanga à la frontière algéro-malienne 5 tués et 33 enlevés
La rebellion touarègue récidive deux semaines après la libération des 22 otages détenus depuis août 2007 : 2 civils et 3 militaires morts et des dizaines d’enlèvements dans les rangs de l’armée malienne, attaquée hier par les hommes de Ag Bahanga dans la région de Tinzaouitine, près des frontières algéro-maliennes
Connue pour sa richesse en uranium, cette zone, théâtre des violences dues à la rebellion de factions touarègues contre l’armée régulière malienne, est aussi l’objet de convoitises occidentales à l’heure où l’énergie nucléaire, moins polluante que le pétrole, présente beaucoup plus d’avantages.
Apparemment, la rébellion touarègue dirigée par Ibrahim Ag Bahanga, présente au nord du Mali, dans la région de Tinzaouatène, proche de la frontière algéromalienne, n'a pas l'intention de cesser ses activités armées contre le régime malien.
Deux semaines après la libération des 22 derniers otages détenus par le groupe rebelle depuis août 2007, voilà que de nouvelles violences sont signalées dans cette localité difficile d'accès et objet de tous les trafics.
Hier, on a appris que cinq civils et trois militaires ont été tués alors que 33 autres militaires ont été enlevés dans cette région dangereuse, qualifiée de zone de non-droit. Selon des informations rapportées par l'AFP, les cinq civils dont un enfant, ont été tués vendredi dernier, par l'explosion d'une mine au passage d'un camion qui les transportait près de Tinzaouatène. L'information a été corroborée par une source hospitalière malienne.
Le même jour, le ministère malien de la Défense a indiqué qu'un véhicule de l'armée malienne a sauté sur une mine disséminée dans ce secteur, tuant trois militaires. Ces drames ont eu lieu au moment où les rebelles touaregs capturaient 33 militaires maliens lors d'accrochages dans la région, qui ont fait plusieurs blessés de part et d'autre, aux dires de notables de la région contactés par l'AFP.
«Lors de l'accrochage de jeudi, quatre militaires maliens ont été faits prisonniers par les rebelles dirigés par Ibrahim Ag Bahanga et 29 autres ont été enlevés comme otages », a-t-on précisé. Cette source ajoutait que « les prisonniers ont été arrêtés sur le théâtre des opérations, mais ceux qui ont été pris comme otages faisaient partie d'un groupe de militaires maliens qui regagnaient la ville de Kidal, venant de Tinzaouatène. Les hommes de Bahanga les ont interceptés et ont enlevé 29 militaires ».
Pourquoi donc les hommes de Bahanga ont-ils repris les affrontements avec l'armée malienne, récupérant même les soldats qu'ils venaient de libérer le 7 mars, à la faveur d'une médiation libyenne ? Il est clair que ce regain de violence signifie que les tractations qui avaient eu lieu pour leur libération, et les conditions fixées, n'ont pas été respectées, par l'une ou l'autre partie.
Il faut rappeler que deux jours après cette libération, la présidence de la République malienne annonçait l' « heureux dénouement » qui a couronné « les efforts inlassables du président de la République, Amadou Toumani Touré, en vue du retour de tous les otages dans leurs familles ». Les otages en question n'ont donc pas rejoint leurs familles.
En l'absence de revendications de la part du groupe de rebelles, il est difficile de déterminer la partie qui est derrière ces activités criminelles dans une région très pauvre où foisonnent des groupes armés incontrôlables.
Ces événements interviennent alors que le colonel Diallo Sambala Illo, directeur général de la Gendarmerie nationale malienne effectue depuis hier, une visite en Algérie, qui vise selon un communiqué officiel, à “consolider les liens de coopération entre les deux institutions et promouvoir des relations mutuellement bénéfiques dans le cadre de l'exercice des missions de sécurité publique”. Ils se déroulent également au moment où des négociations se poursuivent pour la libération de deux otages autrichiens et dont on a dit qu'ils se trouvent dans le nord du Mali.
Adel H.





