Secousses « telluriques » sur les marchés financiers Le spectre d'un certain «Black thursday» se précise
Al'orange, depuis des mois déjà, les indicateurs de la finance internationale sont passés, voilà quelques jours, au rouge, en dépit des déclarations rassurantes émanant du locataire de la Maison Blanche , George W. Bush et même si l'Europe semble, pour le moment, échapper à l'onde de choc qui finira, de l'avis d'experts financiers, pour peu que le ralentissement de l'investissement aux Etats-Unis venait à se poursuivre, par secouer le Vieux continent, aucun expert ne peut avancer la moindre « prédiction » sur ce que réserverait l'avenir immédiat de l'économie mondiale…
D'ailleurs, l'information passée, presque sous silence, concernant le recours des Chinois à l'euro pour régler les achats auprès de pays européens, traduit les craintes de ce géant asiatique émergent, dont le volume des dépôts dans les banques américaines, est astronomique, de voir le « billet vert» poursuivre sa chute jusqu'à porter un coup dur à l'économie de Pékin, déjà confrontée à un fort taux d'inflation qu'elle n'arrive pas à juguler, encore moins à maîtriser, et à des besoins de plus en plus importants en produits énergétiques.
Ainsi, l'alerte donnée par le commissaire européen aux affaires économiques, contrairement aux propos « lénifiants » de Bush, traduit le climat de psychose qui est en train s'installer sur les marchés financiers mondiaux, faisant face à des vents contraires à leurs prévisions «optimistes» de l'été dernier, par suite de la crise des subprimes qui a sérieusement ébranlé l'économie américaine.
Et alors que, pour un moment, les pays consommateurs de pétrole, après avoir, frileusement, « dénoncé » le recours des banques primaires américaines aux subprimes et tenté de faire diversion en mettant «le désordre» qui se profilerait à l'horizon, menaçant le marché international, sur le compte du prix «excessivement » élevé du pétrole, voilà que le commissaire européen aux affaires économiques prévoit une hausse, encore plus forte, des prix de cession d'autres produits, notamment alimentaires, en invitant les gouvernements de l'UE à entreprendre, en urgence, la restructuration de leurs modèles économiques.
Mais, de l'avis d'experts, de représentants d'institutions financières, d'universitaires et diplomates, quelques signes avant-coureurs de la crise qui menace de s'installer dans la durée, de par le monde, même si les grandes puissances ont feint de ne pas les voir, étaient visibles, voilà quelques années déjà, à la faveur, pour illustrer le propos, d'une part de l'agression, outre inhumaine et injuste, très coûteuse que les Américains ont décidé de mener contre l'Irak pour s'en approprier les richesses pétrolières, et d'autre part au peu d'empressement dont font montre les pays développés pour apporter leur contribution au développement des pays du Sud et enfin leur acharnement, contrairement à leurs professions de foi, à perturber grandement l'équilibre écologique de la terre par une exploitation effrénée de son couvert végétal et les rejets systématiques, de plus en plus importants, de leurs déchets polluants et radioactifs dans l'atmosphère.
De leur côté, le président du FMI, Dominique Strauss- Kahn, qui a suggéré que l'on revoie les mécanismes régissant le fonctionnement du FMI tout autant que sa stratégie et le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, ont indiqué lundi que « la crise financière devra durer longtemps avec des "conséquences graves", et ont appelé les autorités à tout faire pour éviter l'effondrement du système financier mondial, quitte à prendre exemple sur la Grande-Bretagne qui n'a pas hésité, en février dernier, à nationaliser… temporairement, la Northern Rock, en difficultés.
Et comme pour « absoudre » les multinationales de leur responsabilité directe dans le désordre qui régit le marché international, financier en particulier, compte tenu de la pratique généralisée de la spéculation, Almunia mettra la difficile conjoncture sur le compte "des changements substantiels dans les prix relatifs, causés par le changement climatique et les tensions sur les marchés des ressources naturelles».
Façon bien adroite de lancer un appel à l'OPEP afin qu'elle augmente sa production, comme le lui avait déjà suggéré le président américain, voilà à peine un mois, faute de quoi l'économie mondiale se dirigerait droit sur le… mur Dans ce même contexte, la tenue à Adis Abeba pour fin mars, début avril, de la première session des réunions annuelles conjointes de la Conférence des ministres de l'Economie et des Finances de l'Union africaine (UA) et la Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique de la Commission économique pour l'Afrique ne pouvait mieux tomber pour permettre aux Africains d'aborder la question de la potentielle récession dont le spectre est plus présent que jamais et son douloureux impact sur leurs économies, notamment pour les pays déjà aux prises avec d'incommensurables difficultés, liées au sous-développement, à la faim, aux maladies endémiques…
A l'origine de la montée des fascismes en Europe, la crise de Wall Street qui aura engendré des drames et des tragédies ayant endeuillé le monde, de l'avis d'historiens, d'analystes, d'économistes et de sociologues, risque de se reproduire, sous peu, surtout que la vision «monopolistique» et que l'on présente, depuis plus de dix ans, sous le vocable de mondialisation, est là et bien là, décidée, quoi qu'en coûte le prix, à régenter le monde.
K. N.






