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Transport urbain :, Ce qui va changer

Transport urbain : Ce qui va changer

Anarchie, violation de la réglementation, mépris envers les usagers, arnaque, tels sont les qualificatifs que n’importe quel citoyen algérien aurait utilisés sur la situation des transports urbains, aujourd’hui, dans toutes nos villes.

18 Mars 2008,   Le Soir d'Algérie
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Pour redorer cette image négative, les pouvoirs publics sont passés à l’offensive en se fixant l’échéance fin 2008 pour changer cette image et redonner au transport urbain son statut de service public.

Les contrats d’exploitation des lignes de transport urbain accordées par les pouvoirs publics aux transporteurs privés, notamment les fourgons à cinq et neuf places, arriveront à terme dans quelques mois et il n’y aura pas de surprise si le ministère des Transports décide de ne plus reconduire ces contrats.

Invité hier au forum de la radio Chaîne I, le président de la commission des transports au niveau de l’Assemblée populaire nationale (APN), Mohamed Ben Hamou, a déclaré que le ministère des Transports prépare un nouveau plan de circulation pour la ville d’Alger et aussi pour tous les grands centres urbains.

Ce nouveau plan coïncidera avec la réception des différents projets lancés en matière de transports urbains, à commencer par la première ligne de métro d’Alger, les tramways d’Alger, Oran, Constantine, Sidi- Bel-Abbès et autres. Une nouvelle loi régissant les transports urbains sera promulguée également.

Elle est actuellement en phase de maturation au niveau du ministère concerné et la commission des transports de l’APN. Le réseau du transport inter-wilayas enregistrera, à son tour, un grand changement, avec l’ouverture d’un maximum de lignes ferroviaires. «Il n’est pas normal que des citoyens parcourent des centaines de kilomètres dans des taxis qui ne sont mêmes pas confortables. Cette situation sera rétablie et les voyageurs pourront désormais se déplacer par train, bateau et avion», affirme M. Ben Hamou.

Il reste que ce qui peut être vérifié aujourd’hui sur le terrain, c’est que depuis la tragique collision de deux trains sur une voie unique, à l’intérieur d’un tunnel à Lakhdaria, la ligne ferroviaire Alger- Constantine est toujours fermée à la circulation en raison du manque de moyens du ministère des Transports d’évacuer les wagons du tunnel.

Le département de Maghlaoui a fait appel à des techniciens français venus avec un robot pour effectuer cette opération. Comment peut-on espérer voyager tranquillement et dans les prochains mois par train sachant que toutes les conditions de sécurité ne sont pas réunies ?

Une interrogation qui a échappé au député, invité de la radio, qui croit dur comme fer, que les différents changements effectués par le ministre à la tête de la compagnie aérienne Air Algérie, de la SNTF et l’ENTMV «apportent un nouveau souffle pour les transports en Algérie et viennent en accompagnement des réformes engagées ».

Revenant au transport urbain, M. Ben Hamou a souligné que les pouvoirs publics ont fermé longtemps les yeux sur l’anarchie qui a caractérisé ce type de transport et ce, du fait d’une situation sécuritaire et sociale instable. «Il fallait répondre aux besoins des citoyens en matière de transport, c’est pourquoi une ligne de crédit a été ouverte au niveau de l’Ansej, appuyant les jeunes à acquérir des fourgons.

Aujourd’hui, les conditions sont plutôt favorables pour la structuration du transport urbain», dit-il, sans vouloir répondre à la question qui a trait au sort réservé à tous ces jeunes transporteurs, qui désormais ne seront plus autorisés à exercer cette activité.

A moins que ceux-là soient récupérés dans le cadre de ce plan de restructuration qui prévoit d’intégrer les véhicules de 18 places. Selon l’invité de l’émission, «la direction nationale des transports va bientôt ouvrir des sociétés de transport.

L’Etusa sera la garante de cette initiative avec l’acquisition de 300 bus environ pour chaque wilaya, pour servir l’ensemble des villes et villages».

Mais peut-on espérer une meilleure qualité des services fournis par cet opérateur public des transports, telle que souhaitée par des millions de citoyens ? Les réponses de M. Ben Hamou ne sont pas convaincantes dans ce sens où il croit savoir que la seule responsabilité s’inscrit dans l’anarchie actuelle et le manque de civisme chez les citoyens. Selon lui, la culture des transports en Algérie n’est pas acquise.

Il invite les usagers à se plaindre à chaque fois qu’ils sont victimes d’abus de la part des transporteurs. Et c’est lui-même qui conseille aux Algériens de ne pas se déplacer sans motif, afin de ne pas mobiliser les bus les week-ends, par exemple.

Concernant le transport de nuit, cette question répond à un seul calcul. Celui de la rentabilité. «La nuit est conseillée pour le repos, alors pourquoi les gens se déplacent ?», justifie- t-il, pour finalement répondre à sa première réflexion que le problème en Algérie est un problème de culture des transports. Une culture qui, en toute vraisemblance n’existe pas chez les responsables de ce secteur, y compris chez les faiseurs de lois.

R. M.