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Les mariages passent allégrement du meilleur au pire en Algérie, 35.000 divorces prononcés en 2007

Les mariages passent allégrement du meilleur au pire en Algérie 35.000 divorces prononcés en 2007

L’été pour les fêtes, l’hiver pour les divorces... Cette maxime puisée dans le génie populaire algérien s’applique bien à ces chiffres du divorce qui font terriblement peur.

19 Mars 2008,   La voix de l'Oranie
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Ils ont été 35.000 couples algériens à se dire adieu six mois seulement après s’être engagés pour le meilleur et pour le pire.

C’est là, la triste réalité déclinée par les chiffres consolidés du ministère de la Justice sur le phénomène du divorce «à l’algérienne». Ainsi, les sourires de joie du mariage ont cédé la place aux larmes de tristesse de la séparation à l’énoncé de 35.000 verdicts avalisant les divorces, durant l’année 2007, dans les différents tribunaux du pays.

L’Algérie est ainsi en passe de battre le record en la matière puisqu’un nombre important de mariages ne durent qu’une période de six mois, soit de l’été à l’hiver. Et, parmi ces 35.000 divorces, au moins 3.500 ont eu lieu de manière unilatérale, c’est-à-dire que l’homme abandonne tout simplement son épouse sans aucun préavis.

Au ministère de la Justice, on a surtout remarqué que le phénomène du divorce a pris des proportions inquiétantes «durant ces cinq dernières années». Autre indicateur, la majorité des divorces a été constatée parmi les couples nouvellement mariés, soit à hauteur de 65% de la population divorcée.

En langage des chiffres, il a été recensé pas moins de 10.000 divorces à «l’amiable» alors plus de 14.000 couples se sont séparés par la seule volonté de l’un des deux partenaires dont l’homme en est le responsable dans la plupart des cas.
Pour le reste, soit environ 10.000 autres divorces, ce sont des cas tranchés par les juridictions compétentes.

On relèvera cependant la hausse dramatique des abandons de foyer qui est passée de près de 600 cas en 2003 à plus de 3.500 en 2007. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ces incroyables échecs dans la vie conjugale d’une bonne partie des nouveaux mariés sont loin d’avoir dissuadé les jeunes à «se mettre la corde au cou».

Bien au contraire, le nombre des nouveaux mariages est de plus en plus boosté comme en témoignent les 700.000 mariages célébrés durant l’année 2007 alors que le nombre ne dépassait guère la barre des 250.000 il y a quelques années seulement. Il reste que ces statistiques relatives au divorce ont de quoi alarmer l’opinion publique nationale.

Elles devront également interpeller les autorités à quelque niveau qu’elles soient pour localiser le mal, le comprendre et pourquoi pas tenter d’y remédier. Il y va sans doute de la cohésion sociale, voire de la paix sociale tout simplement tant le divorce provoque des drames et des crises existentielles difficilement maîtrisables.

Amine Makri